Mise à jour : 2015
___ Les carnets de bord de Martine___

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Carnet de bord 2002

La Grèce ionienne


 

Mardi 20 août 2002 : Île de Corfou (Kerkyra) Marina Gouvia

Une douce nuit au calme. Les mouvements d’avions pour l’aéroport de Corfou sont assez discrets.

C’est à la remise en état de Logos que nous consacrerons cette journée. Petits travaux d’entretien du moteur et changement de la drisse de spi, ce qui permet à Pierre de se percher à 12 mètres d’altitude pendant une bonne heure. Il faut bien faire, de temps en temps de petites révisions.

La marina est très calme, dans un cadre assez pittoresque. Les orages continuent à se manifester mais sans violence ni durée.

Quelques achats au shipshandler de la Marina.

Pour faire connaissance avec la navigation en Grèce, achat du Greek Waters Pilot…, un gros livre qui va me permettre de pratiquer mon anglais mais donne bien des soucis aux navigateurs ex mauvais élèves. Juste vengeance du professeur !!! (N.D.L.R. : Je ne me sens que peu concerné par cette attaque !!!) Et Martine, ne voulant pas d’ennui avec son skipper, ajoute néanmoins : Il ne s’agit évidemment pas de Pierre qui progresse chaque jour dans la compréhension écrite et l’expression orale.

Mercredi 21 août Corfou Marina Gouvia

Nous pensions quitter la Marina ce jour et puis une petite flemme nous a envahis, indiquant qu’un jour de plus de repos total serait nécessaire. Journée paisible : rangements, lecture et écritures. Rencontre d’un voilier de Port Vendres, SAPHIR, avec, à bord, Elisabeth et Daniel, en navigation totale depuis 2 ans et demi. Agréable soirée à bord après avoir découvert que le Grèce n’est pas à la même heure que la France. En un instant nous vieillissons d’une heure … fichtre ! Et nos invités arrivent avec une heure d’avance sur notre programme !!!

Le pays a l’air très plaisant, impression confirmée par la longue conversation téléphonique avec Jacky au cours de laquelle il ne tarit pas sur Corfou où, avec Annick, ils ont passé un agréable séjour en 1994.

Jeudi 22 août de Gouvia à Ormos Agni

Les voiles sont déployées pour remonter vers l’une des anses attrayantes aperçues lors de notre arrivée en Grèce et faire une petite pause baignade avant d’entreprendre la découverte de la cité de Corfou. C’est à AGNI que nous ancrons Logos près de la côte rocheuse, non loin d’une petite plage peu fréquentée. Quelques belles villas à flanc de montagne, une très belle végétation faite de pins et de cyprès, des rochers, le chant des cigales et, au loin, les montagnes pelées d’Albanie longées par les nombreux ferries qui remontent l’Adriatique depuis la Grèce. Seuls les oursins manquent dans ce beau cadre. Nous apprendrons par la suite que cette crique est parfois piratée par les Albanais.

Vendredi 23 août : d’Agni à Corfou

La traversée de la baie se fera au moteur pour recharger les batteries. Longer la vieille cité de Corfou, bien gardée par ses deux forteresses vénitiennes, l’ancienne et la nouvelle nous rappelle un peu l’approche de Syracuse. Il faut dire que, dans le domaine de l’architecture des maisons, l’Italie a fortement marqué ces deux cités.

Un premier petit port longé ne nous satisfait pas totalement car trop passant et c’est timidement et prudemment que nous nous approchons d’une petite marina au pied de la vieille citadelle, craignant un faible tirant d’eau annoncé sur les cartes et un refus, ne faisant pas partie du Yacht Club de Corfou… Quelques places laissées vacantes par des membres en navigation nous permettent d’amarrer Logos le long d’un antique quai qui aurait tant de choses à raconter s’il pouvait parler, à l’ombre des hautes murailles de la forteresse. Nous voici à pied d’œuvre pour la visite de Corfou, dans un monde sans âge, retiré du tohu-bohu de la ville. Quelques voiliers du club « IOK » sont là, avec ou sans leurs propriétaires, surveillés par un couple fort sympathique (Maria et Thanathi) tenant table d’hôte le soir et un magnifique berger Allemand répondant aussi au nom de « IOK ». Nous nous sentons presque immédiatement chez nous, ici.

Dans la soirée, une très longue flânerie dans les venelles pavées ou « cantounia » bordées de petites échoppes tournées essentiellement vers les touristes, mis à part de très belles boutiques de luxe (bijouteries, peausserie…). Premiers contacts avec les saveurs grecques sur la terrasse d’un petit restaurant dans une jolie ruelle (Moussaka, Kestédès, Souvlaki, Féta grillée…) Il faut aussi apprendre le mot aïl !!! (Skordho… ! et écrit en grec, c’est encore autre chose !)

Samedi 24 août Corfou Marina Mandraki

Matinée ravitaillement qui nous permet de découvrir le marché de Corfou, abondant en produits de qualité et de constater que nous retrouvons des commerces d’alimentation dignes de ce nom, aux produits très variés et très « vrais ». Une douce odeur de café fraîchement torréfié s’échappe d’une boutique et nous incite à goûter de nouveaux cafés. Les magasins d’habillement sont tout aussi attrayants et élégants. Pierre préfèrera m’offrir un maillot de bain deux pièces de soirée !!! Il ne servira pas au lunch d’un mariage vu dans une très belle église. Nous n’étions pas invités !!!

