Mise à jour : 2015

___ Les carnets de bord de Martine___

Année 2013

Partie 2

Heureux qui, comme Logos, a fait un beau voyage…

 

 

Mardi 18 juin 2013 : MINORQUE, de Cala Teulera au Port de Mahon
« Une île flottante pour Logos »

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Combien il est agréable de se réveiller dans ce magique lac intérieur aux eaux émeraude, comme le plus beau lagon du Pacifique, cerné par la presqu'île de Mola et l'île du Lazaret où se dressent d'anciens remparts. L'interdiction d'aller à terre - ce site était exclusivement domaine militaire - a été levée et le magnifique fort attire de nombreux touristes. Nous réservons sa découverte pour une autre fois, la nécessité d'une visite à une boutique de téléphonie nous oblige à rapidement lever l'ancre pour rejoindre le port de Mahon. La profondeur de 2,50 mètres du petit canal permettant de rejoindre directement le port de Mahon n'inquiète pas le Capitaine... Nous l'avons déjà emprunté en 2000, il suffit de naviguer bien au milieu !
Il nous faut maintenant trouver un ancrage pour Logos, sans grever trop notre budget. Nos premières recherches sont infructueuses, plus aucun mouillage libre n’est autorisé. Des pontons flottants ont été installés dans plusieurs petites baies ou « calas » en espagnol. Il ne nous reste qu'à avoir recours à la Marina Menorca qui nous a démarchés au mouillage de Teulera, proposant des discounts sur leurs prix.

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C'est ainsi que nous nous retrouvons attachés à une « île flottante », en fait une plateforme au milieu de l'eau pouvant accueillir une dizaine de bateaux, avec le port de Mahon juste en face, à portée d'annexe. Nous apprécions cette position stratégique. Nous ne sommes pas les seuls puisque nous voisinons avec quatre autres voiliers, eux aussi ancrés à la Cala Teulera. Un démarchage productif !

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Seule contrainte, supporter les remous que produisent les Catamarans pour touristes qui ont vu leur périmètre se réduire et se vengent en nous frôlant. Une gêne bien compensée par l'impression d'être en mer, tout en jouissant d'une vue superbe sur la ville.
Nous sympathisons bien vite avec nos voisins et les échanges, soit en français, soit en anglais sont fructueux surtout avec « CHANCE », self-made voilier d'Hazel et de Kevin, couple de retraités britanniques et « TANAH LOT », voilier d'un harpiste belge Luc et de son épouse Marina.
Un petit espace entre le quai et une Minorquine pour notre annexe. Nous voici à l'œuvre sur le Moll de Levante où, à l'arrière de vastes bâtiments maritimes, sont logés le syndicat d'initiative et une boutique Vodaphone... Nous voici parés pour nos communications.

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Sur le front de mer, un élégant escalier permet d'accéder à la ville, bâtie sur une falaise ; une fois de plus, position stratégique, protection contre les envahisseurs barbares et pirates dont le trop célèbre Barbarossa.

 

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Aujourd'hui, c'est surtout la domination britannique du XVIIIe siècle qui subsiste dans l'architecture de nombreuses maisons avec leurs « bow-windows ».

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Les contingences matérielles d'avitaillement nous mènent à un marché « très chic », dans un cloître désaffecté jouxtant l'Église del Carme. Il s'agit plutôt de quelques boutiques d'alimentation ou de souvenirs, sous les anciennes arcades du cloître, le Centre étant réservé aux événements culturels, concerts et spectacles. Nous nous laissons tenter par de la soubresade, du fromage de Mahon, spécialité locale et une tortilla (omelette de pommes de terre), qui nous sera servie... avec de la Mayonnaise, il faudrait mieux dire Mahonnaise (cela n'aurait aucun sens commun avec un bon tourteau breton !).
Merci Monsieur Richelieu d’avoir importé dans nos traditions culinaires cette recette locale.

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En soirée, nous apprécions le beau spectacle donné par les lumières de la ville.

 

Mercredi 19 juin 2013 : MINORQUE, Port de Mahon
« Tourisme dans Mahon »

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Aujourd'hui nous allons découvrir cette ville éclatante de blancheur, aux maisons dominées par deux clochers dont celui de la Cathédrale de Santa Maria. Vaste bâtiment aux dômes très décorés, elle s'enorgueillit de posséder un orgue monumental de quelques 3000 tuyaux, joué tous les jours à 13 heures. Plusieurs cloches, posées à terre, sont l'objet d'une souscription pour la construction d'une architecture pour les recevoir... cadeau d'un navire allemand réfugié à Mahon dont l'équipage a été assisté par les habitants.
Avant de faire un détour par le marché aux poissons - détour infructueux, les poissons y sont chers et peu nombreux - nous flânons dans les ruelles voisines dont beaucoup sont dédiées aux touristes. Il est difficile d'échapper aux traditionnelles sandales de cuir ou abarcas, spécialité minorquine.
Un début de soirée sur le voilier « CHANCE » nous permet de découvrir ce couple plein de dynamisme et de détermination, sur le modèle du père d'Hazel qui, jusqu'à 99 ans, a toujours vécu avec une liste de choses à faire, sans cesse complétée... Une belle leçon et un remède contre le vieillissement.

 

Jeudi 20 juin 2013 : MINORQUE, Port de Mahon
« Position stratégique »

Tellement heureux de cet appontement en plein cœur du port de Mahon, nous prolongeons notre séjour et profitons de notre position stratégique dans ce port naturel parmi les plus grands au monde pour tout simplement regarder passer ceux qui le fréquentent.

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Quel spectacle : le Croiseur « INFANTE CRISTINA », avec son équipage au garde à vous, au son d'une musique militaire, le paquebot de croisière MSC « SINFONIA » de passage sur la route d'Olbia, les Catamarans « Vision sous-marine » auxquels nous conseillerons d'adjoindre un vaste aquarium sous leur quille pour donner un peu plus d’animation sous-marine à leurs passagers.
Nous nous réjouissons aussi du spectacle offert par l'école de kayakistes, les petits « optimists » qui s'entrainent, le pêcheur sur son petit « pointu » qui maraude non loin des bassins d'élevage de poissons proches... espérant peut-être attraper quelques évadés.
Peu à peu, notre île se vide. Deux de nos voisins rejoignent la côte espagnole pour y laisser leur bateau.

 

 

Vendredi 21 juin 2013 : MINORQUE, de Mahon à la Cala Binisafuller
« L'année des méduses »

Nous profitons de cette « longue » navigation de 4 MN dans ce grand fjord qui a offert un abri à tant de conquérants, importance qui a permis à Mahon de supplanter Ciutadella comme centre administratif de Minorque.

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Aux impressionnantes falaises du Nord de Mahon, succède une côte rocheuse assez plate, creusée de petites échancrures, calanques plus ou moins investies par des bouées destinées aux voiliers de passage, des méduses en nombre impressionnant, qu'elles soient inoffensives comme les jolies Veli Vela ou redoutables comme les Pelagia. Nous laisserons donc de côté les deux calanques de Binibecca pour nous ancrer à l'entrée d'un petit port, abri pour barcasses, dans une sorte d'amphithéâtre rocheux où sont nichés des vacanciers téméraires. Ils sont sans doute heureux du beau spectacle offert par LOGOS et « ANNETTE », voilier britannique qui se balancent sous le vrombissement des avions décollant de l'aéroport proche.

 

Samedi 22 juin 2013 : MINORQUE, cala Binisafuller
« Ambiance week-end »

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Jouant de sa longueur de chaine, LOGOS a profité de la nuit pour changer d'angle et nous permettre de découvrir le plan d'eau qui se cache derrière les avancées rocheuses de la côte. Un voilier au repos, bien attaché à une bouée, y attend le retour de ses propriétaires... Sécurité totale, à condition de bien connaître les fonds...
Le vent nocturne ayant emporté les méduses vers le large, nous pouvons oser une baignade et, pour Pierre, une première descente à 10 mètres, le long de la chaîne.
Plusieurs embarcations moteurs ont rejoint notre site, sortie familiale du week-end, tandis que, sous génois ou sous Spi passent lentement les voiliers en goguette.
Pour nous, c'est repos et farniente au soleil.

 

 

Dimanche 23 juin 2013 : MINORQUE, de cala Binisafuller à cala Turqueta
« Les cigales sont de retour »

Nous progressons lentement le long de la côte de Minorque, essayant de faire renaître nos souvenirs... tentative assez infructueuse après les milles nautiques parcourus loin d'ici.
La côte prend des allures de muraille, creusée de niches, anciennes habitations troglodytes. C'est sous génois que nous progressons ensuite vers ces petites calanques d'opérette aux eaux turquoise : Mitjana, Macarella (cela doit se danser dans la houle !) pour jeter l'ancre dans Turqueta dont l'entrée si discrète n'est révélée que par la sortie des bateaux promenade et par son rocher à tête de macaque.

turqueta turqueta


Nous ne serons pas seuls, six voiliers y ont déjà pris place, mais le site est idyllique avec ses pentes couvertes d'une belle pinède, une belle plage de sable blanc et son eau cristalline... à température « raisonnable » (23°C).
Tiens ! Des stridules familières dans les pins ! Nos cigales sont de retour !
Après la descente le long de la chaîne, voici la montée en haut du mât pour le Capitaine qui a décidé de faire un peu de ménage dans les drisses et de graisser le rail du mât. Comme d'habitude... j'assure et le surveille. Il se fait sérieusement balloter par l’amplitude du balancement du mât causé par la houle !!!
La cala se vide peu à peu, le ciel se cherche, mais semble opter pour le gris menaçant. Il nous parait plus sage, à l'image d'un voilier britannique « DUE SOUTH », de réquisitionner pour la nuit la bouée d'amarrage laissée vacante par un bateau pour touristes.
Une image de paradis avec la plage déserte et la petite barque d'une famille discrètement installée sous un auvent... Ont-ils un rôle de surveillance à jouer ?

 

Lundi 24 juin 2013 : MINORQUE, cala Turqueta
« Une belle crique en hiver »

Quel chambard cette nuit ! La bouée a pris un malin plaisir à venir flirter avec LOGOS mais sans aucune discrétion ni égard pour les dormeurs.

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Le glacial vent du Nord s'invite aussi avec ses hurlements et sa froideur mais il en faut d'avantage pour empêcher Pierre d'aller débusquer les oursins auxquels nous avions fait fête il y a 12 ans. Bonne pêche, nos chers oursins n'ont pas migré… ni maigri !!!
Peu à peu la crique se charge de voiliers qui doivent, pour leur ancrage, tenir compte de l'amarrage fixe de LOGOS qu'aucun professionnel ne viendra revendiquer. L'un d'entre eux est intrigué par notre sac étanche suspendu à une drisse. Il a l'air surpris lorsque nous lui indiquons qu'il s'agit de notre clef 3G Wifi qui, en hauteur capte le signal indispensable à nos connexions.
Nous profitons d'une éclaircie en soirée pour satisfaire à la tradition de la St. Jean et faute de blé, ramenons sur LOGOS nos 7 épis de graminées chacun... Si, par un heureux hasard, cela était efficace pour nos finances...

 

Mardi 25 juin 2013 : de MINORQUE à MAJORQUE, de cala Turqueta à cala Canyamel
« Du tout voile »

Sous le regard surpris du jeune équipage d'un cata voisin, LOGOS quitte sa bouée, sous Grand’voile avec marche arrière, virage et prise de cap...
Dès la sortie de la cala, c'est déjà sportif. Un ris dans la grand voile, un ris dans le génois, LOGOS file ses 7 Nœuds, poussé par le vent et les vagues.
Cap au 232 et, dès le phare du Cap d'Artuixt passé, la traversée du canal de Minorque, tout en surveillant une fois de plus les engins de pêche et la trajectoire d'un chalutier... toujours prioritaire - donc je préfère rencontrer ces messieurs les pêcheurs sous moteur que sous voile.
Il nous a fallu redonner à LOGOS toute sa toile pour répondre à l'inconstance du vent et atteindre, après 5h30 de nav et 27 MN parcourus, la cala de Canyamel où nous espérons pouvoir trouver un abri de ce vent. Deux voiliers sont ancrés devant la grande plage au fond. Pierre optera pour une petite anse, juste sous le Cap Verney, aux impressionnants rochers à pic de couleur rougeâtre.

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Quelques élégantes constructions dominent la baie, loin de l'urbanisation touristique de la plage.

 

Mercredi 26 juin 2013 : MAJORQUE, Cala de Canyamel
« Ça balance pas mal à Majorque »

Nous nous sommes accordé une journée repos dans cette anse presque pour nous tout seuls, une journée pour écouter le vent, balancés par la houle contournant le cap.

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Surprise lorsqu'un énorme catamaran de compétition, reconverti en P.C, vient s'ancrer juste devant le Cap et déferle ses Watts pour distraire la centaine de passagers diurnes, agglutinés... Un épouvantable radeau de la méduse et, pour nous, les derniers tubes à la mode cet été... Ils en oublient même de se mettre à l'eau !
Que voilà des commerciaux qui ont bien su assurer la reconversion d'un bateau et s'enrichir de la bêtise humaine.

