Mise à jour : 2015
___ Les carnets de bord de Martine___

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Carnet de bord 2002

Croatie, la montée vers le Nord


Mercredi 21 juin 2002 de Otrante, en route pour DUBROVNIK

C’est le jour, un souffle léger. Pas d’état d’âme. Nous larguons vite les amarres. 150 milles à parcourir sans possibilité d’escale et, à l’arrivée, notre 15ème étape… celle qui termine cette première carte de navigation établie par Pierre avant notre départ… Dubrovnik et la Croatie.

La mer est étrangement calme, un petit vent ¾ arrière nous pousse gentiment. Peu à peu la côte disparaît et, pendant des milles, c’est à nouveau la grande solitude jusqu’aux premières heures de la soirée où nous apercevons, derrière nous, un splendide ketch battant pavillon Britannique (ce dont nous nous apercevrons quelques milles avant Dubrovnik). En fait le ketch vient de Monaco… Logos montre le chemin, bien guidé par son ordinateur.

Jeudi 20 juin 2002 Arrivée à DUBROVNIK

10 heures du matin. Après avoir contourné l’île de Lokrum, nous appontons à GRUZ pour satisfaire aux obligations douanières et policières. Réception très courtoise. Certes les échanges ne peuvent se faire en français, fort peu parlé ici, mais mon anglais s’avère, une fois de plus un excellent moyen de communication. Ouf ! Car, malgré les efforts que nous envisageons de fournir (N.D.L.R. : Martine utilise un nous très personnel !!!) pour nous familiariser avec la langue Croate, nous ne sommes pas prêts de nous faire comprendre.

Notre vignette « permis de naviguer » va nous permettre de caboter autour de milliers d’îles ou îlots qu’offre la côte.

Le besoin de sommeil se fait sentir… C’est assurément ce qui a été le plus difficile dans la navigation nocturne : ne pouvoir fermer qu’un œil. Soirée romantique à contempler Dubrovnik.


Vendredi 21 juin 2002 DUBROVNIK

« Trois mois déjà … 37 ans après !!! »

Nous étions pleins d’espoir mais pas très fiers devant cet inconnu qui se profilait devant nous, ce 21 mars, lorsque nous avons quitté notre quai de St Cyprien et nous voici aujourd’hui parvenus à notre premier objectif après avoir parcouru 1200 milles dont 800 à la voile (un beau record pour la Méditerranée), admiré tant de paysages, rencontré tant de personnages attachants. Je crois que cette quinzième étape nous paraissait tellement loin que nous n’osions pas vraiment y penser.

Alors, quel réveil !!!

Aujourd’hui, visite de Dubrovnik, cité fortifiée dont il n’est besoin de vanter la beauté et les charmes. Il y a 37 ans, je flânais le long de cette large artère « La Placa» avec Francis et Jacky. La démarche est peut-être un peu plus lourde mais le plaisir des retrouvailles y suppléait et Pierre se laisse aussi séduire par ces ruelles qui se terminent en escaliers. Nous ferons même le long circuit des remparts aux heures chaudes de l’après midi. Pas encore la casquette ou le chapeau… Nous essayons de retarder l’échéance… mais la bouteille d’eau pour refroidir nos cerveaux en ébullition par 40° à l’ombre. La vue depuis les remparts est superbe. Les îles au loin dans la brume et toutes ces petites maisons blotties à l’intérieur des fortifications. Là, nous nous rendons vraiment compte des dégâts occasionnés par la guerre, il y 10 ans. La majorité des toits ont été refaits et la visite du musée de la Marine nous montrera combien la cité a alors souffert et a dû être restaurée avec l’aide de l’UNESCO : folie inutile et destructrice des hommes…

La végétation autour de Dubrovnik est luxuriante, sub-tropicale, fruit des récoltes pendant leurs lointaines navigations des marins poètes. Encore merci. Les chaleurs de l’été s’étant fait attendre, tout resplendit. Cela compense un peu les contrariétés que le temps nous a quelque peu fait subir.

Samedi 22 juin DUBROVNIK

C’est jour férié ici… Non pour fêter le 2ème mois de Manon, ce qui nous aurait paru normal mais, pour les Croates, célébrer la lutte anti-fasciste. Apparemment pas de grandes manifestations, simplement une circulation très allégée et des Croates qui flânent le long du quai, plein d’admiration pour les grands yachts qui nous encadrent. Logos a l’air tout petit à côté d’eux mais tellement plus intime. Et lui au moins il peut jouer avec le vent et permettre à ses passagers de jouir du Silence de la Mer (il me semble que cela a déjà été écrit !) sans être assourdis par le vrombissement de puissants moteurs.

Et puis, lui, assume fièrement son beau pavillon français et n’éprouve pas le besoin d’usurper une autre nationalité, fut-elle britannique, pour des questions bassement matérielles.

Un marché où les petits maraîchers viennent directement vendre leur production. Difficile de se faire comprendre. Heureusement que la langue gestuelle est universellement pratiquée … (N.D.L.R. surtout par moi, aux origines très méditerranéennes) Malheureusement, cela se complique au restaurant ou chez le traiteur pour expliquer que Pierre ne supporte pas l’ail « necu cesnjak » (prononciation « nétchou tchechgnak »). Évident n’est-ce pas ! (Même l’ordinateur le souligne en rouge !!!) Il est urgent de progresser si nous ne voulons pas avoir des surprises désagréables. J’ai d’ailleurs acheté Peter Pan en croate pour m’entraîner.

