Mise à jour : 2015
___ Les carnets de bord de Martine___

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Carnet de bord 2005

Dans l'Est Turquie

TROISIÈME PARTIE : du 27 juin au 15 août 2005


27 juin 2005 de GIRNE (Chypre) à BOGSAK (Turquie)

« Des tortues pour nous accueillir »

Voici le moment pour nous de quitter le sol chypriote et de retrouver la côte Est Turquie que nous ne connaissons pas encore.

Avec beaucoup de serviabilité, le directeur du port s’est rendu dans les bureaux de la douane pour faire viser nos papiers dès l’ouverture des bureaux. Il est 8h15, Girne s’éveille à peine lorsque Logos longe lentement les hauts remparts de la citadelle pour se retrouver en pleine mer, ballotté par cette houle spécifique de cette partie de la Méditerranée…

Encore beaucoup d’inconfort en perspective… 60 milles à parcourir avant de pouvoir nous laisser doucement bercer sur les flots. Seulement trois heures de voile sur 9h30 de navigation nous apporteront un peu de répit et c’est avec grand soulagement que nous ancrons Logos dans une vaste baie abritant un tout petit village révélé par le minaret de sa mosquée « Bogsak ».


Un vrai havre de paix, pas de flonflons, pas d’animations nautiques, seulement quelques baigneurs paisibles et le va et vient régulier des barques des pêcheurs se rendant à la ferme avicole voisine pour y travailler. La mer en ce lieu est désespérément vide, pas ou très peu de poissons, aucun oursin. Qu’importe, après tout ce que nous avons pu voir, nous ne songeons qu’à nous prélasser !

Mais quelle surprise lorsque nous apercevons, telles des périscopes, de petites têtes dressées au-dessus de l’eau… Eh oui ! Pas d’oursins mais des tortues « caretta » qui ont élu domicile dans cette baie. Elles prennent un malin plaisir à nous narguer et disparaître dès que nous voulons les photographier. Une expérience que nous n’avions pas encore vécue.

Après cette longue journée, l’appel du Muezzin dans la nuit marque l’heure du sommeil.

28 juin 2005 BOGSAK « Agalimani »

« Premier bain »

Une eau à 27°C… un premier bain très apprécié. Certes nous aurions aimé que les tortues nagent avec nous mais, prudentes, elles se tiennent toujours à une certaine distance et ce n’est qu’avec beaucoup de patience et des ruses de sioux que Pierre parviendra à en surprendre une.

« Facétieuse », notre annexe, bridée depuis si longtemps nous permet de faire connaissance avec Bogsak et ses habitants. Quelques cultivateurs, quelques pêcheurs, deux restaurateurs pour les clients du petit camping qui borde la plage.

Pas de tourisme flashy, rien que de l’authentique, du turc pure souche et, comme d’habitude, plein de bonne volonté et de serviabilité, deux qualités que nous apprécierons une nouvelle fois pour la récupération de notre courrier…

Jean, à notre demande, nous l’a expédié sur Mersin, port important où nous pensions aborder la Turquie, mais qui aurait nécessité une navigation beaucoup plus longue, distante par la route d’une centaine de kilomètres.

Résultat, non seulement nous avons appris que notre courrier était bien arrivé à Mersin mais aussi, que, dès le lendemain, il serait acheminé à la poste de la petite ville voisine, à ½ heure de « Dolmus » (prononcer Dolmouche), mini car à une dizaine de places, tout cela grâce à la gentillesse d’un des restaurateurs « Mustapha » assisté de l’un de ses clients parlant anglais. C’est à ce même restaurant devant un thé que, le lendemain nous avons dépouillé notre courrier… difficile de leur faire comprendre devant leurs regards effarés, qu’il ne s’agissait que du courrier d’un mois!!!

Pour les remercier, c’est par un beau mérou (espèce qui échappe encore heureusement à l’élevage intensif) que nous avons commencé notre croisière turque, en regardant Logos flirter gentiment avec les tortues.

29 juin 2005 BOGSAK « Agalimani »

« En Dolmus pour Tasucu »

Après avoir profité des joies du mouillage et surtout de baignades prolongées, c’est en Dolmus vert que nous nous rendons à Tasucu, petit port voisin pour récupérer notre courrier, voir si nous pourrons y faire notre entrée légale dans les eaux turques (pour l’instant nous sommes hors la loi) et peut-être y laisser Logos le temps d’une courte virée terrestre dans l’extrême Est Turquie. Une visite très positive, notre courrier est bien là… après la désagréable expérience israélienne, nous sommes toujours un peu inquiets (sans doute l’autorisation d’accoster dans un port de Syrie accordée par les autorités est-elle tenue pour responsable).


Tasucu se révèle être une agréable station balnéaire avec une minuscule marina pour loger Logos et une infrastructure portuaire nécessitant la présence des autorités maritimes.

C’est donc ici que nous ferons notre entrée, mais seulement dans quelques jours, le temps de nous replonger dans les guides pour préparer notre escapade vers l’Est, avec seulement un très faible espoir pour la Syrie, n’ayant pas de visa.

Le Muezzin n’oublie pas de souhaiter la fête de Pierre… c’est sympa !


30 juin et 1er juillet 2005 BOGSAK « AGALIMANI »

« Un bout du monde paisible »

Nous coulons des jours paisibles, seul voilier dans cette vaste baie, à guetter les tortues.

Livres et tricot commencent à réapparaître tandis que Pierre débute une très sérieuse étude de consommation d’énergie et de recharge de batteries par l’apport des panneaux solaires. Toujours pas de tortue apprivoisée pour tenir compagnie à Julot !!! (N.D.L.R. : 10 jours sans brancher le groupe électrogène et il restera encore du jus dans les batteries. Quel confort !!!)

2 juillet 2005 d’AGALIMANI à TASUCU

« Rebellion »

Trois petits milles qui nous font longer un appontement militaire digne d’accueillir un porte-avion, base de l’OTAN, nous a-t-on dit, une autre « fish-farm » (s’abstenir de manger du poisson calibré dans le secteur) et l’appontement le long du court et unique ponton de «Göktug Yatçilik » sur laquelle règne une charmante jeune fille « Canan ». En fait une entreprise familiale puisque père et frères s’occupent de deux des bateaux promenade amarrés le long du quai.

Un petit voilier allemand « Wendy » de retour de Liban et Syrie est également apponté. Échanges d’expériences de voyages et l’espoir de nous retrouver plus loin sur la côte turque.

Mais, tout d’abord, les formalités d’entrée pour Logos qui se verra délivrer un permis pour une année et pour nous… seulement 90 jours.

Première visite : le directeur du port… pas de problèmes, il parle même français. Nous voici nantis du premier tampon… sur quatre. Ce n’est qu’un début encourageant ! Puis visite aux services de Police… cela commence à se compliquer car Tasucu étant l’essentiel port d’entrée des ferries en provenance de Chypre, il nous faudra subir le spectacle hallucinant des passagers de ces ferries, turcs ou chyprio-turcs, se précipitant aux services de Police, tirant ou poussant d’énormes sacs ou ballots et guettés et fouillés par une escadre de douaniers en civil habilement fondus dans la foule. Retour au pays pour les vacances ? Habituel va et vient de marchandises ? (Que ramener de Chypre à part un peu de Raki, 5 fois moins cher qu’en Turquie ?) Nous ne saurons jamais ce que contenaient ces énormes sacs, mais voir le visage un peu hagard de ces gens qui se sentaient traqués faisaient peine à voir… Ils ont peut-être l’habitude, eux ?

