Mise à jour : 2015
___ Les carnets de bord de Martine___

spi


Carnet de bord 2006

Deuxième partie

5 août 2006 SAMOS Pythagorion

« Feu d’artifice en l’honneur de Laurence »

 

samos samos samos

 

Nous avons appris par Harry de « La couronne de Marie » qu’une commémoration festive se préparait pour ce soir dans la baie du port pour célébrer la libération de Samos après la victoire de Mykali sur les Ottomans en 1824. Nous serons donc aux premières loges et ne pouvons que prolonger notre étape pour profiter du spectacle.
« Mahé est annoncé »… Une longue attente commence alors. Nous profitons de l’animation de Pythagorion et mettons le site à jour dans son efficace salle Internet.
Quelques coups de canon annoncent le début des festivités ou plutôt des hostilités, le bateau ennemi pavoisé étant l’objet des « tirs » grecs jusqu’à son embrasement total. Un spectacle qui aurait amusé nos petits.
C’est confortablement assis à l’avant de Logos que nous avons pu ensuite assister à un très beau feu d’artifice tiré de la digue, sans doute enviés par les nombreux badauds qui se pressaient sur le quai.

 

6 août 2006 de SAMOS à AGATHONISI «  Ormos Yeoryiou »
« Lever des couleurs »

 

Réveil en fanfare militaire avec lever du drapeau grec à quelques mètres de Logos.
Nous quittons Pythagorion pour gagner l’île d’Agathonisi sur notre chemin vers le sud.
Seulement 18 milles à parcourir, contre toute attente, par « vent du sud »… Un comble à une époque où M. Meltem s’en donne à cœur joie. Vent dans le nez = moteur avec, malgré tout, une tentative de voile pendant une heure… à 3N. Heureusement que nous n’étions pas pressés et avons ainsi pu longer tranquillement ce gros bloc massif et râpé pour jeter l’ancre dans un très beau mouillage au Sud, offrant trois belles criques. Un sympathique petit port aux maisons cubiques blanches a investi l’une d’elle mais semble offrir peu de place au passant.
Nous optons pour une très belle crique terminée par un amphithéâtre naturel de roches. Des murets attestent d’une occupation ancienne, mais tout est désert aujourd’hui, même la côte qui ne nous offre que peu d’oursins. Pour cause d’étroitesse, nous y resterons seuls, faisant l’envie des nombreux voiliers semblant avoir choisi cette baie comme étape de Kos à Samos. Désolés, nous étions les premiers !

 

7 août 2006 d’AGATHONISI à KALYMNOS
« Bienvenue Mahé !»

spi

 

8hI5. Nous quittons notre mouillage, 3 autres voiliers s’éloignent du port pour reprendre leur route, l’un d’entre eux se ravise en constatant que nous avons libéré « la place » ! Nous avons donc fait un heureux. Pour nous, une grande solitude commence dès que nous avons doublé une barque de pêcheurs relevant leur filet… Pendant 4 heures, rien en vue à 360° et une mer d’huile, un miroir magique confondu avec l’horizon… Il n’y a manqué que le spectacle des dauphins.
10h20. La sonnerie du téléphone attendue retentit, MAHE vient de naître. Il est 9h20 en France. Peut-être un futur marin ?
12 heures. Nous hissons le spi en l’honneur de ce nouveau petit bout d’homme !
12h30. Le vent forcit et le génois remplace sagement notre étendard à l’approche de Kalymnos.
13h20. Moteur pour profiter calmement de la côte et rendre visite à la petite baie de Vathi, simple échancrure dans la paroi rocheuse qui, vue de la terre, nous avait séduits lors de notre précédent passage en 2004.
Certes cette baie étroite est très pittoresque mais sa fréquentation anarchique à cette période de fort tourisme lui enlève beaucoup de charme. Nous irons donc au port de Kalymnos.
Le vent de face un peu nerveux agite la surface de la mer, deux petites barques se hâtent vers l’abri, même la grosse vedette des Coast-Guards semble pressée de regagner le port, au mépris de toute courtoisie vis-à-vis des navigateurs rencontrés… Sûrement l’heure de l’ouzo !
15h15. Entrée dans le très beau port de Kalymnos. La jetée inachevée et dangereuse est maintenant terminée, le quai d’accueil des voiliers est équipé de bornes eau et électricité. Que de progrès en 2 ans, seule la « marina » est tombée à l’eau...
La vue sur la ville dominée par de hautes montagnes arides est magique, un peu comme une ville d’Afrique du Nord. Couleurs, beauté des formes ravissent le regard.
Seule l’animation bruyante qui règne partout rappelle que nous ne sommes pas dans le seul domaine de l’art et de la contemplation. Une agression permanente des vespas, des motos, des autos qui déboulent de partout, pas un endroit pour flâner le nez au vent, toujours être sur le qui vive, prêts à se garer.
Donc une ville plus belle à contempler qu’à vivre.
Nous célébrons la naissance de Mahé avec foie gras et bon vin du Roussillon embarqués de France.

 

8 août 2006 KALYMNOS
« Dioxine sur Kalymnos ! »

 

Journée passée à essayer d’appréhender sereinement cette ville si prometteuse de l’extérieur et à comprendre comment un manque total de dynamisme peut empêcher de tirer parti d’un patrimoine prometteur. De belles maisons à l’architecture classique sont laissées à l’abandon, les commerces sont tristounets et n’offrent rien pour attirer le client, même pas un trottoir confortable où ce dernier puisse déambuler. Et que dire de cette immense fumée qui s’élève sans discontinuer sur la montagne, véhiculant des odeurs d’ordures au gré du vent, car il s’agit bien des ordures de la ville qui brûlent nuit et jour !!!
Dommage ce gâchis !

 

9 août 2006 de KALYMNOS à KOS
« Signaux apaches entre Kalymnos et Kos »

Au départ nous croisons le « Flying Dolphin ». Doit-on, après notre expérience de Skopélos, en déduire qu’il va faire beau !
Deux hautes fumées, l’une s’élevant de Kalymnos, l’autre de Kos semblent dialoguer entre elles comme des signaux apaches… un peu nauséabonds… Hé oui il s’agit des deux tas d’ordures !!! Désolés Messieurs les élus mais cela fait vraiment K.K. Vous n’avez pas encore été subventionnés par l’Europe pour remédier à cette pollution ?
Nous avons 17 milles à parcourir entre les îles avec Génois et Grand Voile. Du tout beau, même cette escadre de caïques qui s’avance vers nous ayant, eux, quitté Kos pour  Kalymnos.
Nous retrouvons la seule vraie marina grecque de toute la mer Egée, donc base importante des flottilles de location. Heureusement que nous sommes arrivés en début de semaine, dès le vendredi s’abstenir… il n’y a plus de place pour vous !!! Sympa !!!
La piscine prévue il y a trois ans est restée vaste terre-plein et le restera sûrement, la Wifi annoncée ne fonctionne pas et le standard vous interdit une connexion Internet filaire, l’officier du Port Police situé à 2 km de la marina attend votre visite !!! (il l’attend toujours). Mais à part cela, tout va très bien et l’accueil est sympathique.

kos kos kos kos

Faute d’avoir rencontré l’autobus, c’est à pied que nous allons retrouver les sites connus déjà appréciés : le platane d’Hippocrate, les ruines hellénistiques, romaines et ces ruelles pittoresques. Une influence ottomane se fait encore beaucoup sentir dans l’architecture.
Retour, toujours à pied, le long du front de mer avec une très agréable ambiance station balnéaire sillonnée par de nombreux vélos mis à la disposition des vacanciers.
L’île voisine « Nysiros », visitée en ferry en 2004 nous avait charmés. Pourquoi ne pas profiter de cette météo favorable pour y apponter Logos.

 

10 août 2006 de KOS à NYSIROS
« Les trous du souffleur. »

 palos

Pourquoi ne pas tenter le tout petit port de Palos dit peu profond mais plus fermé que le port principal « Mandraki » et moins sollicité par les remous des ferries. Une entrée étroite, moins de 3 mètres de profondeur mais un quai accueillant face à un adorable village. Trois voiliers, dont l’un en fin de vie… puis peu à peu, contre toute attente, le port se remplit. Nous qui nous attendions à être presque seuls. Ce sont les restaurateurs qui vont être contents !
Cette fois ci, nous sommes bien décidés à profiter de notre séduisant volcan « Stéphanos » (pour les intimes) sans dépendre d’un horaire de car d’excursion. Faute de voitures, toutes louées en cette période de grand pèlerinage au seul monastère encore en service de l’île, je me retrouve à mon « corps défendant » juchée derrière un beau scooter Piaggio « Liberty » et ce pour seulement 15€ avec la bonne humeur de la loueuse !

nisyros nisyros nisyros nisyros nisyros

Il n’est que 17h30… juste le temps d’aller voir notre volcan au coucher du soleil. 9 kilomètres sur une belle route sinueuse puis la descente dans la Caldeira d’explosion, zone de culture qui en cette saison a pris des couleurs de paille. Des vaches, sans vacher… regagnent sagement leur étable, se rangeant à notre passage. Une forte odeur de souffre nous rappelle que le volcan n’est qu’à quelques mètres de là.
Plus de touristes de masse à cette heure tardive… Seul un jeune couple partage le cratère avec nous. Magnifique ! Tout le loisir de nous attarder sur les multiples cristaux de souffre qui se forment dans les solfatares, trous d’où sortent de nombreuses fumerolles, vapeurs soufrées, et de sentir la vie gronder dans les entrailles de la terre… anxieux s’abstenir… le volcan ronfle encore comme s’il n’était qu’endormi. Pierre laissera même un genou de son blue-jean dans ce dernier, brûlé par l’acide sulfurique… un futur bermuda, mais quelles photographies !!!
Nous ne nous lassons pas de contempler les couleurs qu’offre ce cratère, une vraie palette de peintre magnifiée par les rayons du soleil couchant. Sur les hauteurs, une bourgade blanche domine le volcan. Nous reviendrons demain matin pour le lever du soleil.
Pali fait le plein… Voyageurs passez votre chemin, c’est complet !

11 août 2006 NYSIROS Pali
« Une lyre dans Stéphanos ! »

lyre

 Pas de temps à perdre, nos voisins dorment encore que nous avons déjà enfourché « Liberty » en direction de Stéphanos… Le soleil se lève vite. Route déserte, volcan désert et nous deux tous seuls dans le cratère, comme attirés par ce feu qui vit sous nos pieds… Un grand moment  et de nombreuses photographies.
La petite buvette est ouverte et nous permet l’achat d’un livret sur la formation de ce volcan qui commence à nous être familier. Le jeune patron joue de la « lyre crétoise ». Peut-être s’entraîne-t-il pour les festivités du 15 août ?

nisyros nisyros nisyros nisyros acide nisyros

En bordure de cratère, une piste nous invite à aller rendre visite à un ancien monastère aujourd’hui déserté. Quelques cahots, une vue splendide sur le volcan et au bout du chemin, un minuscule monastère dont la porte ouverte invite le passant à faire une petite prière dans la chapelle, plaisir rare à une époque où toutes les églises et chapelles sont fermées de peur des vandales.

monastere monastere scooter

Retour sur le bitume en direction de Nikia dont les maisons dominent la Caldeira et le cratère. Un village autrefois abandonné, ses habitants ayant émigré vers le Brésil, l’Australie et les Etats-Unis et qui voit peu à peu ses maisons retrouver de leur fraîcheur d’antan avec le retour soit des anciens émigrants à la retraite, soit de leurs descendants. Beaucoup de charme et de pittoresque. C’est dans le « jardin de curé » parmi les chapiteaux gréco-romains, mais surtout à l’ombre des orangers que nous dégustons notre pique-nique avant de nous rendre au village d’Emborio, lui aussi à flanc de montagne, dans l’espoir d’y boire notre café. Une magnifique terrasse avec vue sur le volcan nous accueille.

nykia

Ici beaucoup de ruines, une vie au ralenti et, malgré tout, des maisons à retaper à des prix prohibitifs. Certes « Stephanos » a beaucoup de charme et l’île de Nysiros exerce un attrait assez inexplicable, mais de là à faire retraite à Emborio !

nisyros nisyros


Les nombreux figuiers bordant notre route de retour nous permettent de chaparder une figue ou deux de ci, de là, jusqu’à un jeune figuier croulant sous les fruits… il est allégé aujourd’hui !
Nous restituons notre scooter à Mandraki, heureux d’avoir ainsi pu profiter de ce beau volcan et, en attendant le départ de notre car pour Pali, nous nous délectons du spectacle des voiliers qui appontent et des touristes débarqués des ferries.
Affluence à Pali : 16 voiliers dont de nombreux « locataires » italiens un peu en goguette.

 

12 août 2006 de NYSIROS à la COTE TURQUE « Kalaboshi »
« Attention à l’ancre de Logos ! »

Le port commence à clapoter, M. Meltem s’énerve un peu. Il est peut-être temps de partir avant de nous laisser piéger ici, tout vent du Nord un peu fort rendant la sortie périlleuse. 
« Felici » notre charmante voisine se déhale sans bruit… Logos AUSSI… mais voilà, l’un des voiliers italiens d’opérette a mouillé son ancre sur notre chaîne, malgré les avertissements de Pierre… non pas le voilier immédiatement sur bâbord mais le suivant… il faut le faire !!!
Peut-être qu’après avoir été obligé de sortir de sa couchette pour reprendre son mouillage libéré par Pierre, ce gentil monsieur y regardera à deux fois avant de jeter son ancre !
Par chance, le vent s’était un peu calmé pour nos manœuvres.
Conclusion : Pali est un petit port adorable, mais à éviter par vent du Nord et les fins de semaine en haute saison pour cause d’envahissement anarchique de certains « locataires ».

en mer



Quelques milles au moteur pour recharger nos batteries et « sentir » le vent. La mer est assez agitée et seul le génois suffira pour nous propulser à la vitesse de 7 N avec quelques beaux surfs vers la côte turque à 16 Milles de là.
Le vent est de plus en plus présent et nous fait craindre un mouillage incertain avec bout à terre, c’est pourquoi, aux belles falaises d’Echo Bay, nous préférerons la plage de Kalaboshi certes houleuse mais plus sûre.

13 août 2006 de KALABOSHI à DATÇA
« Rouli roula ! Houla là ! »

Aucune raison de s’attarder dans ce mouillage sans charme particulier, si ce n’est son roulis nocturne. Meltem s’est couché à 2 heures du matin, nous pouvons espérer une navigation tranquille jusqu’à Datça. Un peu de vent dans le nez au départ, puis le grand calme qui nous permet une plaisante baignade en haute mer. Un peu de toile, et puis tout à coup le réveil de Meltem. Il n’est que 11 heures du matin, une « nuit » bien courte pour ce monsieur : 22 N, 27N et le plaisir de l’entrée dans la baie abritée de Datça.
Avec beaucoup d’étonnement nous constatons que le quai de bois recouvrant le ballast dangereux est pratiquement vide. Logos est rapidement apponté à coté de « Gréta Garbo », accueilli par le skipper de « Tonic » qui, familier de notre site sait tout de nous, même notre goût prononcé pour les oursins !!!
Nous retrouvons avec beaucoup de plaisir Datça, petite « bourgade » un peu province turque avec une plaisante façade maritime.
De nombreux vacanciers turcs, mais pas la foule des grands jours aux terrasses des cafés.

datca

La Turquie paierait-elle les craintes générées par les événements ou l’image donnée par certains médias de ce pays ?
Dîner typiquement turc dans notre petite gargote, mais cette fois-ci pas de raki, nous devrons nous contenter d’un « Ayran » (yogourt liquide)… intégrisme grandissant ?

datca

Quelques flonflons tard dans la nuit, pour l’amusement de qui ? Nous avons appris que ces sonos tonitruantes expérimentées l’an passé à Antalya sont très à la mode à Istanbul et que des flots de décibels déchirent le ciel d’Istanbul depuis ces délicieuses terrasses de toit où il faisait bon s’asseoir pour simplement contempler cette ville mythique en rêvant.

 

14 août 2006 DATÇA
« Avec Nokta , ça gaze ! »

Grand calme dans le port, Gusty s’excite dans les haubans et freine les ardeurs des plaisanciers. Nous n’aurons donc pas à surveiller les jetés d’ancre autour de Logos, ses deux voisins « Greta Garbo » et « Carrick » n’ayant nulle envie de hisser les voiles.
Notre courrier nous attend à la poste comme prévu. À Saint Cyprien, notre copine « Caline » ne pressera plus sa patte sur nos pieds pour nous rappeler que nous devions la caresser.
Notre avitaillement habituel s’enrichit de belles figues et d’amandes fraîches. Un vrai régal. Un seul problème dans ce cadre pittoresque, notre détendeur de gaz donne de sérieux signes de faiblesse depuis plusieurs jours et est devenu dangereux. Pas de remplacement possible à Datça. Un seul recours… Nokta et l’efficacité de l’équipe. Détendeur commandé à 13 heures, livré à 18 heures par un Dolmus en provenance de Marmaris dans un beau paquet, et depuis « ça gaze ! » Merci Nokta !
Un immense Yacht « 0bssessions » battant pavillon caribéen est apponté, une bête « Who’s Who ? » nous ne le saurons jamais mais sa présence mettra un bémol à la sono dérangeante. Sans doute un personnage important !

 

15 août 2006 de DATÇA à GONLUCEK BUKU
« 2 ris pour une pétole ! 

gonlucek

9h30. En route pour 12 milles dans le très beau golfe d’Hisaronû. Le vent est déjà bien établi en sortie de baie et engage Pierre à prendre 2 ris dans la Grand voile. Logos file bon train, 7N, 8N sans croiser beaucoup de congénères, étrange dans cette baie d’ordinaire très prisée.
11h. Pétole, les voiles sont rangées, ce qui me permet d’admirer la côte en toute sérénité…
Une petite plage avec un unique palmier, un ravin dévalant la pente de la montagne : un bel ancrage pour Logos.

 

16 août 2006 de GONLUCEK à ARMAK BUKU
« La crique sans nom ! »

gonlucek chaussure

Une petite crique à l’ouest nous invite à une totale solitude, il n’y a de place que pour un bateau !
2 belles côtes rocheuses, type aquarium, pour la promenade et pour de belles photographies sous marines, avec des oursins épars et une belle plage riche en bois flotté, coquillages et chaussures variées… mais toujours unitaires, donc seulement utiles au photographe ou à un unijambiste.

 

17 août 2006  ARMAK BUKU
« 29,4°C! »

29,4

armak

armak

Armak buku, oasis au bord de la mer avec ses nombreux palmiers et la beauté de ses roches.
Quelques voiliers de flottille nous rejoindront seulement pour la journée, nous abandonnant ce cadre magnifique pour nous tout seuls en soirée. Nous ne serons pas vraiment seuls puisque 3 hobby-cats viendront « camper » à l’autre extrémité de la baie après nous avoir fait admirer leurs belles voiles. Un raid qui n’aurait sûrement pas déplu à Arthur, notre futur skipper bis.
La baignade est devenue un réel plaisir … 29,4°C, il nous a fallu attendre le 17 août pour ne pas « frissonner » en rentrant dans l’eau !
Le lieu semble propice, nous posons notre filet, endormi dans le coffre depuis notre pêche de l’an passé avec Arthur.

 

18 août 2006 ARMAK BUKU
« Des bigorneaux pour une bretonne belge ! »

Vite l’instant magique où on relève le filet, anxieux de connaître son contenu : quelques « capitaines » aux belles couleurs mais aussi aux dorsales agressives, des petits sars et de vilains « vers coquins » accrochés en grappe à nos prises. Un début, un bon barbecue.
Nous nous régalons toujours des paysages de cette baie, de ses oursins et bigorneaux… bigorneaux que nous partagerons avec l’équipage de « Citra » voilier belge, invités pour l’apéritif à leur bord.

19 août 2006 d’ARMAK BUKU à KECI BUKU
« D’élégantes ombrelles  ! »

orhanie

meduse

Tout est encore dans la brume, « Citra » en route pour Palamut, vient nous saluer avant de hisser les voiles.
Nous avons choisi de nous enfoncer plus profondément dans le golfe, en faisant du cabotage de crique en crique pour bien repérer les mouillages encore inexpérimentés.
Un premier détour par le fjord de Bençik trop fréquenté à notre goût, sans que cela soit vraiment justifié, seul un yacht a investi une niche à « retenir ».
Pas de possibilité de mouillage à « Monument Valley » où la seule place très abritée du vent dominant a été prise par une gület.
Nous voici donc partis pour Kéci Buku, sur la rive Sud, baie vantée par de nombreux navigateurs, mais qui ne nous avait pas enthousiasmés lors d’une courte visite il y a 3 ans.
À bâbord, Marti Marina avec de nombreux voiliers en attente de passagers, un îlot rocheux avec de pittoresques ruines byzantines à tribord. Le vent, un peu capricieux, nous obligera à reprendre deux fois notre mouillage pour bien nicher Logos, face à l’îlot, juste avant le haut fond qui interdit le passage entre ce dernier et la côte.
Le paysage est très différent de celui offert par la côte nord. De hautes montagnes un peu pelées par endroits cernent cette vaste baie, mais une atmosphère de sérénité se dégage.
Notre habituelle « traque » à l’oursin nous permet une agréable dégustation et surtout la découverte dans un creux de rocher d’une élégante « chose » ondulant doucement dans l’eau…Oui il s’agit bien d’une magnifique méduse, « Cotylorhiza tuberculata » appelée couramment, sans poésie , « Méduse œuf au plat » (merci à Alain pour ses recherches efficaces) à laquelle le photographe ne pourra pas résister… tant de beauté et de grâce… spectacle assez rare mais beaucoup moins charmant lorsque nous découvrirons ses nombreuses congénères ayant envahi toute la baie.
Cela ne nous empêchera pas de poser notre filet, Pierre ayant reconnu de beaux rougets et quelques loups.

 

20 août 2006 KECI BUKU
« Médusés par la pêche ! »

eponge

peche

Une belle surprise au réveil, les méduses dorment encore et le filet est bien plein : 5 loups dont 4 gros, 2 rougets, 1 grosse crevette, 2 gros bulots… Byzance !
Une visite un peu décevante à Marti Marina, si prisée… belle marina mais aux tarifs « croates »… 30 Euros par jour. Assurément pas le lieu où laisser Logos pour une petite virée terrestre !!! Et sûrement pas question de faire des infidélités à Yacht Marine.
La visite de la baie en annexe nous fait découvrir tout en fond de baie, près d’un long banc de sable immergé, un magnifique ponton de bois équipé de bornes eau et électricité appartenant au restaurant « Palmyie », appontement offert en l’échange d’un repas pris au restaurant sans restriction de durée… Une belle adresse à retenir.
Ces demoiselles s’en donnent à cœur joie sur le plan d’eau, au gré du vent et des courants. Un très beau spectacle mais qui refroidit nos envies de baignades. Nous attendrons un lieu plus favorable.

21 et 22 août 2006 de KECI BUKU à "MONUMENT VALLEY"
« Des cendres sur Logos ! »

Il nous parait difficile de quitter ce magnifique golfe d’Hisaronü sans faire une étape dans une de nos criques favorites parfois trop prisée par les gülets. Aujourd’hui, personne ! Nous pouvons donc nous ancrer à notre guise et profiter de ce paysage grandiose offert à notre seul regard jusqu’à la courte visite de quelques bateaux promenade, soucieux d’offrir à leurs passagers une belle baignade. Quelques oursins pour ne pas perdre le goût.

Deux journées paisibles mais dont l’un des couchants a pris une couleur de fumée attestant d’un feu assez proche dont les cendres étaient transportées par le vent.
Nous avons appris ultérieurement que plusieurs feux ravageurs avaient été « allumés » le long de la côte turque, détériorant des centaines d’hectares de forêt… actions terroristes ? Intervention de certains promoteurs déçus des prises de position du Ministère de l’Environnement qui a su créer des zones protégées et y arrêter toute construction hôtelière, même celles qui semblaient en voie d’achèvement ?

 

23 août 2006. YESILOVA KORFEZI « Juliette’s buku »
«Un p’tit sourire s’il vous plait ! »

 

Cette fois-ci nous n’allons pas ignorer ce golfe voisin de celui de Marmaris, vanté par nombre de nos amis.
Après le cap, une petite crique cachée derrière une barrière rocheuse masquant son entrée. C’est là que le skipper de « Juliette » rencontré à Datça nous a conseillé de faire un stop.

juliette

Une entrée étroite, un ravin, un haut piton et, à l’intérieur, une belle plage verdoyante où viennent s’abriter quelques barques de pêcheurs. Un petit caïque de particuliers « Merve V » est entrain de mouiller, avec, à son bord, Helmut et une dame que nous baptiserons « Kizil » en référence à sa chevelure rouge. Nous nous glissons donc entre lui et la plage, aidés dans notre amarrage par « Cenget » le pêcheur, trop heureux de nous rendre service pour pouvoir ensuite nous proposer un peu de sa pêche. Aucune déception, les gros rougets achetés pour un prix raisonnable ayant terminé en délicieux barbecue et la séance photo de Cenget et sa « Dudu » nous ayant valu œufs coque, « ada çai » ( thé des îles) et beau coquillage.
Nous assistons avec un petit sourire de contentement partagé avec Merve V à la déconvenue des gullets déçus de trouver la place prise !!!
Le site est très beau et la côté rocheuse se révèle être digne d’un bel aquarium.

 

24 août 2006 YESILOVA KORFEZI « Kizil Adasi »
« Un pêcheur manchot »

kizil

Au cours de notre remontée sur le petit port de Bozborun, une belle île, dite « île rouge » offre à notre regard une pittoresque crique aux eaux émeraude. Un petit bateau promenade est amarré. Pas beaucoup de fond, mais de la place pour deux… pas plus  et surtout pas pour un autre voilier ! Deux côtes rocheuses magnifiques, pléthore d’oursins au point que, pour la première fois, nous en avons laissés plus que ramassés….
Un pêcheur attire l’attention de Pierre… peut-être a-t-il du poisson à vendre ? Surprise, ce pêcheur à qui il manque la main droite lui rappelle un autre pêcheur rencontré quelque part en Turquie il y a 20 ans !

25 août 2006 BOZBURUN
« Hors du temps ! »

Le coquet petit port de Bozburun est quasi désert… fin de semaine ? Absence de touristes ?
Un appontement aisé le long d’un quai paysagé et fleuri. Quelques restaurants discrets, quelques commerces, rien de flashy ni d’ordinaire, un parfum d’authenticité que nous avons toujours plaisir à rencontrer.
Une belle étape à ne pas négliger.

 

26 août 2006 de BOZBURUN à SOGUT LIMANI
« C’est bien lui ! ».

Quelques barques de pêcheurs remontent vers le port que nous venons de quitter. Pierre croit reconnaître la barque du pêcheur manchot rencontré il y a deux jours. Il veut en avoir le cœur net. Demi tour, un morceau de papier pour recréer la situation d’il y a 20 ans… quelques gestes et le sourire du pêcheur qui se souvient des deux ancres enchevêtrées par un coup de vent nocturne facétieux et de la façon dont lui-même et son ami avaient libéré le voilier.
Pierre a sans doute perdu sa barbe et pris quelques « rides d’expression », le pêcheur a les traits plus marqués mais le moignon est toujours là !
Nous ne doutons pas que Salih Bédiret et son épouse Nériman n’ont pas manqué de sujet de conversation en rentrant au port. Sauront-ils jamais qu’ils sont à la une de notre site ?
C’est en louvoyant entre de nombreux petits îlots râpés où s’abritent quelques fish-farms que nous gagnons la baie de Sogut limani, baie pittoresque mais dont les eaux manquent de limpidité et les fonds très ternes.

 

27 août 2006 de SOGUT LIMANI à BOZUK BUKU
« Romains pollueurs ! »

Remontée tout au moteur le long d’une côte rocheuse n’offrant que des abris précaires, doublement des caps frontière entre la baie de Bozburun et celle de Marmaris avant de trouver refuge dans ce vaste plan d’eau presque fermé qui semble gardé par les remparts d’une ancienne citadelle ottomane. Un site très prisé par voiliers de location et les gülets car premier ou dernier spot avant Marmaris. De très jolis fonds tapissés de morceaux d’amphores, bouteilles et canettes romaines rejetées à l’eau par les marins romains peu soucieux d’écologie.
De nombreux baigneurs s’ébattent avec jubilation jusque tard dans la soirée.

28 août 2006 de BOZUK BUKU à SERCE LIMANI
« Prix inflationnistes ! »

Où est passée cette douce sérénité qui émanait de cette baie ?
Le plan d’eau est gris et fortement agité, refroidissant les ardeurs des baigneurs. Un vent d’Est un peu nerveux semble figer tout le monde sur place dans l’attente d’une accalmie.
Pour nous, seulement 4 milles à remonter, un îlot à contourner avant de pénétrer dans le fjord de Serce Limani où nous accueille Captain Némo en casquette (qu’est devenu son beau chapeau de bush-man ?)

C’est en compagnie de Luce et Raymond, sympathique équipage « canadien » à bord d’Ouki que nous dînerons à « Captain Nemo farm restaurant », tous quatre un peu déçus de constater qu’Assan pratique des prix très inflationnistes et risque ainsi de se priver rapidement de sa clientèle d’habitués.

 

29 et 30 août 2006 de SERCE LIMANI à GERBESE LIMANI
« Une fin de saison à la décrochez moi l’ancre »

Poursuite de notre remontée sous Spi… sans doute un très beau coup d’œil pour les nombreux bateaux qui vont et viennent dans le très fréquenté golfe de Marmaris…13 milles à regarder notre étendard osciller au gré du vent jusqu’à la crique dite « byzantine » pour les ruines de la chapelle qui la domine et les murs de l’ancien comptoir qui se dressent en bordure de plage.

De nombreux bateaux sont déjà ancrés mais il nous reste une petite place entre Iskas et Jadoray, deux voiliers français. La côte et les fonds sont pauvres, ce qui écourte ma baignade et incite Pierre à aller faire quelques photographies sous-marines de notre ancre et de cette du voisin. Tout va bien, notre ancre a bien croché et nous pouvons tout à loisir regarder plusieurs voiliers reprendre leur mouillage. L’un d’entre eux, un italien m’inquiète… Je ne sais pourquoi mais, depuis la coupe du monde, j’ai quelques réticences concernant le comportement des italiens !!! Et je te promène, et te repromène, l’ancre pendante, sans souci des mouillages voisins et ce qui devait arriver arriva… Le bateau était à deux mètres des rochers, notre ancre décrochée, alors que le vent du soir s’était levé… Changement de mouillage pour nous et colère de constater qu’alors que nous nous dépatouillions de nos bouts à terre, ce monsieur avait fini par tranquillement s’ancrer… Satisfaction ultérieure en le voyant quitter la crique, incapable d’assurer son mouillage !!!
Même topo le lendemain, mais cette fois-ci par la volontaire malveillance d’un gros bateau de touristes qui estimait que nous le gênions dans son amarrage. Loupé cette fois-ci, Pierre ayant repéré un corps mort au fond de l’eau ! C’est dur de défendre son bout de mer dans les secteurs touristiques !!!

Un pêcheur nous fera heureusement oublier nos petites mésaventures : cigale de mer et dorade coryphène au menu… Un repas que nous aurions eu plaisir à partager avec ceux que nous aimons.

 

31 août 2006 de Gerbekse Limani à Marmaris Yacht Marine
« 1375 milles parcourus »

 

Pas de voile pour cette dernière navigation d’une bonne saison. 1375 milles parcourus à la voile pour 30%... et, au bout du voyage ; les nombreux mâts de Yacht Marine où nous allons laisser Logos.

Ponton Charlie par mesure de faveur et, rapidement, les retrouvailles avec les « copains » (c’est un peu notre rentrée des classes à nous !). Une consommation accrue de Raki et vin blanc tout en racontant nos aventures. Même Edwige et Alain sont là, prêts à reprendre l’avion, une trop courte mais très agréable rencontre.
Peu à peu Logos prend des couleurs d’hivernage avant d’être lifté pour passer l’hiver au sec parmi les voiliers qui peu à peu envahissent le tarmac à côté d’imposants yachts.
Une belle saison de quatre mois s’achève mais continuera à vivre par les souvenirs et les belles photographies que nous allons pouvoir partager avec ceux que nous aimons.

Merci à tous ceux (par ordre alphabétique), allemands, anglais, canadiens, français, grecs, italiens, suisses, turcs,… qui ont contribué à rendre notre séjour agréable par une belle qualité d’accueil et de belles amitiés liées au hasard de nos mouillages.

 

Martine et Pierre

fin