Quelle belle surprise lorsqu’en soirée Aurélie nous annonce sa titularisation. Un beau parcours qui récompense beaucoup de passion et d’investissement personnel. La voici à double titre devenue une « grande personne » responsable. Heureusement qu’elle saura toujours garder ce petit brin de gaminerie pour ses proches. Nous trinquons donc à Manon, à Aurélie, à Paul le Bienheureux avec ses deux petits bouts de femmes et à notre arrivée en Croatie.

Deuxième surprise en ouvrant la « virtuelle boite aux lettres » : une belle poupée plein écran. Merci à Paul et un petit message d’Augustin qui, lui, est venu à Dubrovnik il y a 35 ans.

Dimanche 23 juin DUBROVNIK

Nous restons à quai, toujours coincés entre deux yachts pour attendre demain lundi l’ouverture de la poste et expédier notre volumineux courrier.

Vivement la première crique.


Lundi 24 juin de DUBROVNIK à KOLOCEP

Quelques achats, le courrier posté. Logos se fraye un passage entre les deux impressionnants yachts qui l’encadraient. Un bien sympathique équipage à bord des propriétaires fantômes et une satisfaction, leur belle annexe blanche sera aussi noire que notre petite AX4 rouge. Il faut dire que ce port est très bien placé pour les visites et l’approvisionnement mais l’eau est fichtrement sale de gasoil flottant à la surface. Un bon nettoyage va s’imposer dès que possible.

Une courte visite à la Marina DUBROVACKA nichée en pleine nature au fond de l’estuaire de Rijeka Dubrovacha : un cadre enchanteur, des services paraît-il de qualité, un prix raisonnable (20K) : superbe pour se reposer ou hiverner. Un peu moins pratique pour visiter Dubrovnik.


11 heures.

Nous commençons notre cabotage entre les îles Croates… un millier d’îles, îlots et cailloux. On se croirait dans les fjords de Norvège… avec la chaleur en plus et ces îles qui se dessinent dans la brume de chaleur. Plus de longues étapes. Nous avons adopté notre rythme de croisière et prendre notre temps… un temps de rentiers (de retraités)… Enfin.

Première étape : Kolocep, très prisée par les habitants de Dubrovnik mais encore très calme en cette période de l’année.
Nettoyage intensif de la coque.

Mardi 25 juin de KOLOCEP à LOPUD (Sunj)

Mercredi 26 juin LOPUD (Sunj)

Farniente, ballade autour de la baie, oursins très rares.

Mauvaise nouvelle, les batteries alimentant le frigo s’effondrent au bout de trois heures de non ravitaillement) Nous les soupçonnions bien de quelques faiblesses.


Jeudi 27 juin de LOPUD à MLJET via DUBROVNIK…

Retour à Dubrovnik pour acheter deux grosses batteries (2x 100A/H). Appontement sans problème. Visiblement peu d’entrées dans les eaux Croates aujourd’hui, les quais de douanes sont vides. Quelques fraîcheurs au marché tenu par de bien sympathiques paysannes Croates.

Navigation sous Génois vers MLJET, île préservée de toute violente incursion touristique de masse. Arrivée au Sud de MLJET : SAPLUNARA nous accueille. Ancrage près d’une belle pinède. Enfin une récolte d’oursins digne de ce nom dans de beaux rochers blancs… En fait, et pour leur grand dommage, les oursins comestibles ont tendance à aimer être décoré de bijoux : algues, coquillages. Ce qui les distingue des tristes noirs. Une grande première, nous posons un filet.

Vendredi 28 juin à MLJET PROZURA (côte nord est)

Première occupation du jour : la relève du filet : 3 rascasses et 3 concombres de mer. Il faut un début à tout.

Arrivée à Prozura. Une splendide petite baie mais le mouillage est impossible, les eaux sont très profondes. Nous préférons mouiller devant les rares habitations de la baie voisine.

Samedi 29 juin MLJET POLACE

« Saint Pierre Saint Paul »

Le vent a soufflé en rafales une partie de la nuit. Logos solidement ancré dans la baie du petit port a fait face. Seule l’annexe toute penaude s’est retrouvée dos en l’air en pleine nuit, ce qui lui a valu d’être hissée sur la passerelle arrimée et solidement ficelée.

Nous décidons de remonter MLJET jusqu’à la baie de Polace. Navigation un peu monotone au moteur. La côte ne présente aucune échancrure. Les forêts semblent prendre naissance dans la mer donc 15 milles avant de trouver un site accueillant. Lorsque nous contournons le cap Krieèce surmonté d’un petit phare, nous avons l’impression de commencer à remonter un vaste fleuve bordé d’une végétation méditerranéenne luxuriante. Magie des images qui défilent lentement à nos côtés.

Logos en est tout impressionné et s’avance lentement en se faisant le plus discret possible pour ne pas troubler la sérénité qui se dégage de ce lieu. 2 jolis petits îlots à tribord et l’entrée dans une vaste baie bien protégée, entourée de forêts. Quelques voiliers sont ancrés mais le lieu est si vaste que nous trouvons aisément notre petit coin de paradis à nous tous seuls.