Nous commençons à lier connaissance avec Marie et Thanathi. Et comme leur table d’hôte est avenante, nous en profitons avec des petits plats très agréables (le poulpe sauce piquante est une merveille). Nous songeons sérieusement à laisser Logos dans ce coin paisible pendant les mois d’hiver si notre candidature à un appontement est retenue par le conseil d’administration du Club. Nous serons fixés lundi soir. Nous pourrons ensuite parcourir les îles ioniennes plus sereinement.



Dimanche 25 août Corfou Marina Mandraki

Un dimanche où l’on se croirait presque à la campagne. Un grand calme qui nous donne l’impression d’être très éloignés de la ville alors que nous en sommes si près, bien nichés aux pieds de la forteresse. IOK attend sagement mais un peu contrit que la porte de son chenil s’ouvre. Une tourterelle roucoule joyeusement. Seul le clapot occasionné par le passage des ferries qui longent la côte remontant vers le port anime ce minuscule port hors du temps accesssible par la terre qu’en montrant patte blanche à l’entrée de la citadelle. Tout alanguis par cette sérénité, nous flânerons en ce lieu toute la journée, Pierre est occupé à la mise au propre du dossier Croatie que nous allons classer pour tourner toute notre attention vers la Grèce que nous abordons. Je termine mes ouvrages tricot ayant enfin trouvé des boutons dans une mercerie digne de ce nom en ville. Nous pourrons donc faire une expédition complète demain.

Veillée très tardive à bord, on se croirait dans le Sud de l’Espagne. Comment ne pas se prélasser dehors alors que la température est encore si douce ?

Lundi 26 août Corfou Marina Mandraki

Encore une longue et plaisante journée à Mandraki et un tout petit tour en ville. Corfou nous plait toujours beaucoup et le retour à la Marina sous une tonnelle de Bougainvillées est toujours un grand plaisir. Nous attendons sagement l’heure de la réunion du Conseil d’Administration de la Marina devant un Ouzo bien tassé pour être assurés que Logos passera son hiver bien gardé au pied de la citadelle. Notre cas est vite envisagé et après un bref dialogue en Anglais notre candidature est acceptée. (130 euros + 30 de gardiennage par mois). Si nous ne trouvons pas mieux ailleurs, nous remonterons à Corfou.

Mardi 27 août de Corfou à Paxos

« Joyeux anniversaire Paul »

Un départ matinal pour Paxos avec, pour objectif, le petit port de Logos. Logos à Logos, nous lui devions bien cela.

Nous contournons la citadelle dont la silhouette imposante se dresse sur un promontoire et longeons le sud de l’île de Corfou. Peu d’échancrures permettent un mouillage mais un paysage montagneux avec de petits villages perchés qui nous invite davantage à un parcours en voiture par lequel nous commencerons peut-être notre saison prochaine.

Lorsque Logos s’avance vers Logos, nous nous rendons compte qu’il y a trop peu de place pour y séjourner. Il s’agit d’un petit port de pêcheurs. Il nous faut donc continuer notre chemin jusqu’à une très belle crique très élégamment arborée de cyprès avec, à flanc de coteaux, quelques maisons agréables à l’œil. La côte rocheuse est belle mais les oursins sont rares.

Logos danse un peu au passage lointain des ferries mais sans déplaisir.

Une pensée pour les jeunes réunis pour aider Paul à passer le cap d’une nouvelle année avec sans doute le regard étonné de Manon devant autant de bougies.

Mercredi 28 août de Paxos à Antipaxos

Des nouvelles de SAPHIR qui, au mouillage à Lakka, s’apprête à longer la côte vers Lefkas et va passer devant nous. Un brin de chemin bord à bord, quelques mots échangés avec difficulté car le vent de S.E. de face nous oblige à remonter au moteur. Nous ne voulons pas parcourir autant de milles vent debout et décidons d’obliquer vers Antipaxos et, à la voile, de trouver un mouillage à l’abri sur la côte ouest. Saphir continuera seul son chemin vers le sud pour aller hiverner en Crète. Notre crique est superbe avec de hautes falaises blanches au dessin très tourmenté (un géologue parlerait de plissements renversés), des échancrures qui invitent à la promenade avec masque et tuba, une plage blanche de gros galets et des taches vertes d’un maquis très dense.

Le soleil s’étant montré, ce petit paradis se garnit bientôt et chacun s’ébat en semblant oublier les conditions météorologiques du matin jusqu’au moment où une chute rapide du baromètre fait remonter précipitamment les ancres. Nous nous retrouvons seuls, bien mouillés au milieu de la baie, espérant que le vent ne s’orientera pas à l’ouest. Éole, dieu de tous les vents et plus particulièrement Zéphir, dieu du vent d’ouest a exaucé notre vœu. La nuit a été assez paisible mais terriblement noire. Pas de lune, pas d’étoile.

Jeudi 29 août : de Antipaxos à Paxos Lakka

Les prévisions météorologiques peu optimistes et le ciel chargé nous incitent à lever l’ancre et vite rebrousser chemin vers le nord pour mouiller à Lakka, petit port niché dans une baie bien abritée du nord de Paxos.