Résultat, nous avons dû attendre que le gros ferry (le moins cher - mais aussi le plus lent) soit complètement vidé pour être pris en considération … Et encore là, c’est un bien grand mot !!! Il est vrai qu’ici nous sommes bien loin des circuits touristiques et que nos chapeaux de cow-boys n’impressionnent personne !!! Même le contrôle sanitaire nous a été réclamé… Bien sûr il y a une case prévue pour ce tampon sur le formulaire mais jamais personne n’en tient compte… Fâcheries, discutions, refus d’aller nous faire examiner comme du bétail ; résultat, le médecin s’est lui-même déplacé… même rébellion… puis sans un mot, il nous a menés à son cabinet en taxi pour apposer le tampon sur notre formulaire, sans que nous ne descendions du taxi… Son autorité en a pris un coup et sans doute aussi son appréciation des Français…! Munis des quatre tampons réglementaires, voici Logos et ses passagers en règle. Une soirée animée, un peu bruyante, les bateaux pour touristes recrutant leurs passagers d’un jour à coup de sono… Si encore ils se mettaient d’accord pour jouer le même air!!!
Ce n’est pas le moment de râler puisqu’ils vont surveiller Logos en notre absence.

3 juillet 2005 TASUCU

« Préparatifs »

C’est en car régulier que nous rejoindrons notre premier point de chute « ANTAKYA », l’Antioche des premières communautés chrétiennes autour de Saint Pierre.

20 Lires Turques (8 euros) pour 360 kilomètres ! Époustouflant lorsque l’on connaît le prix des transports français. Départ demain 13h30, arrivée 19h30… cela permet de voir le paysage.

Bagages allégés au maximum (N.D.L.R. : Tout est relatif !!!) pour nous permettre de nous déplacer plus librement. À part le trajet aller, nous partons complètement à l’aventure, le numéro de téléphone de l’hôtel indiqué par le Routard étant hors service Nous aviserons donc sur place. Nous voici prêts pour de nouvelles découvertes.

4 juillet 2005 de TASUCU à ANTAKYA

«Effervescence à l’Otogar »

Logos solidement ficelé est confié à Canan (prononcer Djanane).

13h30 : la navette du port qui a attendu les passagers du ferry en provenance de Chypre nous mène à l’Otogar où nous rejoignent d’autres passagers, tous en provenance de Chypre, véhiculés avec leurs bagages par navettes, taxis ou triporteurs très folkloriques.

Il règne une effervescence que nous étions loin de soupçonner. Renseignements pris, en cette période de l’année, de nombreux les travailleurs chypriotes rentrent dans leurs familles en Anatolie pour la période des vacances. Nous sommes encore loin du tourisme aseptisé et nous retrouvons, une fois de plus, seuls étrangers dans le car.



6 heures de route à contempler le paysage. Tout d’abord de nombreuses stations balnéaires dont certains bâtiments se veulent rivaliser avec ceux de notre Côte d’Azur, puis une vaste zone de culture intensive grâce à l’irrigation permise par le barrage Atatürk (6e plus grand barrage dans le monde). Un gigantesque ouvrage inclus dans un grand projet « GAP project » destiné à irriguer toute la plaine de Mésopotamie, tout en faisant du barrage un puissant complexe hydroélectrique et touristique.

Un arrêt devant une minuscule auberge sera le bienvenu avec son service de yoghourt (Ayran), boisson lactée faite de yoghourt additionné d’eau et de sel, très rafraîchissante. Quelques passagers nous quittent souvent au milieu de nulle part (nous sommes toujours surpris de la disponibilité totale des services routiers turques), d’autres les remplacent
Une fois de plus, nous nous trouvons confrontés à des travaux routiers de grande envergure. La Turquie préparerait-elle une voie de passage Est-Ouest, comme au temps des caravanes ?
En tout cas, tout semble fait ici avec un esprit d’anticipation à long terme et non comme nous le connaissons trop souvent, à court terme.
Après Iskenderun, la route s’élève jusqu’au col de Bélen dominant la mer, nommé par les Romains « les portes syriennes ». On entre en effet dans une région à part, terre de passage et d’échanges : le Hatay, ottomane un temps, puis syrienne sous le protectorat français, turque aujourd’hui. Une province cosmopolite où les différentes communautés continuent à vivre en harmonie.
20 heures : arrivée à l’Otogar d’Antakya. Un taxi est là. Cinq minutes plus tard, nous nous retrouvons en plein cœur d’Antioche, au bord de la rivière Oronte au « Grand Kavak Otel ». Derrière nous la vieille ville avec ses ruelles et le bazar, devant nous de l’autre côté de l’Oronte, la ville nouvelle. Nous ne pouvions souhaiter meilleur emplacement pour un prix fort raisonnable.
A cette heure tardive, le bazar est fermé, mais une gargote à l’entrée nous accueille pour une soupe « çorba »avec des morceaux de tête de mouton !!! (très goûteux) et une salade.

5 juillet 2005 ANTAKYA (ANTIOCHE)

« Pèlerinage à la première église chrétienne »

De l’antique Antioche qui, par sa magnificence et sa richesse, rivalisait avec Alexandrie, refuge des premiers chrétiens, détrônée ensuite par Constantinople, il ne reste qu’une ville pleine de charme qui semble renaître à la vie.


Les demeures qui bordent le fleuve Oronte ne sont pas sans évoquer Amsterdam et semblent pour la plupart promises à une rapide restauration. De larges avenues et places agrémentent la ville nouvelle et l’animation qui règne partout est signe de cette renaissance.

C’est par le tout nouveau musée archéologique que nous commençons notre découverte d’Antakya. Il nous est permis d’y admirer de merveilleuses mosaïques romaines recueillies à Tarse, Iskenderum et Harbye (ancienne Daphné), dignes de celles vues au musée du Bardo à Tunis.

Couleurs chaudes et réalisme, finesse du dessin, vérité des personnages. Autant de tableaux dignes des plus grands peintres : Les quatre saisons, Narcisse et Echo, et surtout Océanos et Thétis, deux divinités marines que nous retrouverons à Gaziantep.

Un petit détour par le bazar, lieu toujours mythique d’une ville orientale… encore un dédale de ruelles avec des échoppes regorgeant de marchandises consommables ou non. Toujours des parfums, des couleurs, une vie intense.


Vite ! Un Dolmus pour la première église fondée par St Pierre, située à l’Est de la ville. En fait, une grotte dans la montagne où Pierre a, pour la première fois, rencontré Paul - présenté par Barnabé - et a su le convaincre de le suivre. Un lieu encore plein de mysticisme dont la désuétude nous surprend un peu lorsque l’on songe à l’importance de cette grotte où se sont réunis les premiers chrétiens. N’est-ce pas ici que les premiers adeptes du Christ ont pris le nom de « Chrétiens » et se sont groupés pour la première fois, en proie aux poursuites (un tunnel dans la grotte leur permettait de s’échapper dans la montagne). Pourquoi l’Église Catholique la délaisse-t-elle ainsi alors que tant d’autres lieux de culte dédiés à St Pierre (Rome en particulier) sont si fastueuses ?

Une famille turque est venue chercher de l’eau à une source suintant du rocher, puis se recueille devant le siège de marbre rappelant que Pierre est le chef de l’Église Catholique.
Un parvis devant l’église, ombragé d’oliviers, nous permet de consommer notre pique-nique au frais. En redescendant pour regagner la ville, nous pouvons admirer Antakya qui s’étale devant nous et, tout comme Jérusalem investit les collines environnantes, cernés de hautes montagnes.