Le soleil a percé les nuages et éclairé ce paisible tableau. On se croirait sur un lac de montagne avec la chaleur de l’eau en plus (25°). Reconnaissance de la côte rocheuse en palmes et masque. Quelques poissons malins. Ils doivent bien savoir qu’il s’agit d’une réserve !!! Mais aucun oursin.

Tout est calme, même dans le petit port de Polace où trois restaurants, malgré des promesses de homard, semblent attendre le client. Des ruines d’une ancienne basilique parlent d’un autre temps.

Dimanche 30 juin MLJET POLACE vers Mali Jezero, Veliko Jezero

Journée tourisme. De Polace, un mini van nous mène vers le Parc National à Pristaniste puis un bateau nous porte jusqu’à l’îlot Sainte Marie. Amusant de se retrouver sur un « promène C… ». Bien obligés d’en passer par là puisque, pour protéger l’environnement, toute navigation est interdite – sauf à cette navette- sur les deux lacs d’eau salée, très salée car ne communiquant avec la mer que par un étroit canal. Sur l’îlot Sainte Marie (Itocié) une seule construction : un ancien monastère bénédictin qui invite au recueillement et à la retraite (N.D.L.R. : officiellement, dans 6 mois pour moi !!!). Quel havre de paix ! Seuls bruits, les stridules des cigales ! Remède au stress auquel devraient songer les médecins. Plus de Bénédictins. Napoléon (qui, décidément a sévi sur toute la Méditerranée) les aurait chassés de ce lieu enchanteur… Un très discret restaurant et une très belle exposition de photographies dans le cloître où poussent deux superbes orangers.

Pique nique au bord du « Petit Lac » (Mali Jezero) et baignade très flottante tant la teneur en sel est importante, bien supérieure à celle de la mer.

Une journée hors du temps dans un cadre où tout est harmonie et sérénité.

Lundi 1er Juillet MLJET Pomena

Extrême pointe de l’île de Mljet

Une très courte navigation nous mène jusqu’à la baie de Pomena. Une côte ouest très découpée, bordée d’îlots et puis, tout à coup, un vaste plan d’eau qui offre une petite station balnéaire créée autour d’un grand hôtel « Hodisei » ou, plus à l’écart, une petite baie sauvage dans un cadre de verdure « Lokva ». Une grande sérénité s’en dégage, un calme que nous sommes les seuls à briser avec notre groupe électrogène pour recharger nos batteries. Trois ou quatre voiliers ont eux aussi choisi ce refuge sans se plaindre de notre ronron.

Nous jouons les touristes à Poména… Une bière et quelques achats de fruits… un peu chers à notre gré mais c’est difficile de marchander en Croate.

Mardi 2 juillet Pomena

« Le voyage de Mimi »

Journée un peu grise que rien ne semblait différencier d’hier ou des jours précédents si ce n’est par la couleur du ciel et un vent un peu sinistre. Une journée que l’on croit faite pour les occupations projetées et souvent remises. Nous décidons même d’enregistrer ces épisodes des « contes de Jérôme et du Père Janvier » qui retracent notre parcours depuis notre départ de Saint Cyprien. Jérôme, la Mouette magique, le Grand Oiseau Blanc reprennent vie par nos voix. Des souvenirs renaissent… et puis, à cette heure où chacun se prépare à s’endormir pour mieux se réveiller le lendemain, cette sonnerie du téléphone, cette nouvelle qui fige et anéantit : « Mimy s’est endormie » mais elle ne se réveillera pas demain. Elle a entrepris son voyage sans prévenir personne, nous laissant démunis et orphelins.

 

Mercredi 3 juillet de Pomena à Korcula

Malgré le temps incertain, il nous faut au plus vite rallier un port pour regagner la France. Pas question d’aller à Dubrovnik, le vent souffle du sud et Split est encore loin. C’est donc sur Korcula que nous dirigeons Logos. Toutes les montagnes du littoral sont masquées par une brume épaisse et nous sommes heureux de pouvoir amarrer Logos sans trop de difficultés malgré le vent qui s’engouffre dans la Marina, par ailleurs très bien placée, face à cette petite ville moyenâgeuse regroupée autour du clocher de la cathédrale SVETI MARKO, comme pour se mettre sous sa protection. N’ayant pu obtenir de places d’avion, c’est de cette cathédrale que nous accompagnerons Mimy et nous rapprocherons de ceux que nous aimons pour partager leur douleur.

Cette petite ville est apaisante, avec ses ruelles tortueuses qui ouvrent sur la mer et mènent vers la place de la cathédrale. Cet édifice nous semble beau car simple et plein de paix.

Jeudi 4 juillet : Messe à la cathédrale

Vendredi 5 juillet 02 10 heures

Que la cloche de cette cathédrale sonne comme un glas !

La lumière pénètre au dessus de l’autel et semble dirigée vers nous.

Samedi 6 juillet de Korcula à Hvar

Nous rallions l’île de Hvar au moteur.

Longueur, monotonie. Une énorme masse où rien ne retient vraiment le regard.

Arrêt aux Pakleni Otoci : très bel archipel riche en beaux mouillages. Petites îles presque plates recouvertes de maquis ; pleines de charme et où il est aisé de trouver un abri.

