Mise à jour : 2014

spi

___ Notre opinion sur la Grèce ___

 

 

Remarque préalable :
De même que pour la Croatie et la Turquie, ces constations ne concernent que notre expérience et nos escales. Chacun pourra apporter une contradiction qu’il justifiera normalement en fonction de sa sensibilité, de sa propre évaluation et des lieux qu’il aura fréquentés.


ATTENTION

Le parlement grec a fait passer, fin novembre 2013 une loi taxant tous les bateaux de plaisance "naviguant, à quai ou mouillés" dans les eaux grecques pour peu qu'ils mesurent plus
de 7m de long. Cette taxe est annuelle et prend effet le 1er janvier 2014.

Un bateau de 7 à 8m paierait ainsi 200 Euros, de 8 à 10m 300 Euros, de 10 à 12m 400 Euros et au-delà de 12m, ce sera 100 Euros par mètre (à partir du premier mètre) si c'est payé d'avance pour l'année, ou 10 Euros par mois et par mètre si le paiement est mensualisé.

Un bateau de 12,50m aura donc à débourser 1250 Euros pour un paiement soldé ou 125*12=1500 Euros si le paiement est mensualisé.

En cas de défaut de paiement, la somme due sera agrémentée d'une amende de 100% et le bateau sera bloqué jusqu'au règlement...

L'association française STW a décidé de se mobiliser elle aussi contre ce texte et j'invite les plaisanciers français à rejoindre l'une ou l'autre de ces associations pour tenter de le faire abroger ou invalider. Que ceux d'entre vous qui ne naviguent pas actuellement en Grèce ne se sentent pas pour autant à l'abri car il va presque de soi que si cette loi n'est pas contrée au niveau Européen, la tentation sera très forte pour de nombreux pays de la CE de la reprendre à leur compte.

Aux dernières nouvelles (avril 2014), le décret d'application n'a pas été signé et la taxe ne serait pas appliquée... (à suivre...)

 

EN PRÉAMBULE

Notre jugement est basé sur le fait que, en parcourant la Méditerranée, nous avons considéré la Grèce comme une étape incontournable dans notre périple. Nous l’avons abordée du 19 août au 24 septembre 2002, puis pendant une petite partie de la saison 2003. En 2004, nous avons décidé de consacrer le mois de mai et le mois de juin à parcourir les Cyclades... En 2006, nous parcourons le Nord de l'Égée en visitant les Sporades. En 2007, nous avons visité la Crète avant de remonter vers la Turquie par Santorin, Ios, les Petites Cyclades et Levitha.
Les zones fréquentées correspondent essentiellement aux îles Ioniennes, le Golfe de Corinthe, le Golfe Saronique avec Égine ensuite l’Est de la Mer Égée avec Khios, Samos, Patmos, Symi et Rhodes, le Nord Égée avec les Sporades puis la Crète. En 2009, quelques incursions grecques et, en 2011 une fréquentation assidue (Cylades, Péloponnèse, Ioniennes). En 2012, de nouveau dans les ioniennes.

En été, nous préférons les mouillages forains aux marinas et, dans les îles Ioniennes, nous n’avons pas été déçus. Une multitude de criques aussi paradisiaques les unes que les autres se sont offertes à nous. Les marinas sont, du reste, assez rares. Mais de très jolis petits ports offrent des quais gratuits (si on ne se présente pas chez les Coast Guards, sinon il vous en coûtera 5 ou 6 Euros par nuit et la présentation d'une attestation d'assurance un peu spéciale (voir ci-dessous). Les quais ont été le plus souvent financés grâce à nos deniers, par l’intermédiaire de la Communauté Européenne (mais ils sont loin d’être très sûrs en cas de coups de vent). Quelle que soit la zone visitée on peut noter : pas de services offerts, électricité et eau très rarement, pas de pendilles, ports réservés aux pêcheurs. Très peu de places pour les bateaux et, dans les Ioniennes, beaucoup de bateaux de location. Pourquoi les grosses sociétés de louages ne participent-elles pas à l'aménagement des infrastructures portuaires ? Mais, en 2009 puis en 2011, il nous faut revoir nos options. Quand on louvoie entre les îles grecques et la Turquie, les tarifs des marinas en Turquie sont si élevés qu'il vaut mieux souffrir d'inconfort en Grèce que de dépenser des fortunes pour avitailler, d'autant que leur rééducation des zygomatiques est aboutie et les commerçants très souriants et efficaces.