 

Jeudi 27 juin 2013 : MAJORQUE, de Cala Canyamel à Porto Cristo
« Un mouillage peu orthodoxe »

Seul le génois aura droit aux honneurs de notre navigation de ce jour jusqu'à Porto Cristo, distant de 11MN. La mer est encore très agitée mais le vent gonfle bien notre voile pour longer les falaises basses de la côte qui ne laissent entrevoir aucune échancrure, jusqu'au moment où un bateau semble sortir de la falaise.

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Nous voici à l'entrée du goulet rocheux qui mène dans le « nouveau » port, en fait une vaste darse, bien protégée derrière un musoir.
Nous choisissons de jeter l'ancre dans le « vieux » port, sous les falaises, en bordure de la zone de baignade marquée de grosses bouées jaunes. Tout évitage étant impossible, c'est d'abord une ancre arrière qui est chargée de limiter LOGOS dans ses fantaisies, rapidement supplantée, étant donné la qualité rocheuse des fonds, par un amarrage directement à une bouée de plage. Encore une action peu orthodoxe mais efficace, puisque nous n'entravons pas la circulation des Catamarans-Aquarium. Nous sommes bien un peu, beaucoup secoués, mais nous espérons que tout se calmera la nuit.

cristo


Un avitaillement en annexe dans cette petite ville sans grand charme, essentiellement dédiée au tourisme et, pour la première fois depuis notre départ de Crotone, le sentiment de subir le « mal de terre ».
Nous passerons notre soirée à observer le manège de nombreux pigeons qui viennent nicher dans la falaise, spectacle assez insolite en bord de mer. LOGOS se balance toujours et se balancera toute la nuit, victime de la houle qui rebondit sur la paroi... au point d'en espérer la venue du jour pour quitter ce lieu assez peu hospitalier.

 

Vendredi 28 et samedi 29 juin 2013 : MAJORQUE, de Porto Cristo à Porto Colom
« Surf de compétition pour l'annexe »

Nous avons en vue un beau mouillage à 4 MN de Porto Cristo... Pas de grandes manœuvres envisagées, pas la peine de remonter l'annexe pour si peu...
En sortie de port, la mer est grise, déserte et houleuse... Rien de très engageant, si ce n'est la perspective d'une belle calanque que nous avons déjà fréquentée. Seul le génois propulse LOGOS, ravi des 20 nœuds de vent 3/4 arrière. Derrière, la malheureuse annexe fait ce qu'elle peut... elle surfe sur les vagues.

Déception, notre Eden est infréquentable par cette mer. Il nous faut poursuivre notre chemin pour trouver, à 6MN de là, une vaste rade, refuge de nombreux bateaux : la baie de Porto Colom... oubliées les vagues, le chahut marin, il nous semble tout à coup être ancrés dans un lac gardé par un phare de carte portale : le phare de la Farola, grande tour à bandes noires et blanches.

 

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L'environnement proche est boisé et assez résidentiel. Quelques cris de jeunes et le sifflet du maitre-nageur révèlent la plage voisine bordant une mer turquoise.
Un discret front de mer aux maisons basses ferme au loin cette rade.
Plusieurs voiliers ont choisi cette anse d'Arenal, dont « CELESTIA », une vénérable vieille dame viennoise, à l'ancre si peu sure que son skipper devra reprendre son mouillage plusieurs fois.
La vue sur la partie ancienne du front de mer, avec ses vieilles maisons aux volets de couleurs - belle palette dans le soleil et ses pittoresques garages à bateaux au niveau de l'eau, rappelant le petit port de Klima à Milos - prend des airs de peinture de Canaletto. Nous sommes loin de ce grand port exportateur de vin vers la France au XIXe siècle, avant que le phylloxera ne mette fin à cette activité viticole.

 

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Une visite en annexe nous permet une belle promenade dans une élégante station balnéaire, insoupçonnée depuis la mer, de plus en plus tournée vers le tourisme, avec sa marina prolongée jusque dans la darse pour petits pointus, tous bien amarrés à des pontons flambants neufs. Il faut avouer que les activités de pêche ont cédé la place aux activités de la plaisance.
En soirée, nous avons l'agréable surprise de voir un beau voilier tout vert s'approcher et nous saluer amicalement, en fidèles lecteurs du site. Merci à Jean et Silvia sur « SOCOA » de cette démarche. Tous deux descendent sur Ibiza, ce qui ne nous permettra pas d'autres échanges sauf sur la toile. Bonne route à « SOCOA ».

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Nous avions bien entendu des bruits de réglage de sono et la lecture du journal local... (Hé oui, nous lisons aussi l'espagnol - merci aux professeurs du lycée Marie Curie ) nous avait annoncé une « fête du poulpe ». Vraisemblablement les braillements de « Rockin Matxin » (le x se prononce ch en catalan..) et de leur sono qui assourdissait tout l'environnement étaient là pour étouffer le cri des infortunés poulpes... Pas moyen de fermer l'œil avant 4 heures du matin.

 

Dimanche 30 juin 2013 : MAJORQUE, de Porto Colom à Porto Petro
« Les batteries se chargent »

Quel calme au réveil après la folle nuit de la « Fête du Poulpe ». Chacun s'efforce de récupérer des outrages sonores. Nous n'osons imaginer l'état des tympans des participants.

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En l'absence de tout vent, nous décidons d'inventorier les calas permettant une escale... Séquence visite.
Un magnifique amphithéâtre de pierres rougeâtres, la cala Arsenau, offre une place pour un seul voilier en bout à terre... Aujourd'hui la place est déjà prise.
C'est dans l'étroite cala Esmeralda, aux eaux translucides, que nous jetons l'ancre pour le repas de midi, une cala élégamment urbanisée, avec un gros ilot rocheux où est bâti un hôtel très chic. Belle ambiance vacances sur les petites plages et sur l'eau où se promènent des pédalos.

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Sur la côte, au-dessus de Logos, nous pouvons admirer une superbe villa en construction, une merveille du genre. Entre les villas toutes plus belles les unes que les autres et les yachts rivalisant de grosseur, nous avons la triste impression de côtoyer la « misère humaine », tellement mal partagée.
La côte, en sortie de cala, nous offre même le « lotissement des Pôvres »... Débauche de richesses, mais il faut le reconnaître, plus agréable au regard que les cabanes à lapins hôtelières.

 

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Encore une vaste rade, bien protégée, devant le port de Porto Petro. Ici pas question de jeter l'ancre, c'est marina ou bouée. Nous optons pour une belle bouée, face au petit port, pour un budget de 20 Euros. Pour la première fois, nous apprécions la, puis les baignades. Pierre joint l'utile à l'agréable en nettoyant la coque.
En soirée, les bouées se chargent... Opération rentable pour la Société Nautique.

 

 

Lundi 1er juillet 2013 : MAJORQUE, Porto Petro
« Un lieu où l'on aurait envie de poser son sac… »

... et, depuis la terre, regarder son voilier se dandiner, tout en arrosant les fleurs de son jardin, comme le fait la propriétaire d'une magnifique villa voisine.
Ici, nature et activité font bon ménage.
Les bouées ont, parait-il, été installées selon la technique du carottage, destinée à éviter le béton des corps-morts et préserver les Posidonies.

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Tout est empreint d'une grande sérénité et de beaucoup d'élégance.
Même la côte rocheuse est hospitalière puisqu'elle me permet d'accompagner Pierre dans notre première collecte d'oursins à deux.
Oui, vraiment, ici, on se sent bien... et l'on aimerait prolonger le séjour...

 

Mardi 2 juillet 2013 : MAJORQUE, de Porto Pétro à l'île de Cabrera
« Une tour qui navigue »

Il nous faut nous rapprocher de Palma, lieu de rendez- vous avec Patrice. Deux possibilités s'offrent à nous, longer la côte Sud jusqu'à Palma ou opter pour l'île de Cabrera à 19 MN de là, que « SOCOA » nous a décrite comme un petit paradis.
Après avoir longé une côte de falaises sans grand charme jusqu'au Cap Salinas, nous quittons l'île de Majorque pour nous diriger vers l'Archipel de Cabrera, Parc National Maritime et Terrestre.

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Trois heures trente à la voile, le long d'une série de petits ilots, un passage entre les îles Conejera et Cabrera, jusqu'au moment où les ruines d'un château moyenâgeux nous invitent en entrer dans une très vaste baie, la seule où il est permis de mouiller maintenant. De nombreuses bouées  numérotées sont libres... certaines ont été retenues à l'avance auprès de la Direction du Parc. Nous en choisissons une, espérant ne pas être délogés.

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Le site est grandiose, sauvage et ne porte plus trace d'une importante occupation militaire ni de son passé peu glorieux d'exil pour quelques 9000 soldats, gradés ou non, de l'armée de Napoléon, défaite en 1808 par une armée de combattants volontaires andalous. Seule l'image de ce vieux château sur un piton rocheux rappelle le temps de la piraterie où des guetteurs pouvaient alors signaler à Majorque l'apparition de toute voile suspecte.

laperta laperta


Courageusement, nous empruntons le sentier rocailleux menant au château, au milieu d'un riche maquis méditerranéen, tout en saluant au passage ces lézards cabotins devant l'objectif de Pierre. Il faut avouer que ces « Laperta lilfordi » font partie d'une espèce rare, donc protégée.

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Surprise lorsqu'après nous être glissés, précautionneusement, dans un étroit escalier, type « cave à vin Harnois »... mais sans les bouteilles, nous réalisons que la Tour navigue, étrange sensation proche de l'ivresse « marine ». Le panorama est époustouflant et ne nous fait pas regretter l'effort fourni.

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De gros sars, assurés de ne pas être péchés, ont élu domicile sous Logos. Baignade dans un aquarium !

 

 

Mercredi 3 juillet 2013 : de l'île de Cabrera à Las Illetas
« En attente de notre passager »

Dans l'impossibilité financière de remplir l'escarcelle de la marina de Palma, proche de l'aéroport où Patrice débarquera demain, nous avons repéré un ilot sur la côte Ouest de la baie de Palma, distant de 6MN du « Club Maritimo de San Antonio de la Platja ».
C'est sous Spi, puis sous Génois, que nous traversons cette très vaste baie, sans grand charme, si ce n'est la vision de l'imposante Cathédrale gothique, vaisseau terrestre et remarquable amer.

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29MN, 4h30 sous voiles, et une petite anse entre un îlot et la côte urbanisée, mais avec une certaine distinction. Tous nos voisins de mouillage nous quittent en soirée, sauf un joli petit voilier.
Il faut avouer que ce lieu est très rouleur et subit fortement l'assaut des vagues générées par les gros bateaux de croisière quittant Palma et celles de gros yachts à l'accélération un peu nerveuse.

 

 

Jeudi 4 juillet 2013 : MAJORQUE, de Las Illetas à Club Maritimo de San Antonio de la Platja
« Journée bien remplie »

Pour profiter au maximum du confort offert par la marina, avant l'arrivée de Patrice prévue en début de soirée, nous ne nous attardons pas. Du tout Perkins pendant 6 MN, notre ronron étant, pendant toute la traversée de la baie, couvert par le vrombissement des avions ... un avion toutes les minutes et demi... Les passionnés pourraient faire une étude comparative des différentes compagnies.
L'entrée dans la marina, tout près de la grande plage de Palma, ne peut se faire que l'œil rivé sur le sondeur… frisson assuré lorsque ce dernier affiche 1m90 et marche arrière brutale au moment de prendre la place assignée par le marinero, la quille de Logos traçant son sillage dans la boue... Nous aurons donc droit aux appontements réservés à la société de Charters, aux profondeurs plus raisonnables.
Rapidement, l'équipage s'active et se répartit les tâches : Pierre pour les courses et les démarches Internet, moi au rangement et lavage... manuel (je commence à avoir l'habitude, depuis Crotone, aucune marina n'est équipée de machine à laver), puis « ritalisation » de Logos pour le séchage. Derrière le grillage fermant la marina, la plage est animée, une très longue plage, sans aucune ombre (à la grande joie de certains qui se font rôtir d'un côté puis de l'autre comme de vulgaires poulets). Seuls les voiles des kit-surfs donnent une touche de couleur à cet environnement assez déprimant. Dire que certains hôtels ont fait miroiter aux futurs clients la proximité de la plage... et de l'aéroport aussi sans doute !

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17 heures, notre passager, accueilli par son Grand Frère à l'entrée de la Marina, retrouve Logos après 6 ans. Nous sommes loin de Bodrum, aujourd'hui c'est de Palma que nous allons profiter en soirée.

 

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Déposés par un taxi sur le vaste front de mer, près du « Real Club Nautico », nous nous dirigeons vers le Barrio, quartier ancien de Palma, bâti autour de l'imposante SEU sa grandiose cathédrale. Tout y est enchantement : l'élégance des bâtiments, la fraîcheur des patios qui se laissent entrevoir derrière portails ou grilles, les ruelles qui guident nos pas.

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Nous satisfaisons même à la tradition des tapas et de la sangria, un petit restaurant nous ayant été recommandé par Astrid du voilier « BREUKENS », croisé à Stintino.
Que voici un début de mini-croisière prometteur...