Marinkovac Otoci : Un petit resto-troquet, de beaux rochers plats où se sont dispersés quelques touristes pédestres venus de Hvar en navette. Beau mouillage tranquille par 12 à 15m de fond. Côte avec oursins.

Dimanche 7 juillet Paklevi Otoci, Sveti Klement Uvala

Une anse superbe avec une très belle côte rocheuse, riche en beaux fonds et oursins bien garnis.


Lundi 8 juillet HVAR


Après avoir contourné Pakleti Otoci, nous mouillons dans la baie du port de Hvar, station touristique très élégante dominée par un imposant château fort. De belles demeures, des ruelles pittoresques pavées, une plus large place – avenue (cf Dubrovnik), un petit marché. Vie artistique, animation. Malheureusement, tant de qualités attirent les foules. La rade est plus qu’investie par voiliers et bateaux à moteur et très remuée par le passage des bateaux taxis, des kaïks de touristes et des ferries de toutes tailles, y compris l’énorme Jadrolinija (éviter de jeter l’ancre sur sa trajectoire, à l’est du port, là où se trouve le quai des ferries de crainte d’avoir à se déplacer ou de voir son bateau tiré sur son ancre pour libérer la voie, au risque de se retrouver sans ancrage et de partir à la dérive.

Nous retrouvons « MANAMU », sympathique soirée à leur bord avec un couple de bordelais.


Mardi 9 juillet Hvar port


Visite du petit marché de Hvar après avoir assisté au va et vient incessant des embarcations de tout style (cf la baie de Hong Kong). La cathédrale m’est interdite pour cause de bras nus. Tant mieux, elle ne dégageait aucune foi.

Après midi : écritures puis soirée folklorique dans un très joli cadre appelé « LA VERHANDA » ou le théâtre d’été. Une vieille tour participe à le beauté du site. Un groupe folklorique Canadien-Croate… en fait de jeunes Croates vivant au Canada et préservant leurs traditions. Une belle soirée qui se devait d’être très paisible sans la mauvaise surprise du retour au bateau. Vers minuit en effet, quelle ne fut pas notre surprise de voir Logos s’accoquiner avec une très grosse vedette allemande de 18m de long et je ne sais combien de haut qui avait mouillé, de nuit, juste à notre hauteur. Au grès des vents les bateaux se rapprochaient, se cognaient, s’écartaient. La vedette avait bien de gros pare battages d’un beau orange très lumineux mais ils étaient situés de telle manière qu’ils n’assuraient aucune protection. Personne à bord. Au hasard d’un rapprochement je détache un de ses pare battages pour l’attacher sur Logos à un endroit plus protecteur. Je place aussi l’annexe entre les deux bateaux et nous pouvons aller dormir.

2 heures du matin. Un énorme fracas nous jette hors de la couchette. C’est un bruit de chaîne d’ancre. Innocemment, nous pensons que la vedette a pris un autre mouillage derrière nous. Il n’en est rien. Le propriétaire de la vedette vient de relever son ancre et, dans la foulée, a arraché la nôtre, la première ancre empennelée. Il essaye désespérément de dégager l’imbroglio mais sans résultat. Les deux bateaux sont bord à bord mais nous faisons petite coquille de noix à côté de lui. À son bord un autre homme, une jeune fille de 12 à 13 ans et des dames.

Pas question pour eux de remettre leur annexe à l’eau pour aller vers les deux ancres pendantes et emmêlées pour essayer de résoudre le problème. Comme par hasard le vent de terre se lève et les bateaux sont entraînés vers l’îlot. Je descends dans notre annexe. Martine, sur le pont, réussit à m’éclairer, à tenir la vedette éloignée, à dire ses quatre vérités au capitaine et à l’équipage de cette vedette, à faire en sorte qu’au moins la petite fille vienne participer à la manœuvre en empêchant les bateaux de se heurter, et à m’apporter la drisse de spi munie d’une manille. Je réussis à crocheter notre ancre, à la faire fixer sur le balcon de la vedette et à faire descendre sa grosse ancre. Elle réussit enfin à descendre et à se désolidariser de la nôtre mais en s’appuyant sur l’annexe. Un Pchiitt angoissant et le boudin percé se vide rapidement de son air. C’est sur un seul boudin que je réussis à terminer la manœuvre. Il était temps, nous sommes très près de la côte et, de nuit, c’est encore plus impressionnant. Pendant que je finis ma manœuvre de remontée d’ancre et que Martine prend la barre pour éloigner le bateau de la côte, la vedette s’empresse de partir, sans s’enquérir des possibilités de participer à la réparation de l’annexe. Que se serait-il passé si nous étions rentrés après eux ? Où et comment aurions nous retrouvé notre bateau ? Heureusement, et pour qu’il y ait une justice, nous n’avons pas eu le temps (ni l’envie) de rendre le gros pare battage dont les couleurs jurent maintenant un peu sur notre joli voilier mais qui nous rend quelques sérieux services au moment des appontements. La seconde chance c’est que j’ai découvert un moyen rapide de boucher un trou, même très important, dans un bateau pneumatique. Les colles néoprène, même spécifiques, à deux composants, réclament du temps, un matériel de pressage et des moyens que nous ne pouvons mettre en œuvre sur un bateau. A priori, nous aurions dû être privés d’annexe pendant longtemps sans les extraordinaires propriétés de la colle Cyanolite qui permet une prise quasi immédiate de la pièce, sans aucune fuite d’air.