7 milles à lutter contre le vent et une houle très hachée… Dommage car cette côte ouest de Paxos a l’air magnifique. De hautes falaises, des grottes qu’il aurait été bien agréable d’aller visiter. Pour l’instant, il nous tarde de retrouver un peu de calme. Bon nombre de plaisanciers se sont déjà réfugiés à Lakka et, tous en éveil, surveillent la tenue de leur ancre et de celle du proche voisin.

Notre mouillage est renforcé par la deuxième ancre posée à la main, en plongée. Pierre en profite pour découvrir avec étonnement, posés sur le fond de sable, de beaux billets tout neufs, 300 Euros. Un distribanque sous-marin gratuit. Nous n’avons que le temps de rentrer dans le carré pour voir s’abattre un déluge de pluie. Il paraît que Corfou a souffert de ces soudaines trombes d’eau orageuses. Une fois de plus nous assistons à une succession d’orages spectaculaires qui passent au-dessus de la baie. 18 cm d’eau dans l’annexe en 2 heures. Un record. Longue après-midi d’attente dans un joli décor.

Certains voiliers ayant un horaire à respecter essayent de partir et reviennent bien vite. Nous, nous verrons demain, lorsque les cieux seront plus cléments. Nuit un peu balancée mais paisible.

Vendredi 30 août : Lakka

La baie se vide peu à peu. Chacun s’empresse de reprendre son chemin. Nous pouvons nous enfoncer d’avantage et nous rapprocher du port. Que ce petit village est sympathique et plein de vie, avec des tavernes, des maisons colorées et des petits commerces bien achalandés. Quelques pâtisseries grecques (très orientales) viendront même améliorer notre ordinaire et nous rappeler la Tunisie. Nous ne pouvons pas non plus résister à acheter 3 bidons d’huile à la fabrique d’huile d’olive, de si bonne qualité qu’Harrods à Londres ne vend paraît-il que de cette huile de Paxos. Je n’ai pu aller jusqu’à boire le petit verre de dégustation comme l’a fait Pierre.

Un voilier voisin, français, semble avoir des soucis avec son ancrage. Ne parvenant pas à relever son ancre, il sollicite l’aide de Pierre. Il s’agit d’un couple de Valras Plage à bord d’un voilier de 14 mètres, « Océane », Pierrot et Aline parcourant la Grèce après avoir suivi le même parcours que nous, sauf la Croatie et Venise…

Il faudra que Pierre s’équipe de bouteilles pour aller dégager l’ancre totalement enfoncée dans plus de 50cm de vase et de racines de Posidonies. Du jamais vu. Cette aventure et l’efficacité de mon « plongeur » bien aimé nous vaut une bien sympathique rencontre et un bien agréable dîner en ville dans un restaurant recommandé par « Le Routard » :

LA PIAZZA. Nous nous reverrons à Saint Cyprien cet hiver et sans doute, l’an prochain en navigation.


Samedi 31 août : Lakka

« Nous devions nous rencontrer »

Le vent va peut-être se décider à nous pousser doucement le long des îles Ioniennes… Mais il semble encore si indécis que nous préférons remettre notre départ à demain et profiter encore d’une journée de douceur dans ce cadre. Pierre met en page le conte de Venise. Que c’est beau ! (N.D.L.R.. : et bien écrit !!!)

Quelques photos en ville, l’achat d’un béret rasta qui va à ravir à Julot qui a fait la conquête d’Océane.

Soirée agrémentée d’un excellent couscous à bord d’Océane qui nous permet, après un voisinage de deux jours à Lakka, de découvrir que nous aurions déjà pu nous rencontrer à Crotone où, pendant quelques heures nous avions été amarrés au même ponton. Par ailleurs nous sommes tous les quatre familiers de « Phryné » et donc de Claude et de Jacky (les oreilles ont dû leur siffler). Cela promet une journée animée à la rentrée. Étranges rencontres, étranges rapprochements. Sans le mauvais temps nous ne serions jamais remontés à Lakka et l’ancre d’Océane ne se serait jamais envasée de la sorte.

Le retour au bateau se fait en petite tenue, sous une pluie battante.

Dimanche 1er septembre : Lakka

Toujours des menaces d’orage qui nous rendent peu téméraires et nous incitent à paresser en compagnie d’Aline et de Pierrot avec lesquels nous passons de bien agréables moments. Les deux Pierre bricolent… façon de parler car il s’agit de colmater une bien vilaine fuite d’eau dans le moteur d’Océane. Les femmes papotent.

Avant la pluie, nous faisons une petite virée en annexe à l’extérieur, côté ouest et remplissons notre sac de beaux oursins que nous ouvrons pour l’apéritif avec Océane.

Le soir, dîner à bord d’Océane. Aline est une fine cuisinière dont nous avons pu apprécier le couscous.

Lundi 2 septembre : de Lakka à Preveza

Peut-être une petite accalmie et un vent du nord qui nous permettrait de quitter enfin Paxos et Antipaxos pour une descente vers Preveza où vont hiverner plusieurs bateaux familiers.