Le chant du Muezzin qui fait écho, plus proche cette fois ci d’un oratorio que d’une plainte, résonne au dessus de la ville. Une splendeur.

Un autre Dolmus pour regagner les sources de Daphné situées au Sud Est de la ville. De l’ancienne Daphné il ne reste que des cascades à profusion, investies par de nombreux restaurants « les pieds dans l’eau » … Au menu, truites fraîchement pêchées dans les bassins.

Peu de monde en ce jour de travail, mais nous pouvons imaginer le havre de fraîcheur que peut procurer ce site aux citadins d’Antakya en fin de semaine et la déception qu’a dû ressentir Apollon lorsque la douce Daphné a préféré être changée en laurier plutôt que de subir ses assauts amoureux.

Nous avons rendez vous à 17 heures avec le responsable de l’Office du Tourisme pour une visite en voiture vers la mer et Séleucie de Pieri, l’ancien port d’Antioche, maintenant complètement détruit.

Un thé pris dans le jardin public où se trouve l’Office, et nous voilà partis pour un circuit d’une cinquantaine de kilomètres.


Tout d’abord, dans la montagne, un détour par un village arménien, puis la découverte du Tunnel de Titus, destiné à protéger le port des débordements de la rivière dévalant les pentes. C’est à pied que nous longeons cette longue saignée, haute d’une vingtaine de mètres, tout d’abord à l’air libre, puis sous forme d’un impressionnant tunnel. Par un agréable sentier bordé de lauriers, nous accédons à une étrange nécropole semblable à une vaste cathédrale dont le sol est creusé de tombes de toutes tailles… un vrai caveau familial.

Le ciel est devenu menaçant, le vent s’est levé… crainte pour Logos. Coup de téléphone rassurant.

Une journée bien remplie s’achève devant un boulgour et des köftehs.


6 juillet 2005 D’ANTAKYA À GAZI-ANTEP

« 190 km en Dolmus »

Une dernière visite au bazar, pour l’atmosphère, et nous voici repartis pour l’Otogar suffisamment proche de l’hôtel pour que nous fassions l’économie d’un taxi. Objectif : la ville de Gazi Antep, notre prochaine étape.

Sans même le temps de réfléchir nous sommes chargés dans un mini-bus (le fameux Dolmus) en partance pour Antep (je ne sais pourquoi, le Gazi qui pourtant veut dire « victorieuse » n’a pas l’air d’avoir la faveur des gens… tout le monde ne parle que de Antep…) et, pendant 190 km, nous allons de village en village pour charger des passagers, en débarquer d’autres en pleine campagne… tout un monde plein de pittoresque… l’Anatolie profonde comme nous l’aimons.

Nous serons les seuls voyageurs à parcourir toute la distance et, ce, pour 5 euros chacun, avec, en prime, le spectacle offert. Certes, pour voyager ainsi, il ne faut pas viser l’efficacité, mais cela permet de prendre connaissance de l’environnement et de vivre la réalité de la vie quotidienne des turcs ruraux.

Un nouveau taxi nous prend en charge à l’Otogar situé en périphérie de la ville, un premier hôtel en réfection, un deuxième dans la rue principale « Söylemez » où il nous a fallu marchander notre nuitée… non pas à cause d’un prix « touriste », leur tarif étant affiché, mais un prix prohibitif étant donné le peu de clients en cette saison.

Après la séduction opérée par Antioche, Gazi Antep nous apparaît comme une ville sans grand charme malgré l’imposante forteresse qui la domine et reste un symbole de la résistance turque pendant la guerre d’indépendance. Célèbre pour ses pistaches et son tout nouveau musée archéologique dont l’ouverture a été nécessitée par le transfert du site de Zeugma, menacé par les eaux du barrage Atatürk.


C’est surtout le musée qui retient notre attention par la beauté des mosaïques présentées de façon originale c'est-à-dire telles qu’elles ont été trouvées sur le site. Une reconstitution émouvante où fresques et mosaïques s’harmonisent et permettent d’imaginer la richesse des villas romaines. Les couleurs y sont très chaudes, les visages très expressifs dont ceux d’Océanos et de Thétis et celui d’une femme qui rappelle étrangement le visage donné par Delacroix à la « Liberté guidant le peuple » Quelques belles statues et stèles hittites ornent le jardin. Une très belle visite.


Dans le bazar, de nombreux artisans travaillent cuivre et fer, animant cette ville complètement déserte dès la tombée de la nuit.

Une étape que nous ne regrettons pas étant donné la beauté du musée archéologique mais que nous aurions du mal à recommander.

7 juillet 2005 de GAZIANTEP A SANLI URFA.

« Hospitality Pansiyon »


C’est en car de grande ligne que nous gagnons notre prochaine destination « Urfa la glorieuse » ville chargée d’histoire, vieille de plus de 9000 ans, intimement liée au patriarche Abraham.

150 kilomètres qui nous permettent de constater les importants travaux d’irrigation entrepris à la suite de la construction de l’imposant barrage Atatürk, travaux destinés à transformer le désert de la plaine de Mésopotamie en grenier agricole du Moyen-Orient. 10000km2 sillonnés de canaux, de nombreuses retenues d’eau, un réseau routier en pleine expansion et une « sérieuse » ouverture sur l’Irak et l’Iran.
Nous apprendrons à Urfa que près de 180 villages kurdes ont ainsi disparu sous les eaux, obligeant ces villageois parfois un peu « dérangeants » à une migration vers des cités urbaines. Finie pour eux la vie nomadique pastorale, finis leurs rêves de vastes horizons, les voici condamnés à se recycler pour essayer de survivre.

Un amical « Welcome in Urfa, can I help you? » prononcé à notre descente du car par un souriant jeune homme et nous nous retrouvons chez Aziz et Férida, un couple kurde recyclé qui ont baptisé leur gîte « Hospitality Pansiyon ». Deux chambres rustiques sont offertes aux voyageurs recrutés à l’Otogar par le charmant neveu ou adressés par des amis kurdes, une salle de douche WC commune mais une chaleur humaine, une authenticité qui font que l’on n’a même pas envie d’aller voir ailleurs. Une étape de jeunes routards si nous en jugeons à l’âge des voyageurs croisés avec lesquels nous avons partagé repas et expériences… mais n’a-t-on pas l’âge du cœur ? Un jeune coréen a même tenu à nous photographier… amitié, antiquités ?


Aziz et Fétida semblent, avec intelligence, avoir entrepris leur reconversion dans le tourisme et envisagent même, à grand renfort de parpaings apparents, d’agrandir leur gîte.

Un peu de repos sous le souffle d’un ventilateur avant de partir à la découverte d’Urfa tant la chaleur accablante rend toute sortie peu raisonnable. Premier contact avec les paillasses qui nous servent de matelas… nous sommes loin de l’Epéda multispires… !!!

Urfa, capitale de l’état hourrite regroupant la Mésopotamie Nord, la Syrie, l’Asie Mineure, puis de l’état séleucide après le partage de l’Empire d’Alexandre, étape sur la route du Croissant Fertile, comme en témoignent ses vieux caravansérails, de tout temps place forte avec sa citadelle sans cesse remodelée dont les deux colonnes corinthiennes sont les vestiges d’un ancien palais syriaque.