Mais le propriétaire de la vedette ignore que j’ai réussi à réparer notre annexe quasi immédiatement. Sa conscience en est-elle néanmoins vraiment troublée ? En quittant Hvar, nous avons repéré cette vedette devenue dissymétrique par l’absence d’une de ses taches orange sur un de ces flancs. En fin de matinée, nous l’avons vue, mouillée dans une petite crique, assez loin du port. Nous ne lui avons même pas apporté des croissants. Mais, qui sait, sans même le souhaiter, les routes se croisent et se recroisent entre les îles Croates.


Mercredi 10 juillet BRAC Lucice (Sud Ouest)

« Les locataires arrivent »

De Hvar à Brac, vent debout. Un bon moyen de recharger les batteries à l’aide du moteur. Quel trafic ! Cela promet pour les jours à venir.

Nous jetons l’ancre dans la crique médiane de l’anse de Lucice, crique étroite qui ne permet l’ancrage que de deux bateaux. 12 à 15m de fond.

De jolies demeures cachées dans les pins, des petits appontements personnels avec de petites barques.

Côte agréable avec oursins, grand calme, cigales. Nous posons les filets pour la nuit.

Jeudi 11 juillet BRAC Uvala Bobovisce (côte ouest)

1er travail, relever les filets. Tout est encore très calme et un peu magique : 8 poissons, un concombre de mer, 3 oursins !!! Ce n’est pas si mal. Et puis, démêler un filet, cela occupe des retraités oisifs. Cette anse est vraiment une délicieuse escale. Route sur la côte ouest au moteur et puis un peu de génois. Le pied !!!

1ère escale Bobovisce, anse à droite. Un peu remués. 2ème escale à gauche, à la bouée. 50 kunas et, pour le prix, la relève des ordures. Au fond de la rade, un beau petit village avec quai et possibilité d’apponter par ancrage et aussières. Eau, électricité et très petit super marché. Très paisible, visiblement en expansion. Rencontre de Lucky. Un ketch de La Rochelle qui, depuis 3 ans, a choisi Murter comme port d’hivernage.

Vendredi 12 juillet SPLIT

Assez tôt pour nous assurer une place à la Marina ACI de Split et peut-être un peu brusqués par un fort coup de vent au réveil, nous faisons route sur Split. Vaste entrée de rade avec, à droite les quais réservés aux ferries Jadrolinija. Un incessant va et vient mais qui ne perturbe pas les mouillages en rade. Un long quai promenade où seuls 2 ou 3 voiliers ont été tolérés pour une nuit. À gauche, Marina Split où nous pensions pouvoir accueillir Estelle, Xavier et leurs trois enfants.

Il eut fallu mieux connaître notre calendrier car les Marinas ACI Croates ont inventé un nouveau jour : « CHARTER DAY »… à moins que ce ne soit la prononciation Croate de « Saturday ». Palabres, tentatives d’attendrissement. Peine perdue, les deux cerbères de garde nous ont fermement refoulés. Nous n’étions pas des « locataires » rendant leur bateau aux organismes de louage. Il a bien fallu se résoudre à mouiller dans la rade, un peu à l’écart des trajets ferries. Une chaleur écrasante. Une longue attente sans baignade et notre petite famille débarque sur Logos avec l’annexe de 21 heures alors qu’un bateau Charter inonde la rade de sa musique amuse touristes.

Samedi 13 juillet SPLIT

Profitant d’un ravitaillement carburant, première baignade pour les Brandicourt à l’entrée du port.

Visite de Split. À part quelques ruelles de ce marbre luisant et glissant, rien de remarquable à l’exception d’un marché très très bien achalandé : poissons, fruits, légumes et pas mal de commerces : fringues et chaussures ; nous remplissons les sacs de fraîcheurs… Un coup d’œil au palais de Dioclétien et à la cour remarquable (dans mon souvenir). Très décevant… noirci, enlaidi par des installations de lumières pour spectacles et les parasols d’un restaurant… Peut-être encore endommagé alors que Dubrovnik a si bien été restauré. D’ailleurs, impossible d’acheter une carte postale de qualité.

Longue prise de possession du voilier loué par les Brandicourt. Soirée lourde et pluvieuse (orage) à bord de Logos… Les flons flons se sont un peu calmés.


Du 13 au 19 juillet

Très accaparés par les navigations et soirées avec les Katarina des Poilus et Limini de Vitry.

Des souvenirs mais pas le temps d’écrire.

Samedi 20 juillet

« Une recette améliorée : 2 marinades valent mieux qu’une »

Rapide, même très rapide remontée des Kornati vent debout… Longue matinée sous génois, repas tardif à Vruljt, anse dans une anse sud de l’île Kornat avec vue sur un petit village niché dans les arbres… image de l’oasis en plein désert tant la majorité des îles des Kornati sont tondues avec, pour seul relief, ces longs murets de pierre qui découpent les versants de haut en bas, délimitant, dans le passé, la propriété de chacun et empêchant ainsi les moutons d’aller s’ébattre chez le voisin.