Le ciel est clair d’où vient le vent. Nous hésitons tout de même quand Océane se décide. Logos va suivre sagement, convaincu lui aussi par la météo et par le dicton « Orage du matin, passe ton chemin… ». En fait, du vent du Nord annoncé, nous n’obtenons qu’un bon vent du sud, un orage, des trombes d’eau et une mer un peu agitée. Les cirés sont de sortie, la porte de Franck est en place pour éviter que la pluie d’inonde le carré… Dommage que nous n’ayons pas de radar, Pierre n’aurait pas à sortir toutes les 5 minutes pour essayer de voir les autres fous furieux qui ont fait confiance à la météo… La rade de Brest par mauvais temps, ce n’est rien à côté (N.D.L.R. : il fait tout de même encore 25° sous la pluie !!!). Heureusement, après la pluie, le beau temps et c’est sous le soleil que nous abordons Preveza. La marina est complète. Mais Aline et Pierrot sont des personnes de ressource et ils nous emmènent en face.

Nous nous amarrerons aux grosses bouées qui bordent les chantiers à sec. Chou Chou III se fait dorloter par Cléopatra. Océane rejoindra ses copines Keravel et Crès à Préveza Marine. Nous sommes encore indécis pour Logos.

Mardi 3 septembre, Mercredi 4 septembre : Preveza

Trop bien arrimés pour avoir envie de bouger Logos, c’est avec « Facétieuse », l’annexe dont le moteur a été réparé et révisé (eau de pluie d’orage dans le carburateur !!!) que nous découvrirons Préveza, petit port plein de couleurs et de vie et rencontrerons Bo le suédois qui, à bord de Linéa, semble avoir trouvé son paradis. Il surveille quelques bateaux qui lui sont confiés pour améliorer son ordinaire. La marina, bien abritée, est toujours très recherchée. Quelques achats en ville dont deux paires de chaussures pour mon Capitaine.

Visite à bord de Spiros, le mécanicien du chantier qui règle le presse étoupe et contient ses velléités de fuite.

Pierrot et Aline qui ont leur voiture à Preveza acceptent avec gentillesse de nous ramener en France le piano et un carton. Ils nous enlèvent une belle épine (pas d’oursin) du pied. Le piano sera plus utile à Saint Cyprien. Transfert de l’engin vers la terre par annexe vidée (pour une fois) de son eau !!!


Jeudi 5 septembre : de Preveza à Paliros et à Ormos Varko

Une météo toujours incertaine mais plus encourageante nous fait libérer notre bouée et naviguer ver Palairos où une petite marina Sunsail nous a été recommandée. Nous empruntons le canal de Lefkas, étroit canal de 5 milles fermé par un pont routier qui pivote sur lui même toutes les heures pour laisser passer les voiliers. Deux magnifiques bâtiments sont à l’attente, une goélette et un ketch. Nous les suivrons pendant toute la descente de ce canal, soit pendant une heure dans un paysage digne des plus beaux étangs.

Notre visite à la marina sera infructueuse puisqu’ils n’acceptent aucun bateau en hiver et conseillent vivement un hivernage à sec.

Elle nous permet tout de même de découvrir un site superbe, au pied d’une chaîne de montagne qui n’a rien à envier à la Croatie. Mouillage dans une anse abritée. Nous retrouvons enfin baignade en eau émeraude et côte rocheuse riche en oursins.

Vendredi 6 septembre : Ormos Varko

« Un an de plus pour Jacky, bon anniversaire petit frère »

Au petit déjeuner, Dimitri et Hermione son épouse, à bord de leur barque de pêche, nous offrent le beau spectacle d’un travail bien fait. Ils posent leurs filets autour de Logos. Ils se laissent facilement attirer par notre appel, acceptent d’être photographiés et nous vendent 3 beaux poissons. Ils sont ravis quand nous leur offrons la photo prise. Rendez-vous est fixé pour demain, si nous sommes encore là.

Journée tranquille à musarder dans l’eau ou sur le bateau au son du tintement des clochettes d’un troupeau de chèvres que nous retrouverons, spectacle insolite, sur la plage. Hécatombe chez les oursins « royaux » qui, aux épines arrondies, sans défense et gentiment posés sur les fonds sablonneux, se font cueillir comme des fleurs.

Promenade à terre dans le maquis. Un grand calme que nous apprécions.

Samedi 7 septembre : de Ormos Varko à Meganisi

« 2 bonites et deux seiches contre deux photos »

Ce matin Dimitri et Hermione sont au rendez-vous. Deux autres photos prises hier sont préparées. Les poissons seront cadeau tant tous deux ont été ravis (mais pas surpris) des photographies. Ils semblent les destiner à leurs enfants installés à Athènes … si nous avons bien compris le langage des signes. Que n’existe-t-il pas un langage international !!!! En tout cas nous sommes cordialement invités à nous arrêter chez ce couple de pêcheur si nous passons devant le petit port où ils habitent. Nos deux repas sont assurés : spaghetti au noir de seiche (et avec les seiches) pour le midi et bonites au barbecue pour le soir.

C’est au moteur pour cause de petit vent debout que nous gagnerons la côte nord de l’île de Meganisi où de belles et profondes échancrures nous attendent. Nous jetterons l’ancre dans Abelike au fond de cette petite anse du bout du monde fermée au loin par les montagnes dénudées du continent. Des moutons folâtrent, des paysans rentrent chez eux après avoir entretenus leurs oliviers. Un lac marin à la campagne…

Dimanche 8 septembre : de Méganisi à Ithaque (Frikes)

Heureux qui comme Pierre et Martine n’a pas fait la rentrée

Et, tout en naviguant, fait ses humanités.