 

 

Vendredi 5 juillet 2013 : MAJORQUE, de Palma à l'île de la Dragonera (Cala Llebeitx)
« Bouts à terre dans un aquarium »

Surprise au réveil, une bouteille de Rioja nous attend sur le ponton devant Logos... délicate attention d'un équipage bruyant au plein cœur de la nuit que Pierre avait, dans son bilinguisme total, rappelé à l'ordre « Scusi ! We are sleeping »... Il n'y a rien de tel que les voyages pour l'étude des langues !!!

 

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Nous avons choisi de faire le plus long trajet, soit 24 MN, pour, ensuite, de crique en crique, revenir sur Palma.
La baie de Palma est encore peu animée, seul le Costa Serena est en route avec son lot de passagers.

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Nous avons tout le loisir de profiter de la côte et des rares calas qui creusent les rives Ouest : Cala Portals Vell, Cala Figuera et ce phare de carte postale du Cap Figuera qui se prête si bien, lui aussi, à la photographie.

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Nous pouvons établir la toile, devant Santa Ponsa, juste pour montrer à « VALQUEST », superbe voilier avec 4 barres de flèches de quoi est capable un tout petit voilier qui ne se loue pas 80 000 euros la semaine !

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Nous avons aussi, sans doute, fait l'envie des « Enfoirés » d'un yacht moteur dont la trajectoire n'a eu pour but que de déstabiliser LOGOS (pris en photo par Patrice, bien zoomés et nous espérons qu'ils seront reconnus, riant de notre infortune, le doigt tendu vers nous).

patrice


Une étroite cala nous attend sur Dragonera, une cala rien que pour LOGOS, avec deux bouts à terre et une garde, mais aussi un superbe aquarium dans un site exceptionnel.

 

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Tout est au rendez-vous pour l'exploration sous-marine, végétation d'algues en forme de fougères très colorées, nombreux poissons très variés et oursins dont rêve Patrice depuis sa venue en Turquie. Surprise ! Un très beau pigeon voyageur, une de ses bagues immatriculée en Pologne, se pose sur Logos, tout près de nous. Il accepte une petite collation faite d'eau bien pure qu'il boit avec beaucoup d'élégance. Il nous a tenu compagnie plus d'une heure, se laissant approcher, avant de repartir.

 

Samedi 6 juillet 2013 : MAJORQUE, de Dragonera (Cala Llebeitx ) à Cala En Tio
« Pollution absolue »

Au réveil, quelle désagréable surprise ! Nous nous sommes endormis dans un petit paradis, nous nous réveillons au purgatoire, entourés de méduses et des déjections d'un « tank à eau noire » de grosse capacité que le vent ramène sur la côte. Il n'est même pas question d'aller libérer LOGOS à la nage. Heureusement, nous formons une équipe efficace. Patrice conduit l'annexe à la rame, Pierre libère les bouts à terre que j'avale au fur et à mesure, depuis LOGOS.
Il ne nous reste plus qu'à trouver un ancrage plus hospitalier, hors de portée de ce vent malsain et des saletés qu’il convoie. Plusieurs approches s'avèrent infructueuses jusqu'à une magnifique cala, sur la côte de Majorque, véritable décor de théâtre marin avec ses haute falaises, ses grottes et ses eaux émeraude. Un lieu où l'on se sent tout petit devant tant de beauté.

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Certes l'endroit est prisé des bateaux croisières mais avec un certain respect des lieux. L'un des « commandants » ira même jusqu'à pousser la chansonnette en s'accompagnant à la guitare pour faire bénéficier ses passagers de la réverbération offerte par la grotte.
En soirée, ce mouillage unique sera notre domaine réservé... Baignade dans la grotte, photographies.

 

Dimanche 7 et lundi 8 juillet 2013 : MAJORQUE, de Cala en Tio à Cala Egos
« Belle promenade au masque dans les rochers »

Après avoir profité du cadre féerique de ce site remarquable, dans la plus parfaite solitude, nous laissons la place aux plaisanciers du dimanche pour nous assurer un espace vital confortable.
1,5 MN parcourus sous Génois pour essayer la nouvelle écoute de l'enrouleur de Génois, achetée à Palma. Étrangement, l'ancienne avait aussi été achetée à Palma il y a 12 ans !

 

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Hautes falaises, lagon, petits récifs permettent une belle promenade sous-marine avec oursins et une eau à 25°C, sans méduses... Du sur mesure dont nous profitons avec délectation pendant deux jours, ne partageant notre Eden qu'avec de petites embarcations familiales.

 

Mardi 9 juillet 2013 : MAJORQUE, de Cala Egos à Cala Portals Vell
« Sous Spi »

II nous faut songer à nous rapprocher de la baie de Palma et accoutumer progressivement Patrice à un retour à la civilisation, après, nous l'espérons, lui avoir fait faire un beau rêve, même s'il fut un peu bref.

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Une fois le bloc massif du Cap Mola passé et les surprises qu'il pourrait réserver, notre belle voile de couleurs est envoyée, toute fière de se gonfler sans les entraves parfois occasionnées par la Grand' Voile. Pendant deux heures, nous rivalisons avec les plus grands, mais à toute petite vitesse, pour bien permettre le reportage des photographes du bord.
Sur notre tribord les grosses unités se succèdent : « P », superbe voilier noir à quatre barres de flèches de George Town, « CREOLE », voilier dit maudit de la famille Gucci, « VALQUEST »... Nous avions pensé atteindre un sommet à Porto Cervo... Ici, c'est la démesure la plus totale... Une nouvelle marina vient d'ailleurs d'être construite sur Ibiza, la marina de BOTAFOC… Moins de 60 mètres s'abstenir !!!
Encore un petit coup d'œil au phare du Cap Figuera, puis à la cala du même nom où se balance « MARIA CALINA »... type Classe J... Nous jetons l'ancre dans la Cala Portals Vell, composée de deux criques, l'une en voie d'urbanisation « contrôlée », l'autre plus sauvage, destinée essentiellement à la baignade avec un discret restaurant. Les rochers de la côte réverbèrent les rayons du soleil.

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À l'entrée, de vastes grottes ont été creusées, sans doute résultat d'anciennes carrières dont les pierres extraites, puis chargées dans des bateaux, auraient servi à la construction de la Cathédrale de Palma. L'une de ces grottes, tellement vaste et haute, se donne d'ailleurs des airs de grande cathédrale mais on n'y trouve qu'une petite chapelle au portail sculpté par des marins reconnaissants d'avoir, en ce lieu, été sauvés d'une tempête dans la baie de Palma. Rien à voir avec la chapelle Pietragrotta de PIZO, mais un témoignage.

 

 

Mercredi 10 juillet 2013 : MAJORQUE, de Cala Portals Vell à Club Nautico San Antonio de la Platja
« Patrice s'envole »

Qu'il a été court ce séjour avec un hôte aussi parfait. Le débarquer, en citadin... même en tenue estivale, au poste à gas-oil de la marina, fait gros cœur. Il repart avec de beaux souvenirs que nous pourrons évoquer cet hiver, de magnifiques photographies qu'il nous permet de partager.
Le plein de gas-oil fait, grâce à l'aimable assistance de Serge du voilier « COBRA »... tout ce qu'a su faire, le présupposé pompiste, c'est augmenter le prix du gas-oil entre deux remplissages puisqu'il n'est possible d'obtenir du carburant que pour 30 Euros à la fois depuis la machine automatique... Le changement de tarif, lui, est manuel...

ecole voile


Une nouvelle journée au quai des charters pour nouvelle lessive et révision des tuyauteries de lavabo et de douche.
Nous nous régalons du spectacle donné par l'école de voile basée ici, les débutants reliés les uns aux autres, les plus aguerris usant du virement de bord avec aisance entre les voiliers.
Certains, plus âgés, de retour de la plage, préfèrent circuler droit sur leur paddle, comme les indigènes d'îles lointaines. Un beau mouvement et sans doute le travail d'un certain équilibre.

 

 

Jeudi 11 juillet 2013 : MAJORQUE, de San Antonio de la Platja à Las Illetas
« Plage Kérosène et inauguration de la nouvelle piste d'envol »

Hé oui ! il s'agit bien de la très célèbre plage de Palma, mondialement connue pour ses eaux chaudes, depuis ce matin sonorisée et parfumée au kérosène libéré par les avions au décollage... à raison, là encore, d'un avion toutes les minutes et demi... Faire le total en fin de journée. Nous avons pu apprendre, en écoutant les conversations des commerçants du petit marché voisin, eux-mêmes abasourdis et assourdis par ces avions passant au- dessus de leur tête, qu'il s'agit d'une nouvelle piste de décollage... L'horreur intégrale et, une fois de plus, le profit privilégié ! Écœurant.
Autant passer ses vacances à Orly, là-bas au moins, vous pouvez rêver d'autre chose, mais, lorsque ce rêve réalisé devient cauchemar, c'est autre une autre histoire.
Le marinero nous permet de profiter de la marina jusqu'en soirée, mais lorsqu'il s'enquiert de savoir si nous allons passer une nouvelle nuit... au tarif Palma de 100 euros la nuit, nous préférons larguer les pendilles. Une nouvelle fois, direction Las Illetas puisqu'en attente de Martine et Gérard, nous ne pouvons pas quitter la baie de Palma pendant une longue semaine.
Tout doux, sous Génois, pendant trois bons quart-d’heure. Les places commencent à être chères derrière les îlots, vu le peu d'abris offerts par la baie de Palma, hors les marinas.
Le site est cependant toujours plaisant mais le mouillage hyper rouleur !

 

Vendredi 12 juillet 2013 : MAJORQUE, de Las Illetas à Cala Portal Vells
« Jetée d'ancre à la James... »

Si l'on fait abstraction du charivari brutal occasionné par la sortie des gros croisiéristes du Port de Palma et le roulis permanent de la houle, ce mouillage entre un îlot et la petite plage d'hôtel peut apparaître comme un dépannage mais très provisoire.
Il nous faut donc envisager une cala plus vaste, celle expérimentée avec Patrice à 4 MN de là.

yacht


Du tout moteur et la surprise de constater que cette crique est prise d'assaut par les yachts moteur de toute taille. Pas le temps de réfléchir, tel James Bond, Pierre jette l'ancre à la volée pour assurer son territoire...
Le paysage est toujours aussi beau, l'eau translucide aussi chaude... mais l'espace vital, lui, est de plus en plus réduit et nous dansons toujours, jusqu'à l'inconfort, tant les mouvements souvent brutaux des Fairlines (type de yachts moteur de 12 mètres apparemment très prisés) agitent le plan d'eau.

 

 

Du samedi 13 juillet au lundi 15 juillet 2013 : MAJORQUE, Cala Portal Vells
« Consignés »

Pour d'anciens professeurs qui n'ont jamais usé de ce type de punition, c'est un comble... C'est pourtant l'impression que nous avons dans ce lieu où nous sommes secoués, ballotés, chahutés et toujours survolés par les avions. Pierre, pour défendre notre minimum vital, doit sortir son « arme fatale »... à savoir son appareil photo pour dissuader voiliers et yachts moteur de mouiller soit sur notre ancre, soit trop près, au point de devoir envisager de mettre les pare-battages : « It is for my Insurance !!! » avec l’accent. Il ne peut être question, malheureusement, de changer de parking à moins d'additionner les milles aller et retour. Nous allons donc prendre notre mal en patience jusqu'au 18 juillet, date annoncée de la venue de nos passagers et devenir des « observateurs » du monde du nautisme estival et des comportements.

 

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Nous avons le sentiment d'être dans un Salon Nautique, entourés d'unités toutes plus grandes les unes que les autres, en ce qui concerne les voiliers : « DRUMFIRE », « HAMILTON II », « SKIFFER », « TIGER »... même le Contest 55 pieds « AMATI », battant pavillon royal des Pays Bas, voisinera avec LOGOS... 3 barres de flèches, 4 barres... 30 mètres, 40 mètres...
Quant aux Yachts moteur, une débauche de millions d'Euros, presque à l'écœurement, toutes tailles, toutes formes et les derniers design comme ceux de la marque VAN DUTCH  ou FRAUSCHER . Sommes-nous dans le haut lieu où il faut avoir été vu, après la Marina Royale de Palma ? Devons-nous plaindre ces infortunés propriétaires qui, par restriction budgétaire, doivent venir s'entasser dans la crique la plus proche de Palma pour économiser le carburant ?

 

jack


Quant aux attitudes, une très riche étude comportementale pourrait être écrite... La palme revenant à l'équipage russe d'un voilier du nom de « CAPTAIN JACK SPARROW » : deux barres à roue donc, pour eux, logiquement, deux skippers, l'un barrant vers tribord, l'autre vers bâbord, et un aboyeur en figure de proue pour diriger le voilier le plus près possible de la plage, contre les limites de baignade, tout en mouillant autant de chaîne que de profondeur d'eau. Quelle leçon affligeante pour les deux jeunes enfants qui se trouvaient aussi à bord.

famille


Heureusement que le spectacle de familles espagnoles à bord de petites barcasses de pêche, réhabilitées, nous apporte un peu plus d'humanité.