Nous laisserons les « jeunes » ayant si peu de temps pour assouvir leur soif de voile effectuer une remontée régatière avec virements de bords, gîte… Logos nous réserve ces sensations pour tracer notre longue route et c’est sous moteur que nous nous opposerons au vent du Nord Ouest, la Bora, pour, finalement, jeter l’ancre dans l’anse de Telasnica, sur Dugi Otok, jolie petite anse boisée où nos trois bateaux ont pu trouver mouillage. Le film « Kornati » a été superbe toute la journée avec cette multitude d’îlots désertiques qui, à l’œil, ne laissent percevoir aucune brèche et vous font croire que vous naviguez sur des lacs… Mais, assurément, le projectionniste avait opté pour la vitesse accélérée... Dommage car ce monde hors du commun mérite de longues heures de contemplation. Les « locataires » ont un horaire plus limité que le notre. Nous reviendrons aux Kornati.

Un pique nique est prévu à terre pour le soir, après escalade dans les rochers pour profiter du coucher de soleil sur le lac salé Jezero de l’île Mir et sur les Kornati. Au menu, melon, taboulé et poulets que nous avions fait mariner depuis le matin pour être cuits dans le barbecue… Marinés, ils le furent une première fois dans citron, rhum, curry et une deuxième fois par 17mètres de fond... Recette inédite que ces poulets fuyards récupérés par Pierre en équipement de plongée… à soumettre à nos grands chefs… Avec ce retard, de coucher de soleil, juste une lueur rouge mais un délicieux « Quart de Chaume » bu sur les rochers avec le melon et de très honorables poulets mangés à bord du catamaran, l’heure plus que tardive ne permettant plus de folâtrer sur la côte en tentant vainement de résister aux attaques des moustiques. Tout compte fait, ce petit goût marin allait très bien avec les bons vins italiens et le St Emilion.


Dimanche 21 juillet Dugi Otok

« Un manque œnologique ou une vision romantique »

Après ces huit jours très vivants passés avec « Katarina des Poilus » et « Limini de Vitry », 18 personnes en vie communautaire, 10 adultes et 8 enfants… plaisirs variés, joies partagées, nous allons reprendre notre petite vie d’amoureux et continuer tranquillement notre progression vers le nord. Une matinée paisible où nous renouons un peu avec les écritures et les guides pour réfléchir à la poursuite de notre périple. Un apéritif au revoir à bord de Logos, Katarina et Limini nous quittant pour se diriger vers ZUT et entamer leur descente vers Split. Chacun emporte un CD avec les photographies des sites vus ensemble et des moments vécus. La voix de La Callas venant de la puissante sono de Limini, se fait encore entendre lorsque les voiles disparaissent. Instant grandiose, Jean-François son chapeau blanc levé très haut pour nous dire au revoir. Nous nous retrouvons seuls dans le mouillage, au grand calme. Nous, nous irons jusqu’à Venise. En attendant, un grand projet pour ce coucher de soleil que nous sommes bien décidés à voir ce soir depuis le sommet qui domine notre mouillage.

Après une longue montée dans les roches et le maquis qui nous permet d’atteindre le sommet MURAVJAK – 146 mètres au dessus du niveau de la mer – une vue magnifique nous attend : dans notre dos, l’immensité de la mer, à notre gauche le lac salé, Mir, l’anse de Telasnica et, devant nous, cet archipel magique où semblent nichés, de-ci de-là, quelques voiliers – un spectacle d’une rare beauté et sérénité qu’il convient de ne pas manquer.

Une descente tout aussi périlleuse dans les rochers, le maquis, le sous-bois. Ouf ! L’annexe est là qui nous attend … perchée sur les rochers par quelques vagues… mais est-ce de sa faute ?

Deux manques se font sentir que nous comblons bien vite : une bonne trempette pour effacer toute cette sueur d’efforts et la dégustation du blanc acheté au bar à vin de Skradin… pas mal du tout…

Soirée paisible

Lundi 22 juillet Remontée de Dugi Otok

De Talascica à Grajenica

La crique nous appartient. Nos deux voisins ont très discrètement levé l’ancre. L’eau est un vrai miroir.

Par sagesse, nous allons remonter Dugi Otok par la côte est, bordée d’une multitude d’îles ou îlots. Une légère angoisse dans la passe de Proversa entre Kornat et Katarina, là où nous avons vu disparaître, hier, Katarina des Poilus et Limini de Vitry. 4 balises bordent un étroit chenal très fréquenté. 3 mètres de fond. Nous nous sentons plus détendus après. La remontée de Dugi Otok est longue et assez monotone. « Mémère » a été hissée au mouillage mais le vent terriblement capricieux nous oblige à alterner « Gégène » et « Pépère » diesel. Très boisée, Dugi Otok paraît sombre, égayée de temps en temps par les toits rouges de quelques petits ports qui bordent son rivage.

J’ai repris mon tricot… irlandais… Cela rafraîchit avec cette chaleur !!! et Pierre bricole : graissage, réparation chaussures. Trois bons bains sont nécessaires pour nous régénérer un peu.

16h30 Nous mouillons dans l’anse de Grajenica et profitons de son grand calme. Une seule déception, les rochers côtiers sont désespérément déserts… Nous qui nous réjouissions d’un apéritif oursins… Seul un « Royal » isolé viendra, une fois séché, compléter notre collection de coquillages.