Dans le sillage d’Ulysse

Le beau voilier glisse

Et fait son plein d’images

Pour un hiver plus sage.

Une belle descente sur Ithaque en empruntant le canal entre Lefkas et Meganisi. Quel spectacle que de longer à tribord les imposantes pentes des montagnes de Lefkas et, à bâbord, la côte plus basse de Meganisi, découpée de belles échancrures. Et, lorsque nous abordons la pleine mer, il nous est difficile de ne pas nous retourner pour contempler ce paysage grandiose.

Une île apparaît au loin, devant nous, dans la brume… C’est Ithaque, cette île mythique qui a nourri nos rêves d’adolescents.

Une tentative infructueuse de mouillage dans la baie de Frikes. Tout est trop profond pour assurer une sécurité satisfaisante. Nous allons dans le port de Frikes. Nous appontons le long d’un quai tout neuf, en béton, construit avec les deniers de l’Europe, aidés par un voisin, espagnol d’Alicante. Par chance notre manœuvre nous arrête à un mètre d’un éperon rocheux qui dépasse du quai. Il a dû manquer quelques euros pour que l’écueil puisse être raboté !!! Mais combien de bateaux pourront éviter cet obstacle aussi redoutable qu’insoupçonnable.

Peu de ressources, seulement quelques « Tavernas ».

Lundi 9 septembre : de Frikes à Vathi en passant par Kuoni à midi

Que nous avons apprécié le gros pare battage pris à la vedette de Hvar… Le quai est très dangereux car exposé à la houle, même minime, de sud et au vent du nord. Plus d’un bateau a du y laisser un peu de coque. Qui a osé dépenser une telle somme pour équiper aussi mal ce petit port ???

Une belle anse nous attend en contournant la pointe avec Kioni, son joli petit port (qui, lui, bien que mieux protégé, n’a pas bénéficié de la manne européenne). La côte est toujours aussi profonde à l’exception d’une crique où voisinent le vieux cimetière et une taverne. Un seul bateau peut y mouiller, ce sera le notre.

Dans la soirée, nous gagnons Vathi, capitale d’Ithaque. Combien ce petit port bien niché dans une anse, elle même protégée dans une baie dominée de hautes montagnes semble bien abrité. Hé bien pas du tout !!! Le vent dévale les pentes avec vigueur en se renforçant et vient s’étaler latéralement dans le port. 5 nœuds en mer 20 nœuds de vent à l’abri !!! Mouillage à l’ancre en reculant contre le quai. Sans se faire repousser par le vent. Manœuvre réussie pendant que d’autres galèrent. Je ne suis pas la seule à ne pas aimer la marche arrière. Avitaillement en gasoil assez folklorique. Le poste à carburant ayant pris feu l’an dernier, c’est un monsieur qui, à bord d’un triporteur, propose d’aller chercher le gasoil à la station service routière. Marché conclu. Il faut évaluer avec précision la quantité à mettre dans le réservoir. À 0,90 Euros au lieu de 0, 70, il ne faut pas se tromper. Et il n’y a pas d’autres possibilités de ravitaillement dans le secteur. Mis à part tout ça, ce petit port est bien agréable avec ses maisons colorées. Une atmosphère d’arrière saison.


Mardi 10 septembre : Ithaque Vathi vers Fillatro Beach

Les bruits de la ville (voitures, vespas…) que nous avons parfois tendance à oublier nous ont réveillés ce matin. Certes nous préférons le tintement des clochettes des troupeaux ou le carillon des cloches vénitiennes mais il ne faut pas perdre tout contact avec la civilisation. 9 heures, une Coast Guard fait sa tournée dans une belle tenue toute blanche pour demander aux skippers de passer au bureau effectuer les formalités et payer la nuit (1,5 Euros et plein de tampons sur un papier paraît il). Notre porte est encore fermée, elle n’ose pas nous solliciter. Un peu d’avitaillement dans les petites boutiques du port. Elles ne sont finalement pas mieux achalandées que celles des petits ports croates. La viande est correcte mais sa présentation n’est guère encourageante (vendue avec tous les os !!!). Quant au fromage, à part la Feta et le fromage blanc « yaourté », il n’y a pas de quoi se pâmer devant un étal !!!

Le quai où nous avons apponté est momentanément désert. Le vent s’est levé et tend à repousser Logos contre les blocs déjà passablement rabotés par nos prédécesseurs. Nous levons l’ancre.

Étrangement, une fois encore, le vent s’engouffre avec force dans cette vaste baie doublement fermée alors que l’extérieur est si calme.

« Longue » navigation de deux milles le long d’une très belle côte pour entrer dans une crique déserte aux eaux émeraude bien engageantes. Un voilier de « baroudeurs » grenoblois, DELPHINEA, nous tiendra compagnie pour la nuit.