 

paddle

 

Mardi 16 juillet 2013 : MAJORQUE, de Cala Portals à Santa Ponsa
« Liberté retrouvée »

Une mise au point et des précisions ont généré l'annulation du voyage prévu de Martine et de Gérard. Nous continuons donc notre route et quittons sans déplaisir ce secteur trop fréquenté, sans avoir à repasser par la case « marina »...
Direction une baie signalée par Jean-Michel de « MARCHOUREVE » où nous envisageons d'avitailler avant d'appareiller pour Ibiza.
Perkins ronronne pendant 8MN. Nous saluons au passage le beau phare de Figueras, la marina de Port Adriano, pour, une fois les îlots Malgrats contournés, nous enfoncer prudemment dans une vaste baie où aucun abri ne se dessine.
Un enrochement significatif et, de l'autre côté, un très vaste plan d'eau, bien abrité, bordé par la station balnéaire de SANTA PONSA et ses hôtels buildings. Rien de grandiose mais une belle eau turquoise, peu de profondeur et la possibilité de mouiller LOGOS près de ses congénères.

 

 

ponsa


Nous sommes au cœur de l'Histoire de Majorque. C’est ici que JAUME Ier (Jacques ), roi d'Aragon, débarqua avec sa flotte en septembre 1229 pour mettre fin à la domination arabe.
En soirée, puisqu'en Espagne, avant 17h30, peu de commerces sont ouverts, nous gagnons la côte en annexe, heureux de lui trouver un confortable point d'amarrage devant un hôtel. Derrière le front de mer touristique prolongé par une belle plage se cache une ville animée, avec de nombreux restaurants, des commerces et supermarchés variés. Ici, ne pas compter sur un petit marché local. Prix « citron » décerné à la commerciale du magasin Orange pour son amabilité et son incompétence, tandis que je complimente la commerciale de Vodafone pour la qualité de son anglais... Sourire, elle avoue être anglaise !!!
Nous découvrons aussi, avec satisfaction, qu'un bus express peut nous conduire au cœur de Palma en 20 minutes avec premier arrêt devant la « Marina Real », fréquentée en 2001 avec nos petits Charentonnais... Je ne sais si, aujourd'hui, nous oserions y pointer l'étrave de LOGOS avec une seule Carte Bleue !

carrefour carrefour


Non loin, un grand centre commercial abrite un Carrefour, à la « file d'attente de caisse unique », style Eurodisney. Un grand progrès dont feraient bien de s'inspirer nos supermarchés et de nombreux commerces... Dans cette galerie, Ouf ! Le préposé Orange est souriant et efficace.
En vrais Majorquins, nous reprenons notre bus 102, à une heure de pointe, et, par égard pour nos cheveux blanchissants... ou nos beaux chapeaux, pouvons apprécier la courtoisie de jeunes gens qui nous cèdent leur place. Nous sommes loin de l'image de dépravation donnée par certains jeunes touristes fortement éméchés et bruyants, la nuit, sur les plages.

 

Mercredi 17 juillet 2013 : MAJORQUE, Santa Ponsa
« Prélude à Valldemossa »

La situation privilégiée de Santa Ponsa et le mouillage sécurisant de LOGOS nous permettent d'envisager une longue journée tourisme, le long de la Sierra de Tramontana, avec pour objectif la visite de Valldemossa, au nom si évocateur.
Une voiture est donc retenue pour le lendemain et l'itinéraire soigneusement préparé pour bénéficier au maximum de ce beau parcours dans les contreforts de la Sierra.

Majorque intérieur

Jeudi 18 juillet 2013 : MAJORQUE, Santa Ponsa
« De la mer à la montagne »

Les guides et cartes sont en bonne place dans la belle Suzuki Wagon rouge qui nous a été réservée, mais c'est surtout à Sygic (le TomTom de l’ordiphone), que nous devons de suivre, bien guidés, la route de montagne intérieure en direction de Valldemossa. Dès la vallée quittée, une succession de lacets nous élève tout d'abord entre les plantations d'agrumes ou d'oliviers regroupées autour de vastes fermes ou « fincas ». Puis la végétation devient sauvage, les pins remplacent les fruitiers, le maquis prend possession de la moindre faille de rocher, les gorges se succèdent. Nous sommes sur la M1032, domaine d'entrainement favori des « fêlés » de la petite reine... hommes ou femmes qui gravissent à coup de pédales ces pentes raides et sinueuses. Leur volonté suscite l'admiration, mais non l'envie en pensant à l'état dans lequel ils doivent être aux étapes et les risques pris dans les descentes, face aux voitures.

granja granja granja

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Un plateau avec un très grand vignoble attenant à une superbe propriété, puis une gorge étroite. Nous voici parvenus à notre première visite: « LA GRANJA », vaste propriété transformée en musée, érigée auprès d'une source abondante. Romains, Arabes se sont succédés en ces lieux, avant que le domaine, alors existant, ne soit donné par le roi aux moines Cisterciens.
Un magnifique parcours fléché, se jouant du relief, nous permet tout d'abord de parcourir un vaste jardin où arbres décoratifs et fleurs abondent : agapanthes, hibiscus, roses. L'eau ruisselle sur des murs de verdure, entre les pierres d'une rocaille, dans des bassins, fait tourner des roues.

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Une sorte de paradis paisible qui vous met en condition avant de vous inviter à remonter le temps et évoquer vos propres souvenirs... pour nous bien sûr qui, dans notre enfance, avons été très imprégnés du XIXe siècle. C'est une belle rencontre avec le passé qui nous est proposée, avec tous ces objets élégamment mis en scène pour évoquer la vie bourgeoise des maîtres de maison et leur famille, la vie des différents artisans d'un village rural (un accent plus particulier est mis sur le travail de la laine après teinture). Nous n’osons penser que les géoles, salles et instruments de tortures exposés faisaient partie de ce havre de fraîcheur.
Nul entassement qui pourrait sembler poussiéreux et lassant, mais la présentation pleine de charme de collectionneurs voulant témoigner d'un passé, en continuant à faire vivre leur domaine.
La visite s'achève par une succulente dégustation de spécialités locales, vin, charcuterie, pain aux figues et amandes pour finir par de gourmands « bunuelos » ou beignets de farine de pomme de terre et levure, trempés dans du sucre ou de la confiture. La dégustation, si copieuse, peut-être grâce au petit nombre de touristes, nous permet, avec un jus d'oranges fraiches et un café, d'attendre le diner du soir et de nous rendre sans perte de temps à Valldemossa.

 

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Ce seul nom évoque, pour chacun d'entre nous, l'idylle de George Sand et Frédéric Chopin, mais c'est d'abord un village très pittoresque aux élégantes maisons de pierre ocre, couvertes de tuiles arrondies qui s’offre à nous. Chaque façade s'orne de pots de fleurs accrochés et d'une plaque en azuleros, faïence émaillée, dédiée à Santa Catalina Thomas, patronne du village mais aussi de tout Majorque. Aujourd'hui, en l'honneur de cette sainte, et pour une longue semaine, les portes des maisons sont encadrées de branchages de pin et des guirlandes traversent les ruelles.
Se promener dans Valldemossa, « La vallée de Moïse » (Moussa pour les arabes), jouir du magnifique panorama sur la vallée en admirant toutes ces anciennes cultures en terrasses dont bon nombre, malheureusement à l'abandon, tout ceci procure déjà un grand plaisir mais il nous faut retrouver aussi les fantômes de Frédéric et George dans la Chartreuse Royale où leurs pantins géants nous accueillent.

valdemossa

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Sur la grand’ place, un buste de Chopin nous rappelle qu'à jamais ce lieu sera lié à son séjour hivernal de 1838 avec sa compagne George Sand, dans l'une des cellules de la Chartreuse Royale, alors louée, tout ordre religieux ayant été dissout 3 années auparavant.
Le choix de Majorque avait été fait par George Sand pour son climat bénéfique àla santé de son fils et à celle de Chopin, ce dernier, en arrivant à Palma, se mit à rêver « d'un cloître merveilleux dans le plus beau site du monde ». La réalité fut toute autre, l'hiver fut calamiteux et le cadre proposé sans aucun confort, sans même la consolation d'un bon piano puisque Chopin fut dans l'obligation de se faire livrer un Pleyel depuis la France.

valdemossa valdemossa valdemossa valdemossa valdemossa

Encore aujourd'hui, cette Chartreuse apparait comme un énorme bâtiment, sans grand charme à part son clocher de tuiles vernissées et le jardin qui conduit au Palais du Roi Sanche, fils de Jaume II. Tout y est confiné, triste et ce n'est que la vue sur le panorama qui a pu inspirer à Chopin ses magnifiques préludes.

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Pour tous les amateurs, les souvenirs conservés ici, partitions travaillées et retravaillées, piano, portraits font cependant naître une émotion certaine. Il est assurément bénéfique de faire suivre cette visite du petit concert donné dans le palais du roi Sanch, encore faut-il que les heures concordent.

 

deia deia


Le village de DEYA, point culminant du circuit de ce jour, ressemble de loin, comme d'autres villages bâtis à flanc de Tramuntana, à un village de Pessebre (crèche) catalan, avec ces petites maisons de pierre aux toits de tuiles. Lieu privilégié par les artistes au siècle dernier, sa trop grande fréquentation nous extrait du rêve dans lequel nous ont plongés nos précédentes visites. Nous préférons redescendre par la route en corniche avec ses vertigineuses échappées sur la côte rocheuse.

 

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Notre véhicule nous permet un avitaillement substantiel au supermarché « EROSKI » au nom évocateur… mais sans gadgets. Nous sommes parés pour les futures criques d'Ibiza.

 

Vendredi 19 juillet 2013 : MAJORQUE, Santa Ponsa
« Quand un trois mâts reconnait Logos… »

Journée repos après les visites terrestres d'hier. Pierre organise nos photographies, je mets de l'ordre dans mes notes. Autour de nous, la baie se charge peu à peu et de gros bateaux moteur viennent troubler l'harmonie qui règne entre une belle flottille de quelques trente voiliers. La direction du vent les a-t-elle contraints à quitter leur « Paseo » (en espagnol : lieu où il faut voir et être vu) ? La crique de Portal Vells est-elle surchargée ? Le fait est qu'ils maltraitent la quiétude de ce vaste plan d'eau !

luc luc


Surprise lorsque nous entendons taper à la coque du bateau... de vieux amis de MACH 6 dont Fabienne et Christophe nous ont souvent parlé. Leur voilier VIRFLO a été remplacé par une grande goélette à 3 mâts du nom de CELEBRATION II. Françoise et Luc ont aussi quitté Turquie et Grèce pour, après Gibraltar et Madère, prendre la direction du Grand Ouest. De vrais voyageurs que nous ne retrouverons pas sur notre route, moins ambitieuse ! Il a été judicieux d’inscrire « LOGOS » sur la bôme, avec une typo bien lisible ; ainsi, nous pouvons être reconnus !
Pour nous, demain, direction l'île d'IBIZA, à une cinquantaine de milles au Sud.

 

 

Samedi 20 juillet 2013 : de Santa Ponsa (MAJORQUE) à Portinatx (IBIZA)
« HATTA, cargo assassin ! »

Une longue navigation de presque 10 heures, sous Génois ou sous Spi, gonflés par un vent 3/4 arrière, sur une mer un peu chahuteuse et presque déserte. Seules les voiles blanches de deux voiliers animent notre horizon au loin.

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Le grand calme, une certaine monotonie, jusqu'au moment où, au large de la côte Nord de l'île d'IBIZA, la silhouette d'un gros porte container se profile... surveillance et calcul du Capitaine de Logos, confirmé par la trajectoire AIS (1), il passera sur notre arrière. Surprise et angoisse, lorsque, à 1/2 mille, ce dernier se déroute pour couper notre trajectoire (3) et nous mettre en danger... agression volontaire du Capitaine du cargo, envie de s'amuser un peu et de maltraiter impunément un malheureux voilier et ses passagers. Le choc est évité de toute extrémité, mais pas les énormes vagues de sillage... LOGOS monte, redescend violemment... submergé. Jamais nous n'aurions pu imaginer qu'un tel comportement pouvait exister ! Et pourtant... Et il semble qu’il ait réitéré sa manœuvre assassine (déviation N°2).


Nous doutons fort que la dénonciation auprès de l’ « United Arab Shipping Company », propriétaire de ce cargo égyptien, soit suivie d'effet. Attendons !
Peu à peu les côtes de l'île, jusqu'alors dans la brume, s'éclaircissent. Le haut « bâton sucre d'orge » du phare de la pointe Muscarte se dresse à l'horizon.

portinax portinax


Nous jetons l'ancre, dans la belle baie de Portinatx, prisée des équipages des voiliers désireux de faire une pause et un avitaillement aisé.
Urbanisation et animation discrètes.

 

Dimanche 21 juillet 2013 : IBIZA, Portinatx
« Après-midi studieuse »

Journée paisible, consacrée à la découverte rapide de cette petite station balnéaire, riche cependant en commerces de bouche et de nécessité dont une pharmacie bien achalandée en sticks contre les piqûres de méduses... mauvais signe !
Notre mouillage étant de bonne qualité, nous décidons de profiter de ces conditions idéales pour louer une voiture et visiter l'île d'Ibiza. Rendez-vous est pris pour le lendemain. Il ne me reste plus qu'à me plonger dans le guide et préparer un trajet sur la carte donnée par le loueur. Le travail n'est pas bien grand, Ibiza, est une petite île de seulement 45km du Nord au Sud, sur 25 d'Ouest en Est, au réseau routier bien distribué.