Sérénade à la guitare.

Mardi 23 juillet de Dugi Otok à Premuda (Uvala Zaporat)

La nuit a été très calme. Les deux petits bateaux à moteur accouplés en bout d’anse s’animent au « plouf » du plongeon de réveil de Pierre… Il s’agit de retraités de Marseille, à l’accent bien trempé, fidèles à la Croatie – Yougoslavie depuis 32 ans et allant, avec un couple parisien, de crique en crique. Il y a tant d’abris possibles.

Quelques nouvelles échangées avec Jacky et nous reprenons notre remontée en direction de Pula en longeant les îles extérieures. Peu ou pas de vent. La grand voile ayant été hissée, nous la conserverons jusqu’au mouillage mais les tentatives de génois s’avèrent rapidement vaines. Ces îles basses, surtout IST, SKARDA forment un beau chapelet et semblent dessiner un grand lac pour le plaisir des yeux.

La pointe MAZARINE que nous visions sur PREMUDA parce que recommandée par « Christopher » à Crotone s’avère être un véritable parking à voiliers. Notre choix se portera sur une petite crique derrière une longue langue rocheuse plate digne de la Bretagne avec, oh surprise, une petite plage de sable (erreur d’interprétation, ce sont de très jolis galets très blancs).

La côte rocheuse est très belle, de longues failles où s’abritent quelques oursins imaginant couler des jours tranquilles.

C’était oublier que là où « Les passagers du vent » passent, l’oursin trépasse. De très beaux aquariums comme nous n’en avons pas vus depuis les îles Elaphites au large de Dubrovnik. Enfin de l’eau très claire et vivante.

Mercredi 24 Juillet de Premuda Uvala ZAPORAT à SRAKANE

Nous ne pouvons résister à cette belle côte rocheuse, à l’ouest de l’anse que nous n’avons pas encore explorée et là, bien nichés dans une longue faille, nous découvrons une véritable colonie de magnifiques oursins qui espéraient la tranquillité dans ce petit paradis à l’abri des regards… Le sac est vite rempli et ces beaux oursins se retrouvent promptement mis dans les petits bocaux douceurs avant que nous reprenions notre montée sur Pula.

Une remontée paisible qui nous incite à shunter l’étape LOSINJ pour être à Pula avant la fin de la semaine, période toujours plus chargée dans les marinas. Au coucher de soleil, c’est sur une petite échancrure de SRAKANE que nous tentons un mouillage. Île où, pour la première fois, nous apercevons plusieurs panneaux d’interdiction de mouiller. Ancienne île militaire ? Réserve ? Câbles sous marins certainement.

Aucune information mais cette petite île très légèrement vallonnée est belle à la lumière du couchant. De nombreux moutons y paissent et une multitude d’oiseaux y nichent. Vision paradisiaque si le baromètre ne chutait pas d’une façon alarmante. Enfin, Logos est bien ancré et peut tourner autour de sa chaîne… Il se fait tard, but Pierre said « be prepared… ! »

Jeudi 25 juillet de SRAKANE à PULA

Effectivement il fallait que je sois prête à me mettre à la barre à 1 heure du matin et Pierre à l’ancre pour changer de chambre à coucher. La Bora, le vent du Vélébit qui ne se lève jamais la nuit et dont toute météo et tout Croate parle comme du Loup Garou a levé une mer forte et les vagues risquent de décrocher l’ancre. Elles s’abattent déjà sur l’annexe qui n’en revient pas.

Un coup d’œil à l’écran de DELL pour rechercher un abri le long de la côte sud d’UNIJE, île voisine. Quelques lumières d’autres bateaux surpris et regagnant aussi un abri. L’ancre accepte de monter face au vent.

Pour la première fois, c’est sous la surveillance unique des cartes électroniques que nous naviguerons de nuit Nous prendrons, avec une très grande précision, un mouillage nocturne (éclairé tout de même par de multiples éclairs). Le vent souffle toujours mais vers la mer. Nous vérifions la bonne tenue de l’ancre sur l’écran.

Lorsque nous reprenons notre route, au matin, le vent du Nord souffle toujours par violentes rafales et propulse rapidement Logos jusqu’à la pointe KARMENJAK. Heureusement, ensuite, la côte casse les vagues et oriente mieux le vent, ce qui nous permet de remonter plus calmement sur l’entrée de Pula. Un long couloir de mer qui, avec ses visions de chantier naval, de grues, de tôles et de morceaux de bateaux en attente d’assemblage nous donne l’impression de rejoindre un important port de commerce inhospitalier.

Et c’est en fin de parcours que nous découvrons ce magnifique amphithéâtre romain qui fait le renom de Pula et une petite marina en bordure de ville où nous sommes enfin très agréablement accueillis et placés dans un appontement où Logos pourra être laissé pendant plusieurs jours.

Nous pouvons donc monter sur Toulouse. Enquête auprès de l’office du tourisme : une charmante jeune fille Croate nous trouve une possibilité de voyager si nous acceptons de changer 4 fois en plus de 24 heures de trajet : Pula, Trieste ; Trieste, Venise ; Venise, Nice ; Nice, Marseille ; Marseille, Toulouse.