Mercredi 11 septembre de Fibbatro Beach à Pera Pipadi

Descente rythme grand tourisme de la côte sud est d’Ithaque. Elle est superbe et déserte. Décidément, à moins d’être un contemplatif, un homme du maquis ou un pêcheur nous nous demandons bien ce qu’Ulysse pouvait bien faire sur cette montagne abrupte qui semble être tombée du ciel, aussi belle soit-elle. À moins qu’il n’ait été tout de même roi des îles voisines et qu’Homère n’ait conservé Ithaque que pour la rime avec Télémaque, fils d’Ulysse.

Une vaste baie avec une ferme marine et un grand hangar où nous les soupçonnons de produire du poisson carré et, juste après, un petit îlot, un très beau petit caillou couvert de maquis - et, paraît-il infesté de rats très audacieux - derrière lequel nous nous abritons. L’eau y est superbe, transparente. La côte rocheuse est très ouvragée et héberge les plus gros oursins de la saison, surpris de se voir soudain délogés par les prédateurs de Logos. Le site est superbe, encadré de pentes abruptes surmontées de hautes falaises blanches. Les plaisanciers semblent être attirés par les petites plages blanches mais ils restent discrets. Un peu d’anglais avec John et Sigrun sur FILLIMOU, un beau petit voilier qu’ils hivernent à Preveza Marine. Sur nos conseils ils protègent leur bout à terre des rats envahisseurs.

Puis la pose de notre filet. Peut-être quelques évadés de la ferme marine préfèreront-ils finir leurs jours dans notre assiette plutôt que panés et congelés.

Un peu balancés dans la nuit mais le feu d’artifice quotidien reste lointain.


Jeudi 12 septembre Pera Pigadi (Ithaque)

Premier travail après le plouf du réveil : le filet. Toujours cette petite attente agréable : poissons ou pas ? Aujourd’hui, une excellente pêche : loup, dorades, rouget… Seuls d’étranges vers ressemblant à des chenilles, très urticants, auraient pu s’abstenir de se frotter à ma jambe. Voici donc, avec les oursins, notre repas assuré.

Une journée paisible, tous les voiliers s’éloignent les uns après les autres. Nous profiterons donc seuls de ce petit paradis. Bricolage à bord, rangement, voyage rétrospectif en photographies.

Vendredi 13 septembre : d’Ithaque à Cephalonia : Andisamos

La mer si transparente a pris les couleurs du ciel et, d’émeraude est devenue noire. Nous reprenons donc notre descente d’Ithaque avec une petite visite à la crique sud signalée par John et Sigrun…

Un petit bijou mais où il n’y a place que pour un bateau. Petite plage, pins, vieille maison en ruine. .. Mais ce voilier unique est déjà là… Il nous faudra traverser le canal réputé pour être venté mais très calme aujourd’hui. Depuis quand n’avons nous pas fait de voile ? Nous trouvons sur Cephalonia une belle crique encaissée à la végétation alpestre et de très beaux rochers que nous avons explorés avec beaucoup de plaisir ... et d’attention … pour dénicher quelques rares oursins. Les couleurs sont superbes et de belles petites grottes forment de véritables aquariums où se réfugient de beaux poissons.

Là encore peu de place et Logos se retrouve attaché à un rocher. Bien orienté il avale la houle naturelle et celle provoquée par le ferry. Une visite fructueuse à la plage de galets… Quelques beaux cailloux pour Martine, des morceaux de bambous pour rigidifier l’arrière de nos coussins un peu mollissant et du charbon de bois pour notre barbecue, reste d’un ancien foyer de campeurs.

Nuit balancée, bien éclairée par de gros flashs de thunderstorms, mais « calme » en dépit de la nouvelle baisse du baromètre et des prévisions météorologiques.

N.D.L.R. : Les météorologues qui nous envoient leurs prévisions sur Navtex ont de l’inspiration pour qualifier les menaces d'orages quasi permanentes qui pèsent sur la Méditerranée depuis un mois et demi. Alors, pour nous perfectionner en ce domaine, nous avons collectionné quelques qualificatifs :

Nous avons eu droit à :

Thunderstorm : ce qui signifie le plus simplement du monde orage

Thundersquall : rafales orageuses

Rain of thunderstorm : pluies d'orage

Thundery-shower: Averses orageuses (belle nuance !)

Isolated thunderstorm : orages isolés (traduction facile à mon niveau)

Local thunderstorm : sans précision bien sur (ne soyez pas dessous !)

Temporary thunderstorm : orages temporaires … mais pour combien de temps !!!

Stong thunderstorm : gros orages

Heavy thunderstorm : orages puissants (vous saisissez la nuance !!!)

et le must du must: Severe thunderstorm : traduction inutile.

Pour le moment, celui de cette nuit est un thunderstormus vulgari.

Samedi 14 septembre : Cephalonia Euphimia

Encore un ciel incertain et quelques coups de fil à passer pour organiser l’hivernage de Logos et notre retour nous font quitter notre crique, vite convoitée par d’autres voiliers, pour gagner la vaste baie voisine qui abrite tout au fond la apitale de Cephalonia, Sami, et Eufimia, plus à l’est, de moindre importance mais qui, d’après le Pilote, est plus accueillante. Elle est située dans un très beau cadre montagneux. Pas de déception, c’est superbe et Eufimia une petite station balnéaire très fleurie.

Encore une fois un grand quai d’accueil financé par l’Europe avec de magnifiques bornes électriques… pas encore reliées. L’eau est disponible. Nous choisissons le mouillage à l’ancre en milieu de rade.