C’est donc « à la fraîche » que nous nous hasardons dans Urfa et découvrons une ville toute en contrastes, la vieille ville et le bazar voisinant avec l’élégante infrastructure des lieux saints : parc, bassin où sont gavées des carpes dites sacrées, mosquées…

En effet Urfa, liée à Abraham, « le Père des Croyants », patriarche clef de voûte des trois religions monothéistes de par ses fils Ismaël et Isaac, est devenue un important lieu de pèlerinage essentiellement et, étrangement, pour la seule religion islamique. La grotte d’Abraham et l’eau de la source qu’il a fait jaillir sont, pour les musulmans, l’objet d’une profonde piété : présentation des jeunes enfants, ablutions, collecte de l’eau sacrée. Beaucoup de ferveur, de respect de la part des très nombreux pèlerins qui se pressent dans la cour de la mosquée pour pénétrer et se recueillir dans le lieu saint.

Certes, avec notre accoutrement « touristes », nous détonons un peu en ce lieu, mais à part le regard désapprobateur d’un vieux kurde à l’égard des jambes demi nues de Pierre, nous n’avons rencontré aucune curiosité, aucune animosité. Prise en charge par une courtoise turque il m’a même fallu « m’ablutionner » à la source sacrée.

En ce lieu réputé le plus chaud de toute la Turquie, le très beau parc qui abrite les lieux saints est un véritable havre de fraîcheur et de paix où se prélassent les nombreux pèlerins du monde islamique. Les carpes sacrées n’ont droit qu’à une seule nourriture vendue à l’écuelle (des granulés d’aliment…). Un gigantesque hôtel 5 étoiles « El Rhua » nouvellement ouvert semble annoncer un accroissement du pèlerinage de grand luxe (en provenance des émirats arabes).

C’est avec plaisir que nous retrouvons ensuite l’ambiance d’un authentique bazar turc: artisans variés dont ceux qui travaillent le métal, petits marchands, aucune intention de piéger le touriste européen… d’ailleurs combien viennent jusqu’ici à part les « backpackers » et nous…

Les deux caravansérails, dont le « Gümrük Hani », témoignages d’une importante vie commerciale, accueillent maintenant devant un thé les authentiques turcs pour de passionnées parties de cartes ou de backgammon, après avoir pris soin de laisser leurs femmes à la maison. Ainsi je me suis retrouvée seule femme dans un univers d’hommes, mais encore une fois sans encourir le moindre regard désapprobateur.

Le tour de la citadelle nous fait découvrir le cœur de la vieille cité, avec ces femmes assises par terre à l’ombre des étroites ruelles et cette multitude d’enfants qui jaillissent de toute part (si les turcs semblent se contenter de deux enfants dans l’espoir de leur donner une éducation sérieuse, les kurdes semblent assurer leurs arrières, et peut-être leur résistance, avec 6 ou 7 enfants) et font suivre le rituel « hello » d’un « money, money » qui met mal à l’aise dans de si jeunes bouches. Ils ne semblent pas avoir l’approbation des adultes.

Agréable soirée devant un plat kurde préparé par Férida en compagnie d’un jeune couple espagnol installé à Londres.

8 juillet 2005 URFA

« Sur les traces d’Abraham »

C’est à Harran, à 45 km d’Urfa, en direction de la frontière syrienne, que nous conduit Aziz pour la visite de l’une des plus anciennes cités de Mésopotamie qui a hébergé Abraham et son épouse Sara, aujourd’hui célèbre pour ses habitations de terre en forme de termitières. Si ce n’étaient les imposantes ruines d’une université babylonienne, agrémentée d’une grande mosquée au 8e siècle, la citadelle et la reconstitution d’une antique demeure, ce site ne révèlerait que misère et désolation. Les termitières qui se dégradent sont remplacées par d’infâmes baraques (gourbis dans le Maghreb).


Les enfants traînent en mendiant « money, money » où cherchent à vous vendre d’étranges porte-bonheur faits de pois chiches. Les femmes, dans la fange, malaxent les excréments d’ânes pour le chauffage hivernal, indifférentes. Tout un univers sans doute appelé à disparaître.

En chemin, Aziz évoque la vie passée que Férida et lui ont menée en tant que nomades dans les environs du Lac de Van avec une petite pointe de regret. Son regard s’anime lorsqu’il parle de la résistance kurde toujours sous jacente et prête à prendre les armes. Homme fier et entreprenant, il se veut homme du futur et se réjouit du niveau social de son fils, employé dans un grand hôtel de Kemer mais ne peut s’empêcher d’exprimer une certaine rancœur et rêver au passé.

Nous prendrons le bus de nuit pour rejoindre Tasucu (départ minuit pour parcourir les 490 km qui nous séparent de Logos) et avons tout le temps de profiter une fois encore d’Urfa et de la compagnie d’Aziz et Férida.


9 juillet 2005 D’URFA À TASUCU

« Logos a changé d’appontement »

Quelle surprise en retrouvant la petite marina à laquelle nous avons confié Logos, de constater que Logos a changé de place en notre absence. Nous qui pensions avoir tout fait pour son confort. Malmené par un violent vent N.W et drossé contre le ponton, Canan et ses frères l’ont apponté plus à l’abri. Pas de bobo, ouf ! Comme quoi il est toujours préférable de confier son voilier.

1200 km parcourus pour 64 euros y compris les taxis. Un coût difficile à égaler et plein d’images dans les yeux, heureux d’avoir pu aller à la rencontre de la presque extrême Turquie de l’Est, région en totale mutation. Certes nous aurions pu pousser jusqu’à Mardin mais la saison avancée aurait rendu la poursuite du voyage pénible.

Une pause est la bienvenue après ce long périple. Nulle presse, il nous reste plus d’un mois pour rejoindre Antalya et accueillir nos passagers charentonnais.

Du 10 au 12 juillet 2005 TASUCU

« Farniente »


Nous vivons paisiblement au rythme des ferries qui déversent leurs passagers chypriotes - rien à voir avec la cohue du 2 juillet. Nous avons « nos » commerçants, « notre »famille cigogne qui a élu domicile sur la cheminée de l’ancienne usine de pâte à papier et nous profitons de l’animation du port, peut-être un peu trop bruyante lorsqu’il s’agit du tintamarre tonitruant de la « güllet » du frère de Canan.

Il ne nous est pas permis de nous plaindre après son intervention efficace en faveur de Logos. Peut-être que le Harbour master venu nous rendre visite à bord et incapable d’échanger deux mots en français avec nous dans un tel vacarme saura intervenir efficacement ? Il nous est permis d’en douter tant les « gueulants » sont devenus les maîtres de la côte turque cette année… dommage !

13 et 14 juillet 2005 AGALIMANI « BOGSAK »

« Nous retrouvons nos tortues »


C’est avec plaisir que nous nous ancrons à nouveau dans l’anse de Bogsak et profitons du calme de ce petit village de vacances turc. Toujours la même ambiance familiale et nos facétieuses tortues qui prennent un malin plaisir à disparaître dans la mer lorsqu’elles nous aperçoivent.

Aucun pétard pour marquer notre fête nationale.


14 et 15 juillet 2005 BAIE DE LA FISH FARM

« Nous, on préfère la pêche en mer »

Une baie paisible, animée par les barques des employés de la fish farm dont les bassins flottent à l’entrée. Une longue promenade le long de la côte en palmes se révèle fructueuse et de belles huîtres viennent améliorer notre ordinaire. Promenade à terre le long d’une rivière bordée de hauts roseaux jusqu’à une zone agricole et pose du filet… des fois que certaines dorades aient préféré la liberté. Effectivement une bonne idée et un autre bon repas en perspective.