Ibiza

Lundi 22 et mardi 23 juillet 2013 : IBIZA, Portinatx
« Découverte d'IBIZA la Blanche »

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Une belle Chevrolet Spark LS rouge, toute neuve avec ses seulement 1834 km au compteur, nous attend devant la boutique du loueur... une vraie voiture de dame pour faire les courses en ville... Si bagages, surtout les miens, s'abstenir !
La chaleur des journées nous fait préférer une visite matinale, à la fraîche, de la ville d'Eivissa. La route vers le Sud est directe, bien tracée et traverse forêts de pins - les anciens « Pityuses » des Grecs - cultures de fruitiers déjà desséchés par le soleil et maisons cubiques, blanchies à la chaux, sans grand charme. Seules les nombreuses fleurs : lauriers, bougainvilliers et albizias donnent une touche de couleur.

ibiza


Eivissa, c'est un vaste port colonisé par des marinas, toutes plus chères les unes que les autres, dominé par sa ville haute « Dalt Villa », mais c'est aussi une ville très active avec des commerces aux enseignes réputées, nombreux, qui témoignent d’une clientèle aisée.

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Une belle avenue bordée de platanes « Avinguda de Bartomeu de Rosello » nous permet de garer notre voiture non loin de la vieille ville que nous gagnons à pied, sans omettre de traverser le « Passeig Vara de Rey », nommé ainsi en l'honneur du héros de la guerre hispano-américaine. C'est une vaste place arborée, cernée de très élégants immeubles où, selon la tradition espagnole du « Paséo », il faut se montrer... En cette heure matinale, malgré nos chapeaux australiens, nous passons inaperçus !

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Des ruelles sinueuses et ombragées nous invitent à entreprendre l'ascension de cette vieille ville, classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Protégée par de hauts remparts, c'est par la Porte de les Taules, munie d'un pont-levis modernisé, que nous pénétrons au cœur de cette Médina autrefois appelée « Madina Iabisa » par les Arabes qui l'habitaient, avant d'être chassés en 1235 par Guillaume de Mongri.

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Un petit air de la médina d'Alger où modestes maisons blanches voisinent avec de belles demeures, dans un entrelacs de ruelles et d'escaliers.

eivissa

 

eivissa


Au sommet, sur une vaste esplanade qui offre un beau panorama sur le port, trône la Cathédrale Sainte Marie des Neiges, construction de style gothique catalan, massive et sobre, étrangement érigée au XIIIe siècle sur l'emplacement de l'ancienne mosquée.
La descente est plus aisée en dépit du chaud soleil qui, maintenant, écrase la ville.
En recherche de palmes neuves pour Pierre, c'est tout naturellement sur le port que nous espérons trouver un shipchandler approvisionné. Que nenni ! Il nous faut gagner la zone artisanale pour pouvoir acheter de belles palmes orange et gris qui viendront, après « customisation » à la Pierre pour leur donner du ressort, remplacer les palmes jaunes souffrant de vieillissement normal au vu des sollicitations vigoureuses.

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Le guide du Routard propose, en périphérie, un petit restaurant original : une boucherie-resto. Vous choisissez votre viande, elle vous est servie sur table, comme pour le poisson au marché de Fethyie en Turquie. Expérience amusante que nous souhaitons à nouveau tenter. Surprise en constatant, qu'il y a bien une boucherie, très bien achalandée, mais qui ne propose aucune dégustation (une faille dans le guide). Quant au petit café voisin, il ne vend que des sandwichs. Il nous faut choisir entre un MacDonald et un restaurant asiatique. Nous optons pour « La Casa de Oriente »... pas très couleur locale mais de bonne qualité, les rouleaux de printemps remplaçant les tapas... et un service très soigné.

cimetière cimetière


Nous sommes tout proches d'un cimetière dont les importantes constructions émergent des murs, attisant notre curiosité. Étrange domaine où les allées d'importantes chapelles funéraires réunissant des familles entières, un peu comme à Lecce en Italie, voisinent avec des murs creusés de cases à urnes funéraires.

panorama


Notre route de retour est vagabonde. Un petit tour à l'Ouest pour repérer de belles calanques où ancrer Logos, avec Vadella, Mori, Tarrida, un grand tour Nord-Est, de Santa Eulalia del « riu » (considérant l'absence de rivières sur Ibiza, c'est un titre de gloire) à la Cala San Vicente.

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Les villages traversés ne sont remarquables que par leurs églises fortifiées, blanchies à la chaux, dont celle de San Carles avec son chemin de croix sculpté sur bois, San Josep et son parement intérieur d'azurelos bleus et blancs.
La maladresse d'un apiculteur armé d'un enfumoir a, l'an passé, enflammé la pinède de la côté Nord-Ouest, réduisant de beaux pins à l'état de troncs calcinés. Nous pouvons imaginer la frayeur des habitations éparses qui semblent, miraculeusement, avoir été épargnées.

pub


Si ce n'étaient, dans les villes, tous ces placards publicitaires pour boîtes de nuits à l'intention de ces hordes de jeunes « Clubbers » débarqués par charters pour passer une semaine « blanche », nous en aurions presque oublié qu'Ibiza, l'Ibosim (du nom du dieu des jeux, le grotesque Bès) ainsi nommée par les Carthaginois, est le royaume des fêtes nocturnes et peut s'enorgueillir de posséder la plus grande boite de nuit au monde, sur une surface de 40 000m2, pouvant accueillir 10.000 personnes, aujourd'hui appelée  « Le Privilège Ibiza » après avoir porté le nom plus ridicule de KU. David Guetta, notre DJ national, y sévit régulièrement, c'est peu dire !!!
Pour nous, elle apparaît comme une île verdoyante, dotée d'une côté colorée, très découpée en superbes calanques, aux habitants très accueillants et serviables.
Une journée au calme nous est bien nécessaire, après ce vagabondage et la rencontre du sympathique équipage de JULIE VI, voisins de pontons de nos amis de CERS à San Carlos de la Rapita, auxquels nous conseillons la visite routière d'Ibiza.

Mercredi 24 juillet 2013 : IBIZA, de Portinax à Cala Xarraca
« Petite croisière »

 

xarraca xarraca

Nous reprenons notre vie de nomades, de crique en crique, tout doux... 1,7MN parcourus pour simplement contourner la Punta Mares avec sa tour de défense, rappelant l'époque héroïque des nombreux envahisseurs. Deux mouillages s'offrent à nous, le premier sous les falaises, encore dans l'ombre, que nous délaissons, faute d'oursins, pour un second plus riant, près de la plage, dont l'animation restera très discrète. Dans les falaises, des grottes servent d'appui à de pittoresques garages à bateaux. Un bel îlot aux beaux fonds accidentés nous réserve notre provision d'oursins pour notre soirée. Nous les dégustons tout en admirant les « paddlers » sur leur Stand Up Paddle Board, apparemment le sport à la mode cette saison.

Jeudi 25 juillet 2013 : IBIZA, de Cala Xarraca à Cala Es Porcs
« Saut de puce »

Nous nous contentons de contourner la pointe de Xarraca pour aller partager, avec deux autres voiliers, une sorte de piscine privée, derrière un îlot rocheux, devant deux superbes propriétés dont l'une semble avoir utilisé une ancienne tour pour servir de base à la construction nouvelle...

xarraca

xarraca

Une élégance infinie et une intégration parfaite au paysage. Au raz de l'eau, à l'image des garages de pêcheurs, trois constructions abritent les embarcations de propriétaires, mais là, pas de rondins pour faire glisser la barque, c’est une crémaillère électrifiée qui permet la mise à l’eau d’une grosse vedette.

 

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L'eau est couleur lagon, les fonds sont irréguliers, la promenade au masque est un régal.

 

Vendredi 26 juillet 2013: de Cala Es Porcs à Cala Binerras
« Leçon de choses ! »

Presque 3MN, sous génois seul, pour gagner la Cala suivante, enserrée entre de hautes falaises et comme gardée par une tour et un gros rocher en forme de haut menhir de plus de 25 mètres, la roche Bernat.


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Plusieurs voiliers s'y balancent déjà, dont une belle goélette à l'annexe faite d'un vieux gréement et, surtout, JULIE VI qui nous a rejoint depuis Portinax. Patricia et Robert souhaitent être initiés dans le domaine des oursins... Malheureusement la côté est stérile et nous ne savons pas si, avec deux ou trois oursins, la leçon aura porté ses fruits.
Nous ferons plus ample connaissance en soirée, échangeant expériences et souvenirs de voyages, au son d'un groupe de musiciens de Djumbés se produisant sur la plage.

 

Samedi 27 et dimanche 28 juillet 2013 : IBIZA, de Cala Benirras à Cala Portixols
« Coupés du monde »

 

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Du tout moteur pour longer l'imposante Punta de sa Creu, faite toute d'une masse descendant droit dans la mer... endroit peu fréquentable par mauvais temps. Sous le Cap Rubio, une petite échancrure annonce l'entrée étroite dans un autre monde, un tout petit cirque cerné d'authentiques cabanes pour abriter les barques de pêche dont l'une d'entre elles est ancrée. Il ne s'agit vraisemblablement plus de pêcheurs en activité, mais d'heureux retraités, jouissant de leur petit paradis. Nous nous sentons un peu « étrangers », même la langue utilisée par les autochtones est incompréhensible... sans doute le dialecte eivissenc, bien loin de l'espagnol mais ce lieu semble si paisible.

portixol portixol

Nous y ancrons Logos, freinés dans ses mouvements par deux bouts à terre, à la turque, pour profiter de cette belle ambiance d'un ancrage hors du temps. Un tout petit voilier français, nous a rejoints, un ETAP 221 au nom et immatriculation bien bretons : AR VRAN d'Auray mais acheté dans les Ardennes et basé près de Triel sur Seine... tout un poème !

 

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Ti-Punch à bord d'AR VRAN et oursins à bord de LOGOS nous permettent de faire plus ample connaissance de Véronique et Alain, qui, avec gentillesse, semblent vouloir oublier les années qui nous séparent. Sur terre et dans l'eau, ce ne sont qu'échanges joyeux entre famille et amis… Au point que nous en avions oublié les méfaits du vent qui peut se révéler hargneux, surtout lorsqu'une montagne lui offre ses flancs et devenir catabatique pour déferler vers la mer et s’abattre sur nous.
Si Logos résiste vaillamment la première nuit aux 31 ND, avec son ancre et ses bouts à terre bien arrimés et balisés par des pare-battages, la deuxième nuit lui sera fatale, un bout à terre ayant été sectionné aux 2/3, sous l’eau, par l’hélice de l'annexe d'un autre voilier.

accident


Il nous faut donc, à plus de deux heures du matin, récupérer l’annexe de l’autre côté de l’éperon rocheux contre lequel elle nous plaque, relever l'ancre en abandonnant nos amarres pour aller chercher refuge dans la vaste baie de San Miguel... frisson garanti !!! La nuit, tous les chats sont gris.... que dire des rochers qui barrent l’entrée du mouillage alors que l’éclairage des mâts des voiliers au mouillage est bien dans l’axe ! Soulagement lorsque nous sommes à nouveau mouillés derrière d'autres voiliers... Même le tintamarre d'un Catamaran boite de nuit ne troublera pas notre sommeil. Nous aviserons demain pour récupérer nos chaînes et amarres.

 

Du lundi 29 juillet au mercredi 31 juillet 2013: IBIZA, de San Miguel, via Portixols à San Antonio de Portmany
« Longue pause appréciée »

Nous ne nous attardons pas et, dès notre réveil, regagnons la cala Portixols où, avec l'aide précieuse d'Alain, nous récupérons notre attirail, mouillages et pare battages. Pas question de nous éterniser, il nous faut gagner l'abri du port de San Antonio, distant de 10MN. La mer est très agitée, déserte, les calanques sont vides, Perkins ronronne.
Dans la très vaste rade de San Antonio, de nombreux bateaux sont déjà mouillés, dont JULIE VI. Patricia et Robert avouent eux aussi avoir passé une mauvaise nuit, de nombreux bateaux ancrés ayant dérapé sous le vent et, sur les conseils de Jean-Claude de CERS, nous invitent à nous rapprocher de la côte, juste devant un beau moulin qui, dans ce décor un peu bétonné, donne un petit air d'authenticité eivissenca.
JULIE VI vient s'ancrer près de nous, ce qui nous permettra de partager en soirée, un apéritif « au revoir », Patricia et Robert préférant rejoindre le havre de paix qu'est, pour eux, la marina de San Carles, impression partagée par Monique et Jean-Claude en ce mois de fréquentation accrue.

coucher soleilpat


Nous profitons d'un superbe coucher de soleil à l'entrée de la rade, moment de romantisme intense que ne viendront pas troubler les flonflons des chaudes nuits d'Ibiza, les boîtes de nuit étant dans des espaces clos... Antalya et son open night club ferait bien de s'en inspirer. Au petit jour, quelques mouvements d'annexes nous font penser que la fête est finie.
Nous découvrons avec plaisir que Sant Antoni de Portmagny - soit le Portus Magnus des Romains - ainsi qualifié pour sa taille est aussi, de jour (au vu des bouteilles qui jonchent le sol tôt le matin, abandonnées, certaines encore pleines... la nuit c'est un autre monde), une plaisante station balnéaire dont le front de mer offre une vaste promenade arborée, agrémentée de jets d'eau.

oeuf

Une étrange statue « L'œuf de Christophe Colomb enfermant une caravelle » trône au milieu d'un rond point... cadeau d'un mécène en mal de gloire ? L'intérêt est douteux, mais comme point de rencontre, c'est facile.