Un vrai parcours du combattant que nous sommes prêts à envisager après une bonne nuit de récupération pour effacer la fatigue de la nuit précédente. En fait, ce long voyage que nous essayons en vain d’entreprendre depuis Korcula sera remis à une date ultérieure et toutes les démarches annulées.

Nous nous retrouvons dans un petit restaurant, « Barbara » recommandé à juste titre par le Guide du Routard et profitons de l’ambiance très agréable de cette petite ville portuaire que nous découvrons… je devrais dire que je redécouvre… mais, en fait, à part cette arène majestueuse donnant sur la mer, en 37 ans, j’ai pratiquement tout oublié.

Un peu de « Prosek » vin blanc croate sucré aidant, nous sommes heureux de pouvoir enfin fermer les yeux.

Vendredi 26 juillet Pula Ponton 1, N°4

Avant de partir à la découverte de Pula, nous rendons une petite visite à « Tatiana ». Pierre ayant un problème de canine passablement indépendante, nous nous trouvons en présence d’une jeune femme new look, précise et efficace… Fichtre, c’est la troisième personne qui nous accueille avec beaucoup d’amabilité et de savoir faire. Les Croates Istriens ou Istriennes ont décidément quelque chose en plus (et ils parlent italien).

Que cet amphithéâtre si bien conservé est grandiose… 20 000 personnes peuvent y être accueillies pour des représentations variées : opéras, concerts, festivals cinéma… Nous nous contentons d’une longue visite complétée par celle, en sous-sol d’un superbe petit musée archéologique : moulins à huile, collections d’amphores, pressoir à vin…

Deux petites portes romaines et un Forum jalonnent le parcours de la vieille ville de Pula et se sont intégrés au paysage. Pula est une petite ville très vivante, commerçante qui sait utiliser les vestiges d’un passé romain prestigieux et parcourir ses petites ruelles est une agréable promenade.

Nous avons la chance de trouver un mécanicien qui accepte de réparer la pompe à eau de mer qui manifestait quelques pertes d’eau un peu inquiétantes.

Soirée musicale un peu crooner sur le Forum. La nuit est un peu bruyante, un grand rassemblement de « Bikers » ayant lieu ce week-end à Pula et dormir au vrombissement d’Harley Davidson déchaînées n’est pas forcément aisé.

Samedi 27 juillet Pula Ponton 1, N°4

Il est temps de remplir le frigidaire qui marche à la perfection, mais sonne un peu le vide. Une visite au marché de Pula s’impose – superbe dans la profusion des denrées offertes au chaland : poissons frais à foison sans doute récupérés dans un élevage mais bien tentants quand même, riches étals de fruits et légumes qui sentent bon le jardin, boucheries. Le sac à dos et les bras se chargent vite de fraîcheurs et laissent prévoir de savoureux repas : moules, rougets. Nous découvrons aussi un bon boulanger, ce qui après toutes nos tentatives infructueuses semble assez rare ici. Trop chargés pour compléter nos emplettes nous avions remis quelques achats à l’après midi mais, surprise, cette ville si animée est devenue ville morte, toutes les boutiques sont fermées. Il ne nous reste plus qu’à flâner en touristes dans les ruelles ce qui nous permet de rencontrer le très pittoresque cloître d’un ancien couvent franciscain jouxtant la petite église de St. François d’Assise émouvante par sa simplicité et sa pureté.

La journée se termine par un spectacle assez surprenant dans un cadre tout aussi insolite mais très théâtral : un très beau défilé de mode présentant les créations de jeunes stylistes croates : » Friends Fashion Show 2002 » sous un arc de triomphe romain.

Les « bikers » tiennent toujours la ville et circulent en tous sens en faisant vrombir leurs splendides engins.

Dimanche 28 juillet Pula Ponton 1, N°4

« Les Brijuni avec Martinabella »

En route pour les « Brijuni » archipel classé parc national sur « Martinabella »

Étrange impression que de se retrouver parmi les touristes sur un bateau excursion, nous si gâtés avec notre propre bateau, mais pour visiter cet archipel et la plus grande des îles, il faut en passer par là puisqu’il est impossible d’y mouiller. Un archipel tiré des marais par un industriel autrichien au début du siècle pour en faire un lieu de villégiature très privilégié, autrefois résidence de Tito pendant 6 mois de l’année et maintenant résidence hôtelière de luxe et circuit touristique.

Nous avons eu droit à tout : guide autoritaire ne nous accordant aucune fantaisie d’itinéraire, circuit en petit train permettant d’apercevoir quelques daims et gazelles, exposition de photographies à la gloire de Tito…

Mais c’est quand même parfois bien agréable de naviguer sans responsabilité et de se laisser porter.

Lundi 29 juillet Pula Ponton 1, N°4

Nous attendons le passage du mécano de la Marina voisine pour atténuer le jeu que nous constatons depuis un certain temps dans la barre à roue. Les heures passant ce sera Pierre le mécano avec sa dévouée assistante : la barre n’a plus de jeu et nous avons fait une sérieuse économie ! Nous pouvons donc quitter Pula pour prendre un mouillage en extérieur de la rade et être ainsi à pied (étrange expression en bateau) d’œuvre pour entreprendre la remontée vers Venise, soit une étape de 7O milles sans escale.

Le premier mouillage s’avère un peu incertain, le second sera plus conforme à l’orientation du vent.