Promenade en ville sous un ciel gris.

Dimanche 15 septembre : Cephalonia Euphimia

Après une nuit bien arrosée, une journée qui le fut de même et un ciel si menaçant qu’après un « gust » un peu alarmant, nous avons choisi de nous attacher au quai… de l’Europe.

Journée bricolage, tricot, pour la première fois sans que le soleil réussisse à percer les lourds nuages qui déversent leur chargement sur nous. Le port un peu animé hier par la flottille Sunsail est devenu bien calme… Chacun attend, surveille le ciel.

Lundi 16, mardi, 17, mercredi 18 septembre Cephalonia Est : 3 criques

Quel merveilleux voyage le long de la côte Est de Cephalonia qui offre presque à chaque mille un petit coin de paradis. Des criques creusées à coup de torrents dans une montagne élevée, une végétation particulière qui pourrait ressembler à un paysage suisse, des pins spécifiques de Cephalonia, des cyprès qui se dressent en rangs majestueux, le tintement des clochettes de chèvres en semi liberté, quelques ruines de maisons ou de murets entourant des oliviers centenaires, témoignages d’une vie passée, une eau émeraude. Parfois une rencontre comme celle de Spiros et d’Aphrodite, un couple de retraités grecs qui a su préserver une petite maison de leurs ancêtres. Ils viennent chaque jour pour leur plaisir relever le filet qu’ils ont posé la veille. Nous ne pouvons résister au plaisir de les photographier sur leur petite barque et, en échange de leur photo, ils nous offrent le café grec de l’amitié. Nous retrouvons aussi FILLIMOU de John et Sigrun qui viennent boire du « French Wine ». Entre temps, les places d’avion sont retenues : départ d’Athènes le 28 septembre par FRAM. Le bateau sera donc mis au sec à Preveza Marine le 24. Nous irons ensuite visiter Athènes avant de nous envoler vers ceux que nous aimons. Il nous reste 4 ou 5 jours pour profiter encore des îles Ioniennes. Elles sont superbes.

 

Jeudi 19 septembre : de Cephalonia à Kalamos Port Leone

Un réveil magique dans la crique. Un calme « olympien » ! (Étrange juxtaposition lorsque l’on connaît la turbulence des habitants de l’Olympe). C’est dans un miroir que plonge Pierre, bientôt suivi par sa naïade. « FILLIMOU » bien attaché à la plage semble encore dormir. Un voilier sans doute rejeté de Fiscardho pour cause d’encombrement est sagement mouillé à l’entrée de la crique.

Après « Charter day » en Croatie, il faut maintenant compter avec « Sunsail day » !!! Plus difficile à anticiper car les jours varient selon leur programme de regroupement. Autant dire que, ce jour là, il vaut mieux être ailleurs !!! Tout ici respire l’harmonie. Il nous faut cependant quitter ce havre pour tenir notre programme de remontée et visiter quelques autres criques. Avertis par Fillimou, nous laisserons les « Sunsailers » à leurs jeux innocents prévus ce jour dans la baie de Sivota : une régate organisée dans le canal entre Lefkas et Meganisi qui s’achève habituellement par de folles libations et des jets d’œufs et de tomates sur tous les bateaux croisant à leur portée. Nous allons chercher la tranquillité sur Kalamos, recommandée par un « voyageur » américain et, plus particulièrement dans la baie de Port Leone dite « déserte ». Une belle navigation sous spi, de Cephalonia à Port Leone qui permet à Pierre d’affiner les réglages et de prendre de belles photos. Je crois d’ailleurs que nous avons fait des envieux, tout au moins rencontré des admirateurs. C’est vrai que notre spi est superbe.

Certes la solitude était promise lorsque nous avons jeté l’ancre. Deux autres voiliers avaient pris place, plus loin, dans la baie. Nous nous apprêtions à passer une paisible soirée face à ces maisons sans vie, abandonnées après le tremblement de terre de 1953 par suite de la destruction du réservoir d’eau. Seule une église et son campanile, en parfait état, dominent la baie et témoignent d’un passé proche grâce à l’entretien apporté par quelques fidèles. Calme très provisoire. C’était sans compter sans les « locataires ». Tous n’étaient pas à Sivota. Résultat, bien que défendant chèrement notre zone d’évitage ou « swinging anchor » qui nous assurait un espace minimum pour évoluer autour de notre chaîne, nous nous sommes retrouvés au milieu d’un « camping marin » plus ou moins bien organisé et, en plus, devant une vilaine côte sans oursins.

Heureusement que la vue sur la vaste rade depuis le village est superbe.

Vendredi 20 septembre 2002 de Kalamos à Scorpios

Une lente remontée de Kalamos qui, une fois encore nous permet de profiter d’un vaste plan d’eau cerné par de hauts reliefs tantôt dénudés, tantôt boisés.

Pas de spi aujourd’hui pour cause de vent debout. Pourtant nous l’avions laissé à poste, sur la survie, tout prêt à être lancé.