 

san antonio sanantonio


Derrière les hauts immeubles du front de mer se cache la vieille ville, avec ses petites rues, son église fortifiée renfermant un superbe triptyque de la fin du XVIe siècle où Saint Jean Baptiste et Marie-Madeleine encadrent Saint Antoine Abad, soit le Grand.

 

sanantonio sanantonio sanantonio


Si les commerces proches de la mer sont dédiés aux touristes noctambules, ici, nous sommes au cœur d'une petite bourgade de province, avec un vrai boucher, une vraie mercière superbement achalandée et un petit marché de primeurs locales, tout pour contenter l'équipage de Logos, une fois le détour par le magasin du shipchandler effectué !!!
Les jeunes fêtards doivent encore dormir, permettant aux habitants de retrouver le calme de leur cité.

sanantonio sanantonio sanantonio


Nous profitons d'un plan d'eau serein pour faire une séance photos de certaines des impressionnantes unités mouillées ici. CANTABRIA INFINITA, superbe galion rouge qui semble garder l'entrée de la rade, ABLA, signifiant en turc, femme bien ronde, étrange trimaran directement sorti de Waterworld, amarré ici depuis plus de 30 années. La fin rapide d'un tour du monde projeté par son constructeur germanique, après, aussi, 30 années de travaux multiples pour sa construction en matériaux recyclés de carlingues d'avions. Le résultat est hallucinant, un peu cauchemardesque, mais fait la joie des badauds de la mer.

sanantonio

sanantonio

Le petit voilier BAR À VENTS retient aussi notre attention… mais seulement pour son nom évocateur.

 

Jeudi 1er août 2013 : de Sant Antoni de Portmagny à Playas des Comte, via Conejera

« Oursins contre Medusas !!! »

Nous devons procéder à quelques rangements avant de reprendre notre route. Il est toujours étonnant de constater cette propension à s'installer... Nous ne sommes pas les seuls à profiter de cette escale, personne ne semble pressé de lever l'ancre.
Pour nous, le temps des visites côtières est revenu.
Première escale dans l'île de Conejera, île déserte, recouverte d'une belle végétation de maquis. Un petit voilier, PINGUINO, profite aussi de ce beau paysage. Les oursins sont bien embusqués et bien protégés par Mesdames Medusas mais, après ces trois jours d'abstinence, la tentation est trop forte. Nous réussissons à déjouer leurs pièges et faire une belle provision.
Plusieurs embarcations nous ont rejoints, barcasses, petits moteurs, yachts mais, en soirée, le mouillage se vide par vagues... l'heure du thé... l’heure de la sangria. Nous ne sommes plus que deux téméraires, un peu inquiets du vent qui s'est réveillé et lève la houle dans le plan d'eau, jusqu'au moment où nous décidons, par sagesse et confort, de changer de crique et de rejoindre Playas des Comte, un mouillage entre terre et l'Îlot Bosc.

playa playa playa playa

 

Moins solitaire certes, avec quatre restaurants très fréquentés, mais dont l'architecture sans agressivité, de même que celle de style mauresque d'un village club de vacances proche, s'intègre bien dans le paysage.
Nous bénéficions même du son du groupe de percussions déjà entendu qui semble se produire tout le long de la côte et d'un coucher de soleil magique sur les îlots Blédas.

 

Vendredi 2 août 2013 : IBIZA, Playas des Comte

« Snorkling si ! Erissos no ! »

poissons

Quel réveil agréable, comme ancrés sur fond de sable dans un bel aquarium, tant les poissons sont nombreux. Tout est encore désert, les fêtards dorment encore. Pour nous, c'est le moment, avant les allers et venues des bateaux de touristes, d'aller rendre visite à ce petit îlot proche avec tout notre attirail de parfaits collecteurs... Avons nous été repérés ?
À peine le grappin mis à l'eau, de très aimables gardes côtes viennent nous informer que nous sommes dans une réserve naturelle protégée, englobant toutes les petites îles et îlots voisins... « Snorkling, si ! Erissos, no ! » Comment ont-ils su alors que nous sommes encore dans l’annexe ? De peur d'être trop tentés, nous nous contentons, pour la visite sous-marine, de nos palmes et masques. Effectivement bien cachés, de beaux oursins coulent des heures tranquilles !!!

Et dire qu'hier nous avons été contrevenants ! Cela ne ressemble pas à Pierre...

pain d'épices


Au cours de la journée, plage et baie se chargent. L'animation estivale demeure plaisante, de même que le « trafic maritime » dans ce chenal. Une première, nous essayons et réussisons à faire du pain d'épices... à la cocotte minute. Excellent !!!

 

Samedi 3 août  et dimanche 4 août 2013 : IBIZA, de Playas des comte à Cala Codolar

« Priorité à la belge »

Ce matin, grand désespoir sur les plages, les méduses sont venues pendant la nuit, en bon nombre et les baigneurs potentiels se tiennent debout sur le sable en regardant la mer avec dépit... pas question de trempette dans ce beau lagon, même au masque.
Le passage vers le large étant très peu profond, il nous faut contourner par le Nord l'île Conejera. Dès le cap franchi, c'est sous Génois que nous continuons notre route à travers ce bel archipel vers les Îles Bledas. Un très beau spectacle que ne vient pas troubler un voilier battant pavillon belge, ayant, lui, opté pour du tout moteur ! Surprise lorsque ce dernier ne dévie pas sa route à notre approche, ce qui oblige mon skipper à donner un coup de barre tribord pour l'éviter tout en qualifiant le barreur de noms d'oiseaux... Réponse du belge (désolée pour nos amis, il avait bien le pavillon mais aussi l’accent !) « Monsieur ! Je suis prioritaire, je viens de votre droite »... Dommage que nos routes aient été opposées, nous aurions eu plaisir à lui offrir une photocopie du code maritime !
À part ce malotru, nous nous régalons de la vue du superbe voilier SKORPIONE DI MARE, sous pavillon « Caïman Britannique », 28,8 mètres, tout aluminium, à louer 67 000 Euros la semaine... une bien belle unité.
Nous rejoignons la Cala Codolar qui, encaissée, bordée de hautes falaises en millefeuilles, mérite bien son appellation de calanque. De luxueuses villas blanches sur la crête font contraste avec la couleur ocre rouge de la pierre.
Nous avons la surprise de retrouver nos généreux voisins de Mahon, sur leur voilier MASNADA... Que leur « jamon » était bon ! Leur voilier ayant fait son plein de passagers, nous nous contenterons d'un rapide salut.

meduses meduses

meduses

Méduses, pas méduses... après la traque sous-marine au masque pour profiter de la mer, un nouveau jeu est inventé... faute de crevettes... chacun y va de son petit filet de plage pour piéger les méduses autour des bateaux. Qu'à cela ne tienne, nous aussi, nous avons notre filet... celui pour récupérer les bonites que nous désespérons de pêcher à la ligne.

meduses

Pierre se transforme en « tonton pêcheur » et capture plusieurs de ces charmantes demoiselles (charmantes pour leur élégance), qui finiront leur éphémère vie dans un vulgaire seau.

 

Lundi 5 et mardi 6 août 2013 : IBIZA, de Cala Codolar à Cala Vadella

« Une bouée providentielle »

Une belle promenade le long de la côté rocheuse, très accidentée, et un petit coup d'oeil à la superbe cala Moli, repérée de la route. Elle nous est refusée aujourd'hui, trop petite, avec de nombreuses bouées pour embarcations locales. Elle ne nous offrirait pas l'abri nécessaire pour le petit coup de vent annoncé.
La cala Vadella, plus profonde mais dont la surface de mouillage pour « voyageurs » a aussi été réduite par les bouées des locaux nous permet de jeter l'ancre. L'environnement est plaisant, avec une urbanisation raisonnable près de la plage.
Nous profitons des mouvements des embarcations moteur et des voiliers qui viennent mouiller non loin de nous... mais, bien entendu, soulèvent notre ancre à leur départ ! Une première fois, il nous faut reprendre notre mouillage, la seconde fois sera de trop, le vent ayant, comme prévu, forci, soulevant des vagues menaçantes. Nous n'avons plus confiance. Une bouée semble libre près de la paroi rocheuse. Nous tentons notre chance... Bingo ! Grâce à l'aide de deux plaisanciers espagnols nous nous retrouvons attachés à la bouée par l'avant, et tenus par une amarre à l'arrière - montage exceptionnel, intégré dans le mouillage pour mettre au bateau de rester face à la houle et au vent dominant. Chapeau !!! Une bouée providentielle dont nous allons, nous l'espérons, pouvoir bénéficier cette nuit, étant donné l'heure tardive. Effectivement, nulle revendication et, pour nous, une nuit paisible.
Nous avons plaisir à faire plus ample connaissance de l'un des plaisanciers, Fernando, sur son voilier ALBATROS avec sa compagne, Isabel, la Madrilène. Conversation tri-lingue... anglais, espagnol, français.

 

douche


Nous nous hasardons à faire un petit circuit côtier à bord de notre annexe, puis en palmes. Une plongée sera fatale au couteau de Pierre, disparu entre rochers et posidonies, malgré sa belle couleur jaune fluo. Il avait été acheté aux Baléares il y a douze ans. Il finira sa carrière dans leurs eaux, fossilisé. Il ne nous reste plus qu'à rendre visite au Club de plongée de la petite station touristique en bord de plage, espérant, peut-être, trouver un couteau en remplacement.
Des restaurants, un petit supermarché... Mais pas de couteau digne de ce nom et, pour moi, l'occasion de me « dessaler » à la douche de plage !

vadella vadella


Toujours pas de candidat officiel pour « notre bouée »... à notre grand soulagement, le vent qui a changé de direction lève des vagues qui viennent nous malmener à la proue et par effet de ressac, nous chahuter à la poupe. Nous ne craignons rien, mais quel inconfort... Dire qu'il existe de bons lits douillets qui ne bougent pas.

 

Mercredi 7 et jeudi 8 août 2013 : IBIZA, de Cala Vadella à Puerto Roig.

« Hola ! Hola ! »

La météo, peu engageante, nous incite, tout comme l'équipage d'ALBATROS, à rester bien amarrés en attendant que le vent se calme. Nous faisons face à l'inconfort. Nous sommes soudain tirés de notre sieste réparatrice par de sonores « Hola ! Hola! » et des gestes éloquents montrant que nous avons affaire au propriétaire de la bouée. Seule solution, libérer Logos de ses sangles et jeter l'ancre au milieu de la baie déserte, avec suffisamment de chaîne.
C'est alors que Fernando, ayant appris les mauvaises conditions de mer pour le lendemain nous propose de les accompagner jusqu'à une baie bien abritée plus au Sud.

 

cap


Il ne nous reste plus qu'à suivre ce First 285 dans la mer déjà très houleuse. Du tout moteur pour nos deux voiliers pour couvrir les 8MN, avant de trouver l'abri souhaité. Il nous faut emprunter le chenal peu profond entre l'îlot Vedranell et la côte, longer de hautes falaises désertes, doubler les imposants caps Jueu et Llentrisca pour, enfin, pénétrer dans la très vaste baie de Puerto Roig qui n'a de port que le fait qu'elle offre un superbe abri. De nombreux voiliers sont déjà au mouillage, certains à l'ancre, d'autres à la bouée. Pourquoi ne pas tenter notre chance une seconde fois et emprunter une bouée libre, plus sûre que les fonds de hautes posidonies qui retiennent si mal les ancres.
Logos commence à en prendre l'habitude et je me demande pourquoi nous ne nous déplaçons pas avec notre gueuse et notre bouée perso !
Le paysage est grandiose, avec ces hautes falaises de couleur Roig, c'est à dire rouge, creusées en leur base de petites cabanes, toujours ces fameux garages à bateaux qui, en cette saison, servent de résidence secondaire.
Près de nous un superbe vieux gréement noir bordé de blanc bénéficie aussi d'une bouée qu'il marque, en journée, de sa petite barque annexe, elle aussi noire bordée de blanc.

isabel isabel


Merci à Isabel et Fernando de nous avoir si gentiment pris sous leur protection. Les collations partagées à bord de nos deux bateaux nous permettent d'évoquer nos voyages réciproques, les difficultés de l'Espagne où le taux de chômage dépasse les 20%.

bateaux bateaux bateaux


Une fois de plus, de superbes unités nous entourent dont DWINGER, voilier Alu de 50 mètres, à l'étrange gréement.