16 et 17 juillet 2005 GUVERSIN

« De belles choses au fond de l’eau »


Une crique de rêve avec, au fond, une plage et une sorte de chalet abandonné, sans doute un ancien restaurant. Étape sur le circuit des day-trippers de Tasucu, c’est un petit paradis dès qu’ils sont partis : beauté du paysage, richesse des fonds qui recèlent de nombreuses amphores prises dans le calcaire… et un chaudron de cuivre. L’esclave qui l’a laissé tomber de la galère a dû avoir quelques problèmes. Toujours le spectacle des tortues folâtres.


18 et 19 juillet 2005 TISAN

« C’est la danse des canards… »

Une nuit un peu agitée, le vent de mer a soulevé des vagues désordonnées, mais heureusement un confort préservé grâce à la corde d’un corps mort permettant de limiter Logos dans ses embardées.

En route pour quelques milles le long d’une très belle côte montagneuse. Avec la direction du vent, l’escale dans l’île Dana, recommandée par notre voisin de ponton pour la beauté de ses grottes sous-marines n’est pas possible et c’est dans la baie d’un village touristique construit dans un creux de montagne que nous ancrons Logos, bien abrité derrière un îlot désert.


Une petite station touristique d’opérette : d’élégantes maisons blanches aux jardins éclatants de couleurs, bougainvillées, hibiscus, citronniers, figuiers, de vastes rues donnant sur des places aérées bien arborées. Un seul commerçant qui nous permet de nous avitailler en fraîcheurs. Une station balnéaire très chic dont la longue plage de sable, bordée de palmiers, s’étend sur un isthme Beaucoup de bonne humeur, et une animation qui sait rester discrète.

Peu de ressources marines dans ce mouillage, même les rivages de l’îlot sont stériles, à part quelques bigorneaux pour le petit blanc du soir. Heureusement que nous avons pu faire provision d’oursins !

Cinq bateaux en provenance de Chypre turc nous ont rejoint, sans doute après une trace directe depuis Girne. Nous sommes le seul bateau français et c’est en « notre honneur » que la soirée musicale commence par deux chansons françaises dont « C’est la danse des canards ». N’y voyant pas de malice, nous nous sentons flattés !!! Il faut dire que les voiliers français ne semblent que très rarement s’aventurer si loin le long des côtes turques.

20 juillet 2005 SULUSALMA

« Minéraliers ou plaisanciers, il faudra choisir »

Nous contournons la péninsule de Tisan, longeons une haute falaise pour entrer dans la baie d’Ovacik, petit port situé de l’autre côté de l’isthme. De beaux cailloux seraient bien tentants en petit bateau, mais avec Logos il faut nous contenter de longer la côte pour pénétrer dans le port d’Ovacik et en ressortir immédiatement, aucune infrastructure sauf celle destinée aux gros minéraliers n’étant prévue pour les plaisanciers. Dommage, le petit village construit autour de sa mosquée avait l’air pittoresque…

Un gros minéralier est d’ailleurs en attente le long de la côte.

Pour regagner le prochain mouillage repéré par Pierre sur la carte, il nous faut longer une très longue plage côtière sans grand intérêt où s’élèvent de nombreux hôtels et c’est à Sulusalma, crique sans beaucoup de charme, mais abri tranquille pour la nuit.

21 juillet SIPAHILI LIMANI

« Une soirée imprévue »


Pas vraiment l’envie de nous attarder dans cette baie où rien n’accroche le regard, gentillet sans plus…C’est sous spi que nous regagnons Sipahili limani, Pierre rêve toujours de lui faire prendre l’air, moi je le préfère bien rangé dans son coffre. Pour la première fois de la saison il peut déployer cette grande voile colorée avec une nouvelle manière de la gréer. Merci Tololéa !

Une crique relativement étroite nous attend avec, au fond, une plage de sable bordant un vallon boisé. Un bien beau spot où Logos renoue avec le bout à terre, empêchant toute velléité de se retourner lorsque le vent changera de direction.

Une barque de pêche avec quatre hommes à bord nous a rejoint. Pêcheurs ? Ouvriers de la fish-farm voisine ? En fait trois vacanciers en vadrouille avec leur ami pêcheur, venus se régaler d’un magnifique loup de 7kg, débité et cuit à la poêle sur feu de braises. Invités à nous joindre à eux pour la soirée, nous partageons avec délice leur repas éclairés par la lumière de la lune et pouvons converser grâce à Kadir, étudiant en anglais à la faculté d’Istanbul dans le rôle efficace d’interprète.

Nous avions pris soin de poser notre filet avant de nous joindre à ce joyeux petit groupe.

22 juillet 2005 SIPAHILI LIMANI

« Une cigale au menu »

 

7h30 : l’heure de lever notre filet. La plage est déserte, aucune trace de nos compagnons de la veille ; seul un grand panier a été laissé dans un coin de la plage… Nous avons bien entendu des voix dans le petit matin… peut-être le départ pour une partie de pêche.

Pour nous : 2 barracudas, 2 seiches, 1 poisson flûte… assez pour subsister.

9h : Teuf, teuf,teuf… le bruit typique des barques de pêche. Nos « pêcheurs » seraient-ils de retour ? Belle surprise lorsqu’un pêcheur inconnu nous propose une belle cigale pour 20 YTL… inespéré et un grand repas en perspective.

Nous resterons seuls toute la journée et, après une belle promenade en palme le long d’un tombant, très coloré et riche d’oursins inattendus, nous nous approprierons le beau panier qui, depuis, trône à l’avant de Logos . Tout aussi folklorique que l’énorme tête de bélier en bois flotté que nous avons laissé à la marina de Marmaris et beaucoup plus utile.

Le ciel s’est assombri et semble menaçant ; rien à voir avec la belle nuit étoilée de la veille.

 

23 juillet 2005 AYDINCIK

« Mehmet »

Toujours la grande solitude, pas même une tortue. Logos est libéré de ses entraves. 4 milles pour rejoindre Aydinçik, petit port recommandé par Zeeling, mais pratiquement ignoré par l’Imray et par les cartes. Tout à vue en cherchant un amer possible… une mosquée ? Mais quand il y en a au moins deux, laquelle choisir ? (en fait, il y en a douze !!!) Un enrochement se dessine au loin, pas le moindre mât pour nous guider. Une approche avec précaution et l’entrée dans un tout petit port, royaume des canards et des barques de pêche réquisitionnées pour la journée par un club de plongée.

Un signe depuis le quai, et un accueil en un français parfait tout en citant Baudelaire, Rimbaud et Rousseau… encore une de ces rencontres étranges que permet le voyage. Nous venons de croiser Mehmet, aujourd’hui pêcheur suite à de douloureux faits de vie, autrefois employé à l’Ambassade de France à Ankara.

Nos « pêcheurs » rencontrés à Sipahili rentrent d’une dernière partie de pêche avant de regagner Mersin. Seul Hadji restera et partagera avec nous, pour le repas du soir, un beau barracuda offert. La barrière de la langue se fait sentir, mais les regards amicaux compensent.

24 juillet 2005 AYDINCIK

« Le thé des îles »

Une nuit paisible, rafraîchis par le doux souffle du ventilateur.

Mehmet a nettoyé son filet et nous propose de magnifiques gambas. Le budget est un peu plus élevé que pour la cigale, mais quel régal en perspective. Quel dommage que nous ne puissions pas entretenir un vivier pour nous futurs passagers !

Avant la grande chaleur, une visite au site archéologique qu’une équipe de jeunes archéologues de l’université de Selçuk est en train de mettre à jour : un ancien château sur une péninsule garde l’entrée du port, une porte romaine, des bains… Au passage, un figuier sauvage et des amandiers font notre régal. Au retour, une scène surprenante dans la rue principale avant une pause devant un « ada çai » (thé de l’île), boisson très agréable dont nous pourrons encore bénéficier grâce au beau bouquet de fleurs séchées offert par le patron.