Nous approchons de Scorpios mais la rade semble déjà bien investie. C’est donc dans un beau mouillage solitaire de Skorpidhi (propriété, comme Skorpios, de la famille Onasis) que nous jetons l’ancre. Mais c’est si peu profond - à peine 50cm d’eau sous la quille … et les fonds remontent très vite - que Logos se retrouve attaché à la côte pour contrer toute envie de vagabondage autour de l’ancre. Un petit vent du Nord rentre dans la crique et fraîchit. Le ficelage imaginé semble efficace, le bateau est tenu sur les côtés et l’avant ne chasse pas. À faire breveter si ça tient. Quelques oursins nous attendent.

N.D.L.R. : La réalité de la voile consiste, pour toutes situations, à prendre une option, à imaginer ce qui pourra se passer, à anticiper les manœuvres essentielles et à attendre pour savoir si les choix ont été judicieux. Il n’y a jamais de routine. C’est bon pour les neurones !


Samedi 21 septembre de Scorpios à Nidri

Il y a six mois, jour pour jour, un rêve lorsque, aux premiers frémissements du printemps, nous avons largué les amarres pour ce long voyage. Aujourd’hui une magique réalité en ce premier jour de l’automne. 2500 milles d’images, d’impressions, d’expériences vécues à deux et, ce matin, un calme surprenant, Logos et Facétieuse sont posés sur un miroir de posidonies. Aucun bruit, aucun mouvement, aucun bateau, seules les stridules des cigales sonorisent ce paysage féerique. Ce sera notre dernier bain de mer de la saison dans une eau transparente qui va sans doute bien nous manquer. Mais il nous faut honorer notre rendez-vous avec le frigoriste de Nidri.

Nous regagnons donc Lefkas, longeons Nidri et « Tranquil Bay » qui, même en fin de saison, ne semble pas mériter son nom tant il y a de voiliers au mouillage et retrouvons notre conseiller à Vlikho . Un peu de gonflette au Fréon et voici le frigo reparti, efficace comme nous ne l’avons jamais connu. Il faudrait qu’on puisse nous en faire autant lorsque nous baissons du nez.

C’est à Nidri, jolie station balnéaire où tout est conçu pour le tourisme : tavernes, boutiques, banques, agences de locations, bateaux de croisière, que nous fêterons nos six mois de navigation et la fin de notre saison 2002.

(N.D.R.L. : Nouvelle technique pour mouiller l’ancre puis reculer au quai qui fait le ravissement de Martine déchargée de cette angoisse).

Dyonisos nous accueille mais nous restons raisonnables sur les consommations.

Dimanche 22 septembre : de Nidri à Preveza

La météo se voulant de plus en plus alarmante après ce répit qui nous a permis de profiter avec délectation des criques des îles ioniennes, nous choisissons de ne pas nous attarder à Nidri. Un bon petit vent du Sud gonfle le génois qui tout fier, nous remonte jusqu’à notre bouée devant Preveza Marine. Sauf, bien entendu pendant la remontée du canal, trop étroit pour évoluer à la voile. Pierre force un peu l’allure pour que nous ne manquions pas l’ouverture du pont, à midi.

C’est en compagnie de « FILLIMOU », en route aussi pour son hivernage à Preveza Marine, que nous nous acheminons vers notre dernière escale de la saison. La bouée est bien là qui nous attend… les rangements et les bagages aussi.

Lundi 23 septembre Preveza Marine

Une nouvelle baisse alarmante de la météo nous incite à demander à Preveza Marine le levage anticipé de Logos. Et, juste avant un « gust », l’opération s’effectue dans les meilleures conditions. De vrais professionnels. Visite à bord de Spiros, le mécanicien, toujours très plaisant et compétent qui vient évaluer les travaux à faire sur le moteur pour aborder au mieux la navigation de l’an prochain.

Premiers rangements et gestion de l’imposant sac de linge sale. Les machines à laver et à sécher du chantier sont bien pratiques. À 18 heures, Dimitri, le gardien de nuit, nous emmène en bateau à Preveza pour acheter un autre bagage et y passer une soirée taverne. En dehors des restaurants, tout est fermé sauf un magasin et, par chance, il vend ce sac tant recherché.

Repas dans une taverne et retour vers le point de rendez-vous. Le vent qui soufflait très violemment du sud s’est brusquement inversé et il nous semble que le bateau du chantier ne pourra pas venir, les vagues déferlent sur le quai. C’est en taxi que nous regagnons notre perchoir au grand soulagement de Dimitri qui, au chantier, ne savait comment venir nous récupérer. Le bateau tremble un peu sous les violentes rafales mais rien de comparable avec ce que nous avons vécu à Tabarka.

Mardi 24 septembre Preveza Marine

La journée se passe à laver le bateau, ranger, faire les bagages et rencontrer d’autres voyageurs. Ce qui est étrange, c’est de retrouver sur le chantier autant de voiliers que nous avons croisés ou qui étaient en même temps que nous à Crotone : Chou Chou, Océane, Kif, FILLIMOU. Il ne nous manque plus que Phryné et Vingt Ans.

Nous confions au Gorille la garde du bateau. Il semble résigné et un peu triste.

Demain 7heures, le taxi pour Athènes sera au pied du bateau… les bagages aussi !!!

Nous rentrons pour vivre quelques moments avec ceux que nous aimons, espérant leur faire partager le voyage extraordinaire que nous venons de vivre et avec, dans la tête, la préparation des prochaines étapes.

À suivre…