 

 

Vendredi 9 août 2013 : IBIZA, de Puerto Roïg, à Playas del Alga, via La Savina ( Formentera)

« Camping des flots bleus à Espalmador »

ALBATROS, dont la croisière va bientôt s'achever avec une traversée sur Dénia, prolonge son séjour. Nous décidons de profiter de vents plus favorables pour poursuivre notre route le long de la côté Est, après avoir fait un crochet par la capitale de Formentera pour gas-oil et avitaillement.
Grand-voile et Génois nous propulsent tout gentiment vers La Savina, petit port très fréquenté qui a des airs de ville d'Afrique du Nord avec ses bâtiments cubiques blancs, ses palmiers et l'eau turquoise de sa baie.
La pompe à gasoil, bien en vue à l'entrée est prise d'assaut, mais nous réussissons, en dépit de l'important trafic, à atteindre celle en fond de darse. Le plein est fait, sans doute le dernier de la saison mais pas question de remplir le réservoir d'eau... Tant pis, nous économiserons !
Le mouillage à l'entrée du port nous permet, en soirée, d'aller faire quelques achats mais, en attendant ce moment, quel charivari à chaque passage de bateau : navettes qui se succèdent entre le port d'Eivissa et La Savina, vedettes et yachts de toutes tailles, pressés de gagner l'un où l'autre. Les « pétroliers » doivent se frotter les mains !

formentera formentera


Nous apprécions notre promenade en ville. Pierre trouvera même un beau couteau tout neuf... Messieurs les oursins, attention ! Cet homme est dangereux !

espalmador espalmador espalmador espalmador espalmador espalmador


Il ne peut être question de séjourner de ce côté de la longue langue de sable qui compose le site si réputé d'Espalmador et pourtant, que de beau monde nous aurions côtoyé... le tout Yachtville... avec des yachts les uns à côté des autres, comme les caravanes au Camping des Flots Bleus. Étrange monde du « paraître » ! Misère ! Misère !


De l'autre côté, une fois passé le chenal, c'est le grand calme côté voisinage... Ce n'est pas là qu'il faut être vu ! Mais, une fois de plus, Logos est un peu balancé par la houle de l'Est et les vagues soulevées par les petits moteurs qui rentrent au port. Rançon de ce mois d'août !

 

Samedi 10 et dimanche 11 août 2013 : IBIZA, de Playa DEL Alga à Cala Llonga

« Logos en java »

Sur une mer plate que rien ne vient remuer, Logos a trouvé moyen de faire la fête toute la nuit, profitant de la moindre vaguelette pour tanguer d'un bord à l'autre. Nous allons devoir sévir et trouver un moyen de l'entraver dans ses balancements.
Mais, avant, il convient pour notre repos de parvenir, à 10MN de là, à une cala encaissée qui, par chance, échappe peut-être à la houle.
Un vent favorable nous permet de sortir notre grande toile colorée, du tout doux qui nous fait parvenir à une belle échancrure dans la côte rocheuse, la Cala Llonga, urbanisée vacances en fond de plage, mais aux belles parois rocheuses à l'entrée.
La densité des candidats au mouillage autour de nous augmentant, Pierre renoue avec le système oringuage avec bouée... Pourvu que personne ne la prenne pour une bouée d'amarrage !!!

oursins oursins ooursins


Nous découvrons de très beaux rochers sous-marins, recouverts de superbes algues « pompons de fourrure » de couleur crème, brune ou rouge, belles cachettes pour de malins oursins.

 

antiroulis


Notre système anti-roulis prend forme, vaste cylindre fait d'une bâche cousue par les mains expertes de Pierre. Suspendue à l'arrière, et remplie d'eau, son poids limite l'amplitude des oscillations du bateau... à peauffiner cet hiver mais un plan s’élabore déjà, à l’aide de notre prototype !

 

Lundi 12 août 2013 : IBIZA, de Cala Llonga à Cala Jonch, via Santa Eulalia

« Tagomago, île privée pour Jet-set »

La montre de Pierre s'est arrêtée et nécessite, pour changement de pile, un arrêt au mouillage du petit port de Santa -Eulalia, déjà visité en voiture. Combien l'approche par mer se révèle différente et nous permet d'apprécier cette petite station blanche dominée par son église fortifiée. Le mouillage est paradisiaque de couleur, mais tout aussi rouleur. La marina est très chic, un bel environnement et la ville est plaisante. Les commerçants sont affables. Tout pour avoir envie de rester. Un voisin de mouillage vient de nous dire que nous aurions eu à payer 185€ pour une nuit et 96€ pour seulement 4 heures de recharge de batteries si tant est que nous ayons pu trouver une place de libre… Il vaut mieux être autonomes !!!

 

eulalia eulalia eulalia

 

Une fois la pile changée mais sans avoir fait provision d'eau de mer, vendues en bouteilles bien habillées, dans un salon de beauté, nous ne pouvons nous attarder et gagnons l'île de Tagomago, sombre rocher couvert de végétation où se cache une résidence somptueuse avec grande piscine, que l'on peut louer, à condition d'avoir un hélicoptère pour l'atteindre !!! Encore une image de la démesure et de l'étrange partage des richesses. Une importante cascade coule le long de la falaise, vision surprenante en ces lieux désertiques... trop plein de la piscine, reflux de la déssalinisation de l'eau de mer ?

 

tagomago


Sous Génois, nous atteignons la Cala Jonch, vaste plan d'eau désert mais dont les hauts fonds repoussent les possibilités de mouillage près d'une haute voûte rocheuse dont la visite fait la joie de deux petits enfants d'un bateau à moteur voisin... sinistre écho assuré... solitude aussi en soirée.

 

Mardi 13 août 2013: IBIZA, de la Cala Jonch à la Cala Del Escullet

« Entravé, mais en goguette quand même ! »

 

Quelques bricolages à bord avant de prendre la direction de la Cala Vicente, espérant un trouver un abri hors roulis... déception, la zone de mouillage a été singulièrement réduite et, une fois de plus, la houle d'Est y sévit.
Nous poursuivons donc notre route jusqu'à une très belle anse, derrière la pointe de l'Escullet, une sorte d'arène cernée de gradins de roches ocres, abritée derrière un archipel de rochers plats, Las Hormigas (les fourmis).
Le paysage est magnifique avec, à l'horizon, le phare de la pointe de Muscarte, admiré à notre arrivée sur Ibiza.
Seules quelques embarcations moteur se sont ancrées près de la côte. Les fonds sont beaux, accidentés.

escullet


Une fois de plus, grande solitude du soir. Seuls les cormorans veillent encore sur leur rocher. Tout aurait été idyllique si cette fameuse houle d'Est n'avait pas, contre toute attente, réussi à franchir la barrière des Hormigas. Ballasts en poupe et proue, entrave de l'arrière vers la chaîne d'ancre. Rien n'y fait. Logos a décidé de profiter de cette houle pour faire sa dernière fiesta ibicenque... Toutes les couchettes y passent, avant, milieu, arrière... aucune n’est confortable. Que la nuit, malgré la grande beauté du ciel étoilé, semble longue.

 

 

Mardi 13 août 2013 : IBIZA, de la Cala Jonch à la Cala Del Escullet
« Entravé, mais en goguette quand même ! »

Quelques bricolages à bord avant de prendre la direction de la Cala Vicente, espérant trouver un abri hors roulis... Déception, la zone de mouillage a été singulièrement réduite et, une fois de plus, la houle d'Est sévit.

escullet


Nous poursuivons donc notre route jusqu'à une très belle anse, derrière la pointe de l'Escullet, une sorte d'arène cernée de gradins de roches ocres, abritée derrière un archipel de rochers plats, Las Hormigas (les fourmis).
Le paysage est magnifique avec, à l'horizon, le phare de la pointe de Muscarte, admiré à notre arrivée sur Ibiza.
Seules quelques embarcations moteur se sont ancrées près de la côte. Les fonds sont beaux, accidentés.
Une fois de plus, grande solitude du soir. Seuls les cormorans veillent encore sur leur rocher. Tout aurait été idyllique si cette fameuse houle d'Est n'avait pas, contre toute attente, réussi à franchir la barrière des Hormigas. Ballast anti-roulis expérimentaux en poupe et proue, entrave de l'arrière vers la chaîne d'ancre. Rien n'y fait. Logos a décidé de profiter de cette houle pour faire sa dernière fiesta ibicenque... Toutes les couchettes y passent, avant, milieu, arrière... aucune n’est confortable. Que la nuit, malgré la grande beauté du ciel étoilé, semble longue.

 

Mercredi 14 août 2013 : IBIZA, de Cala del Escullet à Portinax
« Fin du tour de l'île d'Ibiza… »

Le moment de lever l'ancre est le bienvenu, malgré la beauté du site que nous recommandons seulement pour une courte escale. Direction Portinax, notre point d'arrivée, à 4 MN. La mer est encore très houleuse mais le Génois seul nous propulse gentiment. Nous n'avons nulle envie de rendre visite aux deux calas fréquentées il y a douze ans, pressés de trouver un peu de calme. La côte Nord, calcinée, a aussi triste allure depuis la mer. Seul, le phare de la pointe Mustarte donne une petite touche de gaité.
Qu'il est bon de se retrouver, au calme, dans cette baie familière après ce circuit de quelques 97 MN parcourus, sans nous presser, en 25 jours. Nous avons ici nos habitudes, certaines embarcations nous sont même familières - dont le petit yacht « GRUMPY BEAR » (s'agit-il du bateau ou du propriétaire ?).

charles charles


Près de nous vient s'ancrer une belle Minorquine battant pavillon hollandais au nom catalan d'ILUXION... illusion d'une apparente liberté, illusion d'une sérénité retrouvée. Nous apprendrons plus tard, de son actuel propriétaire, Charles, un charmant ex Saint-Maurien que nous aurions presque pu avoir comme élève, que ce nom est donné par un habitant de Mahon aux différents bateaux qu'il retape, avant de les vendre.
Nous aurons même le plaisir de visiter ILUXION, à l'intérieur cossu, avec ses boiseries acajou.

 

Du jeudi 15 au samedi 17 août 2013 : IBIZA, Portinatx
« Beignets de méduses ! »

En attendant le petit vent qui pourrait nous permettre de remonter sur Majorque, nous profitons de cette baie à l'ambiance très familiale, avec ces enfants, heureux d'être le centre de la cellule familiale. Ici, nul étalage de richesse ostentatoire.
De vilaines méduses s'invitent malheureusement à la fête, essentiellement dans la journée, nous permettant néanmoins quelques brasses, tôt le matin.
Ensuite, nouveau jeu... la pêche à la méduse, rendue très performante grâce à l'achat d'un petit filet plombé. Une véritable jouissance que de capturer ces urticantes bestioles pour, ensuite, les laisser « pourrir » dans un seau.

beignetsbeignets


Fort de ses lectures sur Internet, Pierre se risque même à expérimenter une recette... le beignet de méduses préalablement cuites au court-bouillon ! Pas très convaincue... Même par curiosité, semblable test m'a été impossible !!!

 

Du dimanche18 au mardi 20 août 2013 : d'IBIZA, Portinatx à MAJORQUE, Santa Ponsa
« My anchor is here ! »

Un petit près, tout doux, nous permet de parcourir confortablement les 52 MN qui séparent Ibiza de Majorque, voiles soutenues par le moteur au départ, puis du tout voiles pendant cinq heures avec des petites variantes de rythme. Nous ne sommes pas, comme d'autres voiliers, pressés. Nous savons où nous allons jeter l'ancre dans cette vaste baie abri.
À propos d'ancre, Pierre a fort bien adapté la phrase de la méthode Assimil... « My taylor is rich » en « My anchor is here ». Excellent résultat!
Cette baie pourrait être, comme parfois en Turquie, baptisée « Baie des Français », puisque nous réussissons à être en plus grand nombre que les allemands.

taiji


Nous faisons la connaissance de Florence et Jean-Marc sur leur voilier TAIJI, déjà familiers de LOGOS et de ses passagers par le site. Un petit problème d'inverseur sur leur voilier, a facilité « l'abordage » et les échanges amicaux mais, beaucoup plus surprenant, ils nous apprennent que leur ami « Philippe » sur VEGUINA III, également ancré devant Santa Ponsa a côtoyé LOGOS pendant la Route du Jasmin de l'année 1996, avec son ancien propriétaire.
LOGOS retrouve un peu de son passé que nous avions respecté en conservant sur ses flancs ce magnifique numéro 33 qui était le sien. Surprise et émotion de Philippe en montant à bord.

 

oeuf au plat


Nous avons déjà nos repères, nos commerçants, les braillards nocturnes sur la plage dont nous sommes fort judicieusement éloignés. Il ne nous reste plus qu'à nous laisser porter en attendant de reprendre la route. La présence de quelques méduses, dont une magnifique « Cotylorhiza tuberculata » ou moins scientifique « méduse œuf au plat », ralentit nos ardeurs aquatiques.

 

Mercredi 21 août 2013 : MAJORQUE, de Santa Ponsa à Cala Egos
« Mouillage turc, à l' espagnole »

Une courte étape de 7MN le long des hautes falaises. 20 minutes de plaisir, notre génois gonflé et puis l’angle se referme de plus en plus sous l'influence du cap et nous oblige à remplacer Gégéne par Pépère Perkins.
La Cala Egos est toujours aussi attrayante avec ses eaux émeraude entourées de falaises mais, combien le taux de fréquentation s'est accru depuis notre venue début juillet.
Nous sommes bien en pleine période estivale et il nous faut surveiller notre bouée de peur qu'une embarcation ne la prenne pour une bouée de mouillage.

gullet


Proche de nous, une belle « gullet » verte du nom de SAMSARA, nous rappelle ces beaux voiliers si souvent côtoyés en Turquie. Mais que nous sommes loin du professionnalisme des « Patrons » turcs en matière de mouillage assurant une grande longueur de chaîne. Ici, c'est un mouillage très court, à « l'Espagnole », comme s'il ne devait jamais y avoir de coup de vent. Fort heureusement, ils ont la bonne idée de lever l'ancre, nous restituant ainsi un espace vital « raisonnable ».
La nuit est calme, mais un peu « balancée » par une houle qui réussit à contourner le cap.

 

Jeudi 22 août 2013 : MAJORQUE, de Cala Egos à Puerto Soller, via La Foradada
« Spi sorti… spi rentré… »

C'est avec beaucoup d'attention que nous passons le Freu de Dragonera, passage peu profond entre la côté de Majorque et l'île de la Dragonera, surtout en son extrémité Nord, resserrée par un îlot bordé de hauts fonds.

 

nav nav


L'absence de tout vent fait même échouer notre tentative de navigation sous Spi. Il ne nous reste plus qu'à nous laisser impressionner par ces imposantes falaises, ces à-pics vertigineux que seules quelques petites échancrures sorties de torrent viennent casser : Banyalbufar, Valdemossa.

foradada


C'est derrière un superbe cap perforé, haut de plus de 16 mètres, La Foradada, que nous espérons trouver un abri. Aujourd'hui, ce site prestigieux fait le plein de voiliers et d'embarcations moteur, sans compter les nombreux touristes que les bateaux de croisière apportent au restaurant « d'altitude ». Si un vent un peu perturbateur et générateur d'une houle à laquelle nous avons beaucoup de mal à nous accoutumer ne s’était pas levé, nous aurions pu patienter jusqu'au soir, tout comme l'a fait ce beau Sun Légende habillé de vert. Mais nous préférons assurer une nuit paisible et gagner la rade du port voisin de « Puerto Soller », au pied du majestueux Puig Major. La côte a pris les couleurs du soir qui mettent en relief formes et grottes creusées en ses flancs.

soller


Un long couloir entre deux falaises, bordé de trois phares, dont l'un hors service mais respecté pour son grand âge à franchir et nous sommes dans cette anse.
Beaucoup de bateaux ont déjà cherché refuge dans la rade, devant le petit port. Aussi, pour cette soirée, nous ne faisons pas les difficiles et profitons du calme offert. Nous aviserons demain selon les départs.

 

Du vendredi 23 au mardi 27 août 2013 : MAJORQUE, Puerto de Soller
« Lumières et Sons ! »

Nous apprécions l'atmosphère paisible de cette belle rade où, malgré la présence de deux plages, les embarcations ancrées ne sont jamais agressées, même par les professionnels du tourisme. Ici, tout le monde évolue au ralenti, comme influencé par l'ambiance qui règne dans cette petite station familiale.
Des casernes, apparemment désertées, et un haut quai témoignent d'une importante présence militaire dans le passé. Même les navires des Coast-guards en semblent absents.

corentin


CORENTIN III, le Sun Légende aperçu à la Foradada vient bientôt mouiller à proximité, après une nuit mouvementée... et c'est avec grand plaisir que nous faisons la connaissance de Cécile et René que nous n'aurions jamais dû rencontrer. Merci aux autorités algériennes et leur extrême réticence à leur accorder un visa qui ont obligé ces Nantais à modifier leur route vers les Baléares pour, ensuite, gagner la Méditerranée Orientale. Bien vite les langues se délient... Nous évoquons le Golfe du Morbihan qui fut leur terrain de jeu pendant de nombreuses années et prenons rendez-vous pour les Grandes Marées d'hiver.

callila


Un superbe Elan 436, battant pavillon italien, au nom tout aussi chantant de « CALLILA » semble aussi faire une douce pause. Surprise, lorsqu'en un français parfait, Véronique nous invite à partager un apéritif, puis un repas à bord. Si ce voilier a encore, pour une courte durée, un petit parfum d'Italie, ses nouveaux propriétaires, Christian et Véronique, sont bien français. Ils le convoient vers son nouveau port d'attache, sur la côte Sud de la France avant d'entreprendre un grand voyage, vers l'Ouest.
Ces derniers échanges de notre saison 2013 ont été si chaleureux que nous ne doutons pas qu'ils se prolongeront.

tram


Port de Soller, c'est aussi la base maritime d'une très pittoresque bourgade dans les terres, Soller que l'on gagne en empruntant un antique... mais très bien restauré tramway.

tram tramtram tram

tram


Trente minutes de pur plaisir, dans la campagne, entre les murs de jardins privés, presque à en collecter citrons ou oranges sur les arbres, s'il en restait…

corentin


Nous partageons cette belle excursion avec l'équipage de CORENTIN.

soller soller soller sollersoller

Nous sommes samedi, jour de grand marché à Soller mais, en ce 24 août, nous bénéficions aussi, par hasard, des festivités pour la Saint Bartolomée « Sant Bartomeu » (ne pas oublier que nous sommes en pays Catalan ). Soller a revêtu ses habits de fête, comme ces jeunes filles en costume traditionnel . Tout est prêt pour la fête, mais pourront-ils échapper aux menaces du ciel qui couvrent les sommets environnants de nuages sombres ?

pluie pluie


Effectivement, en soirée, le ciel se noircit, mais il nous faudra attendre le dimanche soir pour commencer à assister à un véritable « Feu d' artifice » qui s'amplifiera les deux jours suivants.
Par sagesse pour les batteries qui souffrent depuis plusieurs jours d'un manque de lumière sur les panneaux solaires et la perspective d'une proche traversée, nous décidons d'offrir à Logos... et à ses passagers de plus en plus malmenés par houle... deux nuits en marina.
Notre choix se porte sur le ponton flottant municipal, au budget raisonnable et nous apprécions le confort offert. Le « Lumières et Sons » s'intensifie... 12 000 éclairs recensés et plus de 50 litres d'eau au mètre carré dans la nuit du lundi au mardi sur Majorque !!!
Nos amis ont quitté le mouillage pour reprendre leur route avant que la Tramontane annoncée ne se déchaîne. Nous préparons notre traversée vers la côte espagnole, devançant aussi de quelques jours notre retour.

 

 

Mercredi 28 août 2013 : de MAJORQUE, Port de Soller, à Port Premià de Mar, CATALOGNE
« Feux verts dans la nuit »

Les gouttes de pluie qui tambourinent sur les hublots nous font devancer la sonnerie du réveil... le plus tôt est le mieux, nous avons plus de 100 MN à couvrir. Nous sommes presque aussi matinaux que les chalutiers qui, fort judicieusement, ont décidé de sortir un quart d’heure avant nous et « chaluter » du côté du Cap opposé à notre direction. Il fait encore nuit noire et nous devons faire confiance aux instruments... compas au 350... C'est parti ! mais un peu bousculés par la houle, malgré l'assistance de la Grand-Voile.

 

ciel ciel ciel


En cette saison, le jour tarde à poindre. Ce n'est que vers 7 heures du matin qu'il nous est possible d'éteindre les feux de route et naviguer en « mixte », voiles et moteur, faute d'un vent porteur. Nous sommes SEULS en mer, mais la perspective de nous diriger vers un ciel plus clair, en laissant le noir derrière nous, est encourageante.
Peu à peu, le vent se renforce de Grand Largue à Largue, nous permettant de progresser sous voiles pendant 9 bonnes heures. Au large de Barcelone, la pétole s’est installée mais l’orage auquel nous croyons échapper nous rattrappe. Nous remettons les voiles sous une pluie battante qui se charge de les rincer. LOGOS semble apprécier et file ses 7 à 8 Nœuds. Que d’eau ! Que d’eau !, Certes, cette vitesse a écourté notre navigation mais pas au point de nous permettre d'arriver « de jour ».


Au grand néant de la mer, sans limite, succède la vision de la côte espagnole dans la brume, puis d'un très long ruban de lumières... Il est 21h30, il nous faut commencer à essayer de repérer notre marina de destination... Que de feux rouges ou verts discernés à la jumelle... jusqu'à ce que nous comprenions  qu’il s’agit des feux de signalisation de la voie ferrée reliant Barcelone à Cerbère et que leur clignotement est dû au passage des trains devant eux. Mais où sont les feux d’entrée de la marina ? Notre soulagement est grand lorsque nous apercevons une forêt de mâts à notre tribord, un peu plus noirs que le ciel de la nuit, puis le tout faiblard feu vert clignotant espéré, perché sur le haut brise-lame.
Il est 22 heures, une lampe électrique s’agite, Vicente est là pour prendre nos amarres au ponton d’accueil. LOGOS a rejoint son nouveau port d'attache.

 

Du jeudi 24 au jeudi 8 septembre 2013 : CATALOGNE, Port de Premià de Mar près de Barcelone
« Pantalan Echo »

LOGOS bien amarré, sa pendille renforcée, il ne nous reste plus qu'à procéder aux rangements habituels avant un long endormissement : descente du Génois, rangement de l'annexe, nettoyage - entretien du moteur et tous les petits travaux ménagers communs à la gestion d'une maison. Il nous faut cependant nous approprier ce nouveau cadre, trouver nos marques dans cette vaste marina qui semble un peu assoupie sans l'animation de commerces ou d'artisans installés dans des infrastructures pourtant prévues à cet effet. Notre ponton semble le plus animé, mais les Catalans sont si discrets que les échanges sont réduits... Heureusement pour nous, converser en espagnol nous est très difficile, nous arrivons tout juste à comprendre ce qui se dit mais, en Catalan, c'est insurmontable bien que cette langue se rapproche de l’italien ou, surtout, de la langue d’Oc.

vicente

Il y a Vicente, un peu l'homme à tout faire de la marina qui vit sur son voilier, Ramon, un artisan naval pour l'électronique et l'électricité qui retape un beau catamaran tout rouge pour en faire son bureau, conformément à la loi qui stipule que tout artisan doit avoir son bureau dans le port. En fait, les locaux construits sont en l'état brut, à louer, avec charge au commerçant de les faire aménager... opération onéreuse et hasardeuse.

restaurant

Pour l'instant, seulement un dépositaire d'annexes « Carribean » et un très bon restaurant bar à sushis ont pris ce risque.
Johann, le responsable de la marina est lui aussi très discret.


Nous apprécions le confort de notre voiture qui nous a sagement attendus près de la Capitainerie, le centre-ville étant très éloigné du secteur de la marina, plus proche d'un secteur résidentiel de l'autre côté de la voie ferrée et de la route nationale.

premia


Il semble que la ville ancienne, appelée « Vila Primiliana » concerne maintenant Premià de Dalt dont Premia de Mar serait une extension maritime, au tracé routier rectiligne, formant une sorte de damier avec de très nombreux croisements aux stops peu lisibles.
Deux axes sont très commerçants et offrent tout ce dont nous pouvons avoir besoin. Seule la recherche d'une laverie, espèce en voie de disparition, nécessite l'intervention d'une charmante catalane qui va jusqu'à nous accompagner et nous permet une fois encore d'apprécier la gentillesse des Catalans.
La « Nuit de la Sardana » ou nuit de la Sardane nous donne aussi l'occasion de constater, une fois de plus, l'attachement des Catalans à leur langue, à leur musique, à leurs traditions.

cobla

cobla


Sur la place de l'Ajuntament, lieu de rencontre typiquement catalan, bien ombragé de platanes, entre l' Hôtel de Ville et Église, une estrade a été dressée pour accueillir deux groupes de musiciens ou Coblas mettant à l'honneur les instruments typiques que sont le « Fabiol » ou flûte courte que l'on tient d'une seule main, le petit tambour de l’autre ; la « Gralla » ou sorte de hautbois, tout comme au Moyen Âge.

pas de danse
La musique commence et, peu à peu, des rondes se forment, les bras se lèvent, les pas se font aériens, les espadrilles effleurent à peine le sol.

sardane sardanesardane

 


Ainsi une partie de la nuit. Chacun se laisse porter par cette musique qui vient de ses racines, jeunes comme plus âgés qui en oublient pour un temps les vieilles douleurs.
Nous n'osons pas nous mêler à ces rondes si bien codifiées, nous contentant de prendre une leçon des yeux mais participons volontiers à la Botifarrada ou collation traditionnelle à base de saucisses bien cuites au barbecue par des bénévoles.

jordi


Nous ne pouvons-nous empêcher d'avoir une pensée pour celui qui a su si bien nous faire aimer la Catalogne, l'âme Catalane et nous familiariser avec la musique de cette langue, notre regretté vieil ami chanteur, Jordi Barre. Il a si bien œuvré toute sa vie pour la préservation de cette culture et sa transmission que les roussillonnais tarderont à l’oublier.

 

nuit


Notre saison maritime se termine. LOGOS va s'endormir après avoir parcouru 1398 MN depuis Crotone et permis de belles rencontres à ses passagers.
Il est redevenu Catalan après 12 années d'absence et quelques 15 000 MN couverts en Méditerranée.

 

route

nous

 

Si vous n'avez pas lu la première partie : vers Carnet de bord 2013 N°1, le début