Refuge dans Logos pour éviter la forte chaleur avant d’accompagner Mehmet pour rendre visite à sa famille, dont la maison se trouve à flanc de colline au dessus d’Aydinçik. Après la disparition en mer de son frère, Mehmet subvient aux besoins de sa belle sœur et de ses jeunes neveux. Invités à partager leur souper, nous devrons décliner cette offre amicale, les gambas nous attendant au bateau.

Belle soirée sur Logos malgré la présence d’hôtes indésirables à savoir des cafards contre lesquels nous commençons à mener une lutte sans merci à coup de bombes destructrices (N.D.L.R. : pas de photos de ces indésirables, dès fois qu’ils se trouvent beaux !!!).


25 juillet 2005 AYDINCIK

« Un kilomètre de filet »


 

Va et vient des barques de pêche, cancanerie des canards et quelques courses dans les magasins de la seule rue d’Aydinçik, dont une mercerie qui me permet de faire provision de laines colorées… en pensant à mes starlettes.
En soirée, après avoir posé ses 1000 mètres de filet, Mehmet est venu partager notre soupe de poissons… original pour un pêcheur, tout comme sa maîtrise du français et sa soif de culture.
Conversation pour une fois aisée et très enrichissante. On y parle pêche, massacre opéré par les chalutiers qui sont autorisés l’hiver à racler les fonds, appauvrissant la mer et détruisant les amphores qui s’y trouvent avec, pour seul objectif, le profit à n’importe quel prix.
Mehmet nous propose de l’accompagner dans la nuit pour relever son filet, hésitation…, tentation de vivre une expérience de vie nouvelle.

C’est ainsi qu’à dix heures du soir, dans la nuit, nous nous retrouvons à bord d’« Uzay ». Pour une expérience, s’en est une, accrochés à une barque ballottée par une forte houle, à la recherche, sous la lueur d’une torche, de la bouée marquant le départ du filet… Pourquoi m’avoir embarquée dans cette galère ? Puis, une fois la bouée repérée et la poulie servant à guider le filet mise en route, la magie opère et le spectacle du pêcheur tirant vers lui ce long filet en mettant soigneusement de côté les portions de filet où des poissons sont prisonniers est fascinant et tellement instructif.

Chacun devrait avoir semblable expérience pour se rendre compte de l’âpreté de la vie de ces petits pêcheurs qui risquent leur peau chaque soir pour quelques lires, juste de quoi survivre. Il est onze heures lorsque nous rentrons au port, Mehmet est épuisé et, bien vite, il nous laissera le soin de démailler son filet, une tâche que nous accomplirons jusqu’à une heure du matin : quelques grosses crevettes, des rougets et le menu fretin qui est rejeté à la mer ou fait le régal d’un chat.

26 juillet SOGUKSU LIMANI ou le port de l’eau froide.

« Un pipeline pour Chypre »

Kadir nous a recommandé la source d’eau froide qui s’écoule dans une baie voisine d’Aydinçik. Pourquoi pas ? Un au revoir chaleureux à Mehmet et à Adji, deux turcs dont nous nous souviendrons avec émotion. Un petit creux de montagne, d’où s’écoule un torrent, un camping désuet et de chaque côté d’immenses serres. Paysage très banal, presque laid.

En fait de source, une grande partie du torrent est maintenant capté pour l’irrigation des serres voisines et surtout pour alimenter le gros pipeline qui achemine l’eau jusqu’à Chypre. Certes l’eau y est plus fraîche… qui se plaindrait toutefois d’une eau à 30°C pour la baignade ; mais ce site manque maintenant de charme. Seule la côte rocheuse extérieure avec ses magnifiques oursins retient l’attention et aura sans doute une nouvelle visite demain matin avant notre départ.

27 juillet 2005 KIZILLIMANI

« 30,4°C … record battu ! »

Quelle nuit ! L’horreur ! Une forte houle nous a malmenés toute la nuit, et nous ne songeons pas à nous attarder en un lieu si peu accueillant. Tant pis pour les oursins.

La côte longée est monotone et sinistrement futuriste… Des serres, encore des serres pour cultiver intensivement d’insipides tomates calibrées… Même les turcs n’auront plus droit aux savoureuses tomates de jardin !

De hautes falaises, une vaste baie investie par les clapiers à touristes, les animations nautiques… et, à l’Ouest, une belle crique sauvage avec pins, plage et rochers où Logos se retrouve ficelé… Après la sarabande qu’il nous a menée la nuit dernière, nous nous méfions.

Une barque de pêche nous approvisionne en beaux rougets. Heureusement car la côte est désespérément vide.

La température monte, celle de l’eau, record battu 30,4°C mais aussi celle de l’air, 38°C, avec cette chaude moiteur qui vous laisse tout transpirant malgré les bains fréquents.

28 juillet 2005 BOZYAZI

« Logos entre deux chalutiers »


Notre escale suivante nous mène à Bozyazi, petit port qui devrait, dans un futur plus ou moins proche, accueillir les liaisons ferries avec Girne, sans doute les plus rapides, ce qui permettra à la jet set d’aller s’éclater dans casinos (interdits en Turquie) et les boites de nuit de Chypre pour un week-end.

Aujourd’hui un grand quai où sont appontés des chalutiers qui nous font une petite place devant la Capitainerie. L’accueil est chaleureux, même le chien nous fait des amitiés, mais que faire en ce lieu si éloigné du village ?

Certes nous avons tout le confort mais pas de quoi passer des vacances.


29 juillet 2005 de BOZYAZI à GAZIPASA

« Des sardines pour les thons »

Il est 7h30 lorsque nous quittons notre soi-disant « marina » sous l’œil vigilant de Médor.

Le soleil darde déjà : 32°C… cela promet !!!

Deux sites remarquables se trouvant sur notre route, c’est en voilier que nous nous en approchons. Tout d’abord ce magnifique château fort qui s’avance dans la mer sur un promontoire : Anamur Kalesi, château des rois de Petite Arménie, élégamment restauré par les Ottomans avec ses tours, ses hautes murailles, comme posé sur la mer. Un site plein de romanesque avec sa base battue par le ressac.

Plus loin, après une station balnéaire et de nombreuses plantations de bananeraies (dire que certains commerçants osent vendre des bananes de l’Équateur... !), une longue plage de sable fermée par la haute muraille d’un cap et à flanc de montagne d’étranges constructions… D’anciennes maisons ? Non des sépultures ! La nécropole de l’antique cité d’Anamurium que nous allons découvrir en annexe après avoir ancré Logos le long de la plage. Un bel exemple de ville romaine avec son théâtre, son odéon, ses bains , cité protégée par le haut cap d’Anamur. Très longtemps prospère, elle dut céder devant les raids des flottes arabes.

Une très importante fish-farm – un élevage de thons nous a-t-on dit - nous signale l’approche de Gazipasa. S’agit-il d’un port pour thoniers, d’une marina comme signalé. Certes il y a bien un haut enrochement et un quai pour apponter, mais assurément pas pour les plaisanciers. C’est alors que ; bientôt, vous vous sentez tout petit, à l’ancre au milieu du port et assistez impuissant au va et vient des gros thoniers, dont l’un rempli raz bord de belles sardines… pour les thons (ces messieurs refuseraient-ils le « toutaliment » ???)

Sans doute ce mouillage devait avoir beaucoup de charme avant avec ce rivage bordé de roseaux indiquant la présence d’une rivière, où sont ancrées de petites barques de pêche… mais nulle envie d’abandonner Logos parmi cette agitation.