* L’aspect culturel réduit offert par les îles Ioniennes ne justifie pas à lui seul un séjour prolongé. Réserver à cette région la période estivale pour profiter essentiellement de la côte. Par contre le Golfe de Corinthe et les îles du golfe Saronique offrent l’accès à des sites exceptionnels.

* Pour ceux qui louent sur place, la Grèce ionienne semble être aussi un bon choix. Dépaysement, eaux chaudes, criques, petits ports, bonne ambiance, vents assez réguliers, météo moins instable que dans les autres zones (Adriatique ou Égée) et peu de longs parcours de liaison entre les escales.

* En ce qui concerne les Cyclades, à l'exception de Milos qui est une île naturellement riche et de Santorin au site extraordinairement beau, les Cyclades se sont constituées une réputation touristique à coups de badigeons blancs et bleus. Pour le reste, nous restons sur notre faim. Peu de criques dans les zones non exposées aux vents dominants, accueils portuaires souvent dangereux et réduits.

Le Dodécanèse et les Sporades Nord et Est sont très agréables à fréquenter tant au point de vue paysages que de l’accueil.

Le Péloponnèse Sud, si on échappe aux vents dominants, offre de très agréables escales, peu fréquentées et de beaux paysages.

* Quant au budget, la Grèce reste encore abordable.

ACCUEIL ADMINISTRATIF


En 2011 : Depuis les Jeux Olympiques de 2004 et les remontrances de Bruxelles, l’ambiance de l’accueil des autorités a un peu changé. Les Cost Guards ont mis de l’eau dans leur Ouzo et les formalités sont inexistantes ou, chez des récalcitrants (Samos, Lesbos, Zante), réduites aux multiples tampons et inscriptions sur des carnets à souche et de gigantesques registres mais l’inquisition tend à disparaître. "D’où venez vous ? Où allez vous ?" Il suffit de nommer deux îles grecques et les questions cessent. Plus question de taxe d’entrée mais notre vieux (2003) et énorme Transit Log est souvent le bienvenu, même en 2009 pour y apposer les tampons d’entrée et de sortie. Mais attention, en 2012 l'ambiance change et les tracasseries reprennent (à Preveza et Levkas tout au moins) :

En 2012 : Daniel et Monique sur "IZARRA" nous ont raconté (preuves à l'appui) leur journée de tracasseries à Preveza :
Ils ont apponté au quai de ville et les Coast Guards en ont profité pour leur demander de passer au bureau. Ils ont présenté tous les papiers du bateau, y compris l'assurance traduite en anglais et là, stupeur, il manquait un additif. L'attestation d'assurance doit obligatoirement faire mention d'une loi qui date de 1999 avec ces trois points :

Greek Law statute N° 2743/1999
A. For loss, injury, and death of passengers and third: 300.000€
B. For property damage of passengers and third: 150.000€
C. For sea pollution resulting from an accident: 90.000€

Ils n’ont pas pu partir tant que la compagnie ne leur a pas fait parvenir le papier conforme. Amis qui naviguez dans les eaux grecques, voyez avec votre courtier d'assurance… ou utilisez Photoshop.
Il doit s'agir d'un excès lamentable de zèle de la part d'un cheffayon hostile aux  bateaux européens mais il n'est pas impossible que cette aventure ne se reproduise dans d'autres ports.Et la même histoire est arrivée à un autre bateau, au mois de mai à Levkas avec, là, interdiction de quitter le bureau sans avoir réceptionné un fax du courtier (sans utiliser le téléphone des coastguards), lequel courtier ne voulait rien savoir de cette affaire et ne voulait pas envoyer l'attestation corrigée. Il semble que certaines assurances tiennent compte de cette exigence, pas la nôtre. Par chance, nous n'avons pas fréquenté un quai de ville soumis à la vindicte des Coast guards mais prévenus, nous avons avisé.

En 2014... nous n'y serons pas mais nous attendons plus de renseignements concernant la taxe monstrueuse. N'hésitez pas à nous contacter pour nous renseigner.

LANGUE
La barrière de la langue est un handicap, d’autant que les grecs utilisent exclusivement leur alphabet qu’il faut décoder. Une préparation préalable au grec moderne est souhaitable. Les habitants sont, même maintenant dans les Cyclades !!!, très communicatifs et très souriants. L’anglais est très souvent pratiqué dans certains ports touristiques. Dans le Nord, il est préférable de savoir parler avec ses mains. L’italien est utile, plus rarement le français.

POSTE
Ouverture des bureaux de 7h30 à 14h
Acheminement assez rapide du courrier, quelque soit l’île (4 jours en moyenne mais il nous est arrivé de le voir voyager 10 jours et même de le perdre à cause de grèves à Athènes).

ALIMENTATION
Avitaillement minimal dans les magasins des petits ports.
Les grandes villes sont très bien achalandées.
La production agricole locale n’est pas chère et vendue à maturité.
Fruits et légumes abondants et excellents. Peu de fromages (Yaourts et Fêta).
Les boucheries sont peu achalandées. Présentation très grossière mais viande de bonne qualité et peu onéreuse.
Beaucoup de vins de bonne qualité, même en cubis ou Bag in Box
Dans les secteurs touristiques, beaucoup de tavernes dont la nourriture grecque est malheureusement adaptée au tourisme et réduite à sa plus simple et grasse et uniforme expression. Ailleurs nous avons très bien mangé.

NAVIGATION
En Mer Ionienne, Golfe de Corinthe et Golfe Saronique, très belles navigations dans un très joli cadre. Des plans d’eaux extraordinaires. De la voile sans difficulté. Mais s’il s’agit d’aller vers les Cyclades et le Dodécanèse la prise de risque est conséquente. C'est entre les îles du Dodécanèse et la Turquie que nous avons trouvé des conditions de navigation supportables, de bons abris n’échappant pourtant pas au Meltem (il est fréquent de devoir supporter 20 à 30 Nœuds dans les criques grecques). Le Meltem s’attaque aussi au Nord de la Mer Égée et il faut composer avec lui. Il vaut mieux aborder le Sud péloponnèse dans le sens Ouest Est mais l'autre sens ne nous a pas posé de gros problèmes.

MÉTÉO
Dans les Ioniennes, nous avons vécu une longue période très orageuse sans gros coups de vents. Il semble que ce soit un climat plus clément et beaucoup moins fantasque qu’en Mer Égée. En toutes zones, les microclimats provoqués par les reliefs et les couloirs entre les îles sont à prendre en considération. Le vent s’enroule autour de l’île. Si la navigation nous pousse à passer entre deux îles on constatera qu’il s’engouffre entre elles et se renforce dans l’axe du canal. Par temps calme, le vent peut néanmoins forcir rapidement dans les criques, au pied des montagnes, même dans les ports par effet catabatyque. Dans les Cyclades, toutes les prudences sont nécessaires si on veut affronter le Meltem.
Une météo grecque par Internet qui complète Poséidon http://www.meteo.gr/SailingMapF.asp est assez efficace et lisible, très facile à appréhender. Ne pas négliger une météo très précise destinée aux windsurfeurs: http://www.windguru.cz/int/index.php?sc=39075 ou Windfinder très lisible sur des spots locaux. ZYgrib reste assez fiable si on lui rajoute 10Nd en prévisions côtières.

ACCASTILLAGE ET RÉPARATIONS
En Ionienne : Corfou, Preveza, et Lefkas sont les ports les mieux lotis. Patras n’est pas loin non plus. Athènes reste la seule ressource vraiment valable. Sinon, se diriger si possible vers la Turquie (Bodrum ou Marmaris) pour obtenir les services souhaités. Par contre, pour des raisons douanières, si des pièces doivent être expédiées, il est préférable quelles soient envoyées en Grèce (Rhodes ou Symi).

GASOIL
Très cher. Livraisons possibles en mini camions citerne ou même en jerricans dans les petits ports.

EAU
Pas de gros problèmes, les quais à financement Europe, s’ils n’ont pas d’électricité, ont assez souvent un robinet disponible.

ÉLECTRICITÉ
Une denrée assez rare. Même si certains quais des petits ports ont des bornes électriques, elles ne sont pas raccordées. Être