30 juillet 2005 ALANYA

« La revanche des P.C… »

C’est timidement que nous nous avançons dans la rade située au pied du promontoire surmonté par une citadelle. L’Imray annonce à tort que le petit port est très souvent inaccessible car très encombré. Un grand ferry est en train de quitter son appontement à l’extérieur du port sous l’œil vigilant d’un cow-boy en zodiac qui ensuite nous conduit aimablement dans la rade intérieure, tout en nous désignant un amarrage possible à une longue digue - pas question d’apponter au quai de ville… plus de 140 bateaux promenade y sont déjà à touche touche, maîtres des lieux et bien décidés à ne pas partager leur domaine.

Pourquoi pas cet enrochement qui nous éloignera un peu des bruits de la ville et nous permettra malgré tout d’y accéder à pied. Nous avisons un petit bateau sur cale, apparemment en réfection, un bon repère pour attacher notre bout à terre.

Tout semble parfait jusqu’au moment où nous observons un camion marqué « Videnjor » venu s’installer non loin de Logos.

Vient-il nettoyer ses tuyaux dans la mer ? Nous n’osons imaginer qu’il puisse venir vider sa cuve en pleine rade, cela ferait désordre !!

Comment pouvions nous un seul instant imaginer que ce bateau sur ber servait de bureau à une mère maquerelle « homme », empochant 20 YTL à chaque pompage de réservoir « d’eaux noires » ou « m… ».

C’est ainsi que nous avons assisté, impuissants, au pompage d’une trentaine de ces P.C, sans pouvoir bouger Logos. 600 YTL empochées alors que notre pauvre pêcheur risque sa vie pour 30 ou 40 TL… injustice de la vie. L’horreur ! Le mépris le plus total ! Nous nous sommes consolés en pensant que cela préservait peut-être la qualité de l’eau, jusqu’au moment où, deux jours après, nous avons vu un P.C se débarrasser de ses immondices en quittant son appontement, sans souci de tous les enfants qui se baignent dans le port… La Turquie en devenir, au profit de l’argent !!!

Un soldat de la marine nationale, très communicatif, nous propose un emplacement plus « chic » avec une bouée rien que pour nous. Nous aviserons demain.

Une promenade depuis la Tour Rouge ou Kisil Kule,à la découverte de la ville nouvelle avec ses élégantes boutiques, ses restaurants, une promenade bordée de palmiers. Un bord de mer engageant pour qui aime cela, mais qui n’est pas sans me rappeler Saint-Cyprien l’été.

31 juillet ALANYA

« Tout sacrifier au dieu « touriste »

La nuit fut très courte, forte chaleur que nous n’avons pu combattre avec le ventilateur faute de courant électrique et surtout flonflons assourdissants de la ville… À celui qui ferait le plus de bruit pour attirer le client et donner l’impression « d’ambiance ».

De crainte de subir les mêmes outrages à 30 P.C par jour, rotation tous les 5 jours…, nous avisons un petit enrochement où sont ancrés 2 voiliers… nous serons donc le 3ème et avons le plaisir de voisiner avec Nymphea, voilier allemand, qui à Yacht Marine, a vu la fabrication de son portique retardée au profit du nôtre !!! Quel dommage que la barrière de la langue (M. et Mme Nymphea, deux adorables retraités, ne parlent qu’allemand) ne nous ait pas permis de communiquer. Nous nous retrouverons sûrement à Marmaris.

Il est encore tôt et bénéficiant de la brise matinale, nous projetons la montée en haut de la citadelle, en taxi. 5 km de route escarpée pour 10 TL. Nous conserverons notre énergie pour la visite et la redescente par la vieille cité.

La visite de la forteresse est très intéressante et ménage un magnifique point de vue sur la falaise, la côte rocheuse et la soi-disant marina éloignée de la ville à laquelle nous rendrons visite ultérieurement. Des touristes semblent être en cage. Seraient-ils les prochains suppliciés destinés à être précipités dans le vide. Les remparts bien restaurés cernent le promontoire. Sans doute un château où il faisait bon vivre avant qu’il ne devienne un repaire de pirates, bien placé pour l’arraisonnement des navires en provenance de l’Orient.

Après une agréable pause restauration, alléchés par la fabrication de ces saç böreks qu’il ne nous a pas encore été permis de goûter cette année, avec Ayran et çai (thé turc), c’est à travers les ruines de vieilles maisons aux vergers encore bien tentants avec leurs figuiers garnis que nous regagnons la ville basse, admirant au passage l’architecture des maisons encore debout ou restaurées, pierres rouges et bois, un peu à la bressane .

Un grand voilier est venu s’ancrer près de nous, un très beau 18 mètres du nom de Teva avec à son bord Danièle et Yannick. Habituels échanges d’informations. Ils nous conseillent d’oser aborder le tout petit port d’Antalya, sauf au week-end et pour nos passagers indésirables dits cafards dont nous n’avons toujours pas réussi à nous débarrasser, d’acheter des pièges au Migros d’Antalya. Puisqu’ils se dirigent vers l’Est, les renseignements sur nos escales sont les bienvenues.



Nouvelle nuit assourdissante !!!

Ier août 2005 ANTALYA

« Un bastringue dans un petit port d’opérette »

Notre avitaillement effectué, nous prenons congé de Teva et Nymphea pour remonter le golfe d’Antalya jusqu’au petit port situé au cœur de la vieille ville. En cas de refus, il nous sera toujours possible de rejoindre la marina Setur située à 5 milles (mais 20 km par la route) donc moins favorable pour les visites.

Les stations balnéaires ont envahi cette côte qui, à part la chaleur qui y règne, offre peu de pittoresque. L’antique cité de Side voisine avec un important centre de vacances et le mouillage n’y est autorisé que pour un prix prohibitif (et des sonos de compétition !), donc pas de détour à faire. Seul spectacle depuis la mer, les chutes de Dûden qui se déversent dans la mer en une gigantesque cascade.

Effectivement c’est sans difficulté que nous sommes accueillis dans le petit port de Kaleici, au pied des hautes murailles de la vieille ville à côté d’une gület flambant neuf, propriété privée gardée par un cerbère méticuleux dans l’attente de ses passagers de choix.

Le site est magnifique, le prix très attractif et le personnel de la Capitainerie fort sympathique. Jusque là, que des points positifs.

Nous sommes effectivement très bien placés, tout à portée de pas : la vieille ville avec ses élégantes demeures ottomanes cachant de frais jardins intérieurs, ses ruelles bordées de boutiques colorées pour satisfaire les touristes, et tout en haut, les vastes avenues de la ville nouvelle.

Tout semble parfait et la soirée s’annonce agréable, avec, devant nous, les murailles illuminées.

Un étrange rayon laser traverse cependant la baie… toujours mauvais signe… et, à partir de 22 heures, la musique jusque là fort supportable s’amplifie, se désagrège en boum, boum tonitruants et ce jusque vers 4 heures du matin… pour amuser la jet-set d’Antalya, face à un panorama idyllique. Certes, la boite de nuit fermée manque d’originalité et ne permet pas de révéler au grand jour que l’on s’éclate… Vive le plein air, même si l’amusement de quelques uns perturbe la vie de toute une population qui, impuissante, doit subir !!

2, 3 et 4 août 2005 ANTALYA « Kaleici Marina »

« Préparatifs pour l’accueil de nos passagers »

Après ces trois mois de navigation et la venue de nos passagers, Logos a besoin d’une petite révision et d’une réorganisation pour que chacun trouve sa place.

Malgré le bruit nocturne, nous mettons à profit l’ambiance de la marina et son coût pour effectuer nos préparatifs. Ensuite nous irons buller dans une crique voisine en attendant le 15 août.

Pierre ayant quelques menus travaux à effectuer sur Logos, c’est en taxi que nous nous rendons dans la zone artisanale d’Antalya où se trouve le seul shipchandler de toute la ville, heureusement connu des gülets. Effectivement, nous y trouvons tout le nécessaire et même, pour un prix raisonnable, deux beaux pare battages. Pierre va pouvoir œuvrer.

De belles palmes bleues ont rejoint le masque d’Arthur… tout est prêt pour notre futur triton.


Nous retrouvons un marché bien achalandé, des commerçants de qualité dont une boulangerie fabriquant du pain traditionnel sous la forme de belles miches de campagne et non cet insipide pain industriel si répandu.

L’an passé, notre visite un peu rapide ne nous avait pas permis d’apprécier Antalya. Aujourd’hui à pied d’œuvre, nous en découvrons toute la richesse, l’élégance et le charme.

Nous espérons que nos voyageurs pourront, pendant 3 nuits, supporter le tintamarre car la marina Sétur située à 20 km nous semble beaucoup moins favorable aux visites.

5 août 2005 CINEVIZ LIMANI

« Nous retrouvons Neptune »

Rendez-vous est pris avec le Harbour master pour le 14 août et avec le Rent-a-car qui nous livrera le véhicule directement à la marina. Tout confort ! Il ne nous reste plus qu’à aller nous ancrer dans la plus belle crique de la baie d’Antalya, à savoir Cineviz Limani, aussi baptisée « Port Génois ». Encadrée par de hautes falaises, gardée à l’entrée par de beaux îlots, Cineviz Limani est l’une des étapes incontournables des circuits touristiques maritimes. Effectivement en cette fin de semaine, c’est toute une armada de gülets qui a envahi ce mouillage.

Timidement et par précaution pour ne pas emmêler chaînes et ancres, nous choisissons de rester à l’entrée, le long de la falaise. Deux bouts à terre, une garde latérale… et le vent qui se lève un peu nerveusement. De l’autre côté de la baie, un bateau moteur que nous croyons reconnaître… oui il s’agit bien de Neptune, croisé deux fois l’an passé dans les Cyclades. C’est donc prés de Suzanne et Hervé, vers la plage qui s’étend en fond de crique, que nous jetons l’ancre à nouveau… un peu loin au goût de Pierre, ce qui nécessite un très long bout à terre. À reprendre le lendemain.


Du 6 au 13 août 2005 CINEVIZ LIMANI

«Une réserve d’oursins »


En fait il nous faudra reprendre notre mouillage trois fois, notre ancre ayant été décrochée par une gület, et un violent coup de vent nous a projetés sur Neptune. Lassés, c’est au milieu de la baie que nous jetons l’ancre en laissant Logos profiter des facéties du vent.

Ainsi, nous vivrons paisiblement cette semaine d’attente, au rythme de la vie quotidienne des bateaux de touristes en nombre raisonnable, des barques de pêche. Une jolie famille de pêcheur nous approvisionne en beaux poissons frais : une Daurade coryphène, une daurade grise, une bonite, le tout pour 30 TL et une photo de famille.

Les îlots de l’entrée cachent de magnifiques oursins, en nombre si grand que nous en confions quelques-uns à un creux de rochers pour le passage de nos invités. Nous osons imaginer Arthur, découvrant ce monde sous-marin avec son masque et ses palmes…

Neptune nous a quitté après nous avoir donné une belle leçon de joie de vivre et d’optimisme… 16 années de bourlingue dans la Méditerranée après la retraite… nous n’osons imaginer leur âge.

Teva, parti pour l’Est Turquie depuis Alanya a rebroussé chemin… trop chaud, mer trop agitée… ce qui nous permet de faire plus ample connaissance et de découvrir un couple de voyageurs très sympathiques.


13 août 2005 de CINEVIZ à KEMER MARINA

« 37 euros pour pas grand-chose »

Le moment d’accueillir nos passagers approche. Nous laissons Cineviz pour remonter sur Antalya via Kemer, le vent dans le nez. Le mouillage de Kemer, devant le club Med semble abrité et devrait nous permettre de faire l’économie de la marina. Effectivement tout se passe bien et nous pouvons apprécier les évolutions des skieurs nautiques et des véliplanchistes du Club, jusqu’au moment où, en soirée, le vent s’inverse, levant une forte houle très inconfortable qui nous incite à aller faire connaissance avec cette marina si réputée en Turquie.


37 euros la nuit, un univers de gülets de tout genre, l’intrusion, matin et soir, des navigateurs d’un jour qui envahissent la marina sous l’œil complaisant du soi-disant garde d’entrée et déambulent sur les pontons en toute liberté, sans oublier ces flonflons trop souvent peu mélodieux des derniers tubes turcs, américains ou européens. Park Kemer Marina : un monde qui nous parait assez ordinaire et bien prétentieux pour ce qui y est offert.

14 août 2005. ANTALYA KALEICI MARINA
« C’est l’année des Mehmet ! »

C’est sous spi que nous remontons le golfe d’Antalya jusqu’à l’approche du port.

Nous sommes effectivement attendus et bien vite amarrés. Nous voici prêts ou presque.

Nous voisinons cette fois-ci avec un bateau à moteur, destiné au charter mais qui ne semble pas avoir recruté de clients et faisons bien rapidement connaissance de Mehmet (prénom très en vogue), sympathique capitaine qui pendant quatre jours va nous adopter, nous fournissant de substantiels compléments à nos repas, simplement pour le plaisir de partager un verre de vin avec nous.


15 août 2005 KALEICI MARINA ANTALYA
« Ils sont là ! »

Une longue journée d’attente commence, longue par ce que nous ressentons, mais bien occupée.

Dès la prise en main de la voiture louée par l’entremise efficace de Cécile de l’association Nokta, une confortable Ford qui pourra nous transporter tous les cinq. La course commence. Tout d’abord raccompagner le loueur à l’aéroport, siége des bureaux. Cela nous permet de reconnaître les lieux pour ce soir. Inquiétude, il y a 3 terminaux : 2 internationaux, 1 domestique… confirmation il s’agira bien du domestique pour un vol Istanbul-Antalya.

Puis la récupération de la grammaire turque expédiée par Cécile par poste privée « Cargo » et parvenue par erreur à la marina Setur, distante de 20 km à l’ouest. Le grand bâtiment blanc indiqué est sur place, petit et bleu… Qu’importe l’enveloppe avec la méthode est bien là… aucune excuse maintenant pour l’apprentissage du turc.

Au retour, un avitaillement très substantiel à Migros dont une belle provision de pièges à cafards, de discrètes petites boites noires destinées à dégoûter ces gentilles petites bêtes à prendre Logos pour un bateau croisière.

Une visite à Cöllu, le shipchandler que nous avions eu tant de mal à trouver pour un complément de matériel… Nous sommes reconnus étant donné le peu de plaisanciers vus… Prévenance et thés.
Il est 17h30, nous sommes prêts accueillir nos passagers. Arrivée prévue 21h30. En fait ce n’est qu’à 23h30 que nous aurons le bonheur de voir nos chéris qui ont dû subir l’annulation du vol prévu sur leurs billets. Les enfants sont magnifiques, les parents aussi, hâlés par l’air breton.

24h30 : À bord de Logos sous les Bang Bang de la boite de nuit.